La bataille De Gaule (volet 2) : enthousiasmant !

Les gauchiasses détestent ce diptyque, raison de plus d’aller le voir !!

Déjà, il y a un mois, je vous disais tout le bien que je pensais du premier volet…

Un film récent que je recommande : voir « La bataille De Gaule (volet 1) », c’est faire un acte (modeste) de résistance !!

Mais le second volet (vu hier) est tout aussi bon voire meilleur !

Allez-y !

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Les illusions de la fusion nucléaire contrôlée (projet ITER)

Voici un extrait de mon livre « Le fait technique » sur la fusion nucléaire contrôlée à travers le projet ITER. Pourquoi mettre un focus là-dessus ?
Parce que, bientôt, la mode des ordinateurs quantiques va revenir au premier plan (suite au crash prévisible de la bulle de l’IA !). Or, cette mode est illusoire et une façon de le démontrer est de revenir sur une mode qui dure depuis longtemps (la fusion nucléaire contrôlée) et de pointer que ses promesses ne tiennent pas debout.

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Cette fois, parlons de la fusion contrôlée et du projet Iter qui représentent, bon gré mal gré, notre espoir d’avoir recours à ce type de centrale à l’avenir (un avenir lointain comme on va le voir !).

Penchons-nous sur le projet ITER, coopération internationale géante et coûteuse. ITER est le symbole absolu des utopies mensongères qui hypnotisent les politiques et leur font prendre des décisions délirantes avec allégresse.

Ici, j’ai compilé des extraits d’une série d’articles publiés sur le site reporterre (voir à https://reporterre.net/Le-futur-reacteur-nucleaire-Iter-un-projet-titanesque-et-energivore) .

le Département de l’énergie américain s’est peut-être montré plus réaliste en estimant le coût total d’Iter à 65 milliards de dollars (environ 54 milliards d’euros). Hormis la Station spatiale internationale, c’est l’expérience scientifique la plus chère de l’histoire humaine.

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Du fait de sa vocation expérimentale, Iter n’est pas raccordé à des turbines et ne produira donc pas d’électricité. Les premiers tirs de plasma avec deutérium et tritium ne commenceront qu’en 2035, une fois la machine assemblée, sa stabilité et son étanchéité testées. Un prototype de réacteur, Demo, serait construit vers 2050, puis toute une filière de fusion nucléaire « à l’horizon 2070 », estime prudemment Joëlle Elbez-Uzan. Mais Iter entend déjà démontrer qu’avec son plasma autoentretenu, le réacteur générera « la première production d’énergie nette de toute l’histoire de la fusion » en créant « une amplification d’un facteur 10 : soit 50 mégawatts (MW) en entrée et 500 mégawatts en sortie ». C’est la première chose que l’on vous apprend sur Iter. Avec très peu de combustible et de déchets, on va décupler l’énergie : on injecte 50 MW, on en obtient 500 MW.

Le problème, c’est que c’est faux. Ou, du moins, ce n’est que très partiellement vrai. Steven B. Krivit, journaliste scientifique étasunien, spécialiste de la fusion nucléaire, y a consacré une enquête, puis un film. Au moment des tirs de plasma, explique-t-il, pour produire ces 50 MW de chaleur qui seront injectés dans le tokamak, compte tenu de toutes les infrastructures présentes sur le site, des systèmes de chauffage et des pertes énergétiques, Iter consommera entre 300 et 500 MW. Soit presque autant que l’énergie qu’il est censé en produire. Et cela sans compter l’énergie grise du réacteur, c’est-à-dire l’énergie nécessaire à la production de tous ces composants, de leur acheminement, etc., nous parlons ici simplement de la puissance électrique qu’Iter prélèvera dans le réseau RTE.

« Ce réacteur est fait pour produire des particules [neutrons] de fusion qui ont dix fois la puissance injectée dans les particules, précise Steven B. Krivit, non pour produire dix fois l’énergie qu’il consommera. » Si l’expérience menée à Iter fonctionnait, et qu’il était raccordé au réseau électrique, le bilan énergétique serait nul. Une « omission stratégique », selon Krivit, qui éloigne considérablement la perspective de produire de l’électricité par fusion nucléaire. Cette subtile distinction entre la quantité d’énergie consommée pour amorcer la réaction et la quantité d’énergie consommée par le réacteur (comme son usine cryogénique géante) n’est jamais expliquée au public ni même, vraisemblablement, au personnel d’Iter.

(…)

Des déchets radioactifs ? L’une des promesses de la fusion nucléaire n’est-elle pas, justement, de ne pas en créer ? « L’un des gros avantages de cette filière nucléaire, affirmait en 2020 Alain Bécoulet sur France Culture, c’est qu’on ne promène pas de produits radioactifs ni à l’entrée ni à la sortie. » Reprenons ces arguments. Pas de produits radioactifs en entrée ? Cela n’est valable qu’à l’état de pari sur l’avenir. La réaction prévue à Iter nécessite du tritium radioactif, il proviendra des réacteurs de fission nucléaire à eau lourde du Canada qui en produisent.

Un jour peut-être, ce ne sera plus nécessaire, si la couverture de la chambre à vide en béryllium permet de produire du tritium au sein même du tokamak, à partir de lithium soumis aux neutrons. Mais l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) considère que « cet objectif, qui est une condition sine qua non de l’exploitation industrielle des réacteurs à fusion de type tokamak pour la production d’électricité, est difficile à obtenir ».

Pas de produits radioactifs à la sortie ? C’est manifestement faux. « Lors d’une expérience de fusion, analyse Michel Claessens, ancien directeur de la communication d’Iter, dans son livre Iter, étoile de la science, à peine 2 % du tritium sera consommé, les 98 % restants se répandront dans les conduites et les matériaux. On ne peut donc éviter la contamination de l’eau de refroidissement par du tritium. » Il faudra constamment récupérer le tritium absorbé par les parois pour essayer de le réinjecter dans le réacteur, et séparer le reste de ce tritium de l’eau de refroidissement pour le fixer dans des matrices, comme le béryllium, avant de le stocker. Plus encore, il faut garder à l’esprit que l’ensemble du gigantesque tokamak de 23 000 tonnes (trois fois le poids de la tour Eiffel), irradié tout au long des expériences, deviendra lui-même un monceau de déchets nucléaires. Autant de métaux qu’il sera presque impossible de recycler.

En réalité, l’Organisation Iter a toujours — discrètement — précisé que le réacteur générerait bel et bien des déchets radioactifs, mais « pas de déchets de haute activité à vie longue » — ceux qu’on envisage d’entreposer à 500 mètres sous terre pour plusieurs dizaines de milliers d’années. On aurait a minima 40 000 tonnes de déchets à stocker pour cinquante ans, dont le béryllium irradié devenu, du fait de sa teneur en uranium, déchet de moyenne activité à vie longue. Dans les réacteurs de fusion, « le niveau de radioactivité par kilo de déchet devrait être inférieur à celui des réacteurs de fission, résume Daniel Jassby, physicien émérite en fusion nucléaire de l’université de Princeton, mais leur volume et leur masse devraient être supérieurs. »

Un peu long, mais nécessaire

Bon, j’ai conscience que ça fait beaucoup à digérer, mais il faut bien faire des efforts si on veut aborder les points importants !

Récapitulons, ITER nous a été présenté (depuis des années) comme capable de générer dix fois l’énergie consommée et sans production de déchets radioactifs. Or, nous avons vu que sur ces deux points cruciaux, la réalité est bien éloignée de la propagande (quelle surprise !). Arrêtons-nous un instant sur ces deux points et réalisons que la propagande technique claironne depuis des décennies (oui, cela fait depuis les années quatre-vingt qu’on agite continuellement ces trois fausses promesses en faveur de la fusion : inépuisable, rendement x10 et pas de déchets radioactifs) sont tout simplement des mensonges. Mais ces mensonges ont tellement été répétés sur tous les tons et dans tous les médias que, désormais, tout le monde en est persuadé, de bonne foi.

Donc, peu importe que tout cela soit du vent, ITER doit se faire et se fera, vaille que vaille. Mais, même si c’est super dangereux ?

En effet, dernier point et pas le moindre, il s’avère qu’ITER est potentiellement dangereux, très dangereux même…

Tout d’abord, il est très difficile de prévoir comment se comportera ce plasma en régime de fusion nucléaire à plus de 150 millions de degrés Celsius (la température du centre du soleil est de 15 millions de degrés). Dans ce « quatrième état », la matière est sujette à des turbulences qui, malgré de nombreuses recherches, restent imprévisibles. Dès le premier tir de plasma, le tokamak — cette enceinte de 23 000 tonnes dont l’étanchéité doit être absolue et qui a nécessité l’assemblage de 1 million de composants « au millimètre près » — pourrait être perforé par les 15 millions d’ampères qu’il faut faire circuler dans la chambre à vide pour confiner le plasma.

Le divertor, l’un de ses composants critiques, sorte de cendrier de 540 tonnes en tungstène chargé d’évacuer la chaleur, « pourrait fondre, explique dans une récente vidéo Peter Rindt, chercheur en fusion à l’université de technologie d’Eindhoven (Pays-Bas) et chargé de la conception du futur prototype de réacteur Demo, qui serait construit vers 2050. Et si le plasma est déstabilisé, il peut être détruit en une milliseconde, soit un investissement à l’échelle du milliard de dollars fichu en l’air ». Chacune de ces avaries nécessiterait de revoir toute l’étanchéité de l’édifice. Mais la radioactivité y sera telle qu’aucun humain ne pourra intervenir, et il faudra remplacer les pièces et colmater les fuites de façon entièrement robotisée.

Or, “colmater les fuites de façon entièrement robotisée” est tout à fait illusoire : on s’en est rendu compte (douloureusement !) à Tchernobyl et Fukushima !

Il est clair que si on ne sait pas encore maîtriser les centrales nucléaires classiques (comme on l’a vu plus haut), il est douteux qu’on y arrive avec un système aussi compliqué et instable qu’ITER sur lequel, répétons-le, nous n’avons aucun recul. Une fois de plus, on voit bien que le progrès technique doit se faire, coûte que coûte (quels que soient les dangers) et que nous n’avons aucun pouvoir pour l’en empêcher.

C’est l’épisode de la bombe atomique qui se rejoue encore et encore : on doit faire la bombe et on doit l’essayer, point.

En attente d’un Graal énergétique

Mais si la fusion nucléaire est un espoir ténu et très lointain (on parle désormais de 2070… comme pour confirmer la blague récurrente à propos de la fusion qui veut qu’elle sera prête dans cinquante ans et ce depuis les années soixante-dix !), pourquoi donc notre technostructure y reste-t-elle si attachée ?

Sans doute parce qu’on est toujours en attente d’un nouveau “Graal énergétique” qui donnera le coup d’envoi pour une nouvelle et longue période de croissance. Et comme la croissance est l’objectif ultime qui justifie tout, les politiques sont aux aguets de la moindre promesse qui paraît crédible et va dans ce sens. D’où les aveuglements absurdes sur l’hydrogène et la fusion nucléaire.

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A propos du film « Citizen Vigilante » : le film interdit « qu’ils » ne veulent pas que vous puissiez voir !

C’est la polémique (on peut même dire « un scandale » en fait) du moment : le récent film Citizen Vigilante.

Voilà un film qui est tout simplement interdit partout !
Tout simplement parce que cela « appelerait à la violence envers les populations immigrées… Là, on est dans le « politiquement incorrect » niveau 100 !

La seule possibilité de le voir, c’est de le trouver en streaming, illégal bien sûr…

Pour répondre tout de suite à cette question : non, ce n’est pas un film anti migrants puisque la diversité y est vraiment respectée (ouarf !).

Citizen Vigilante ☆ 2026 VOSTFR by tokyvideo.com

Bon, je l’ai regardé entièrement (et vous pouvez vous aussi le faire grâce à mon intégration ci-dessus de la copie disponible sur tokyovideo.com) et voici mon avis dessus… Ce film n’est pas excellent (il y a des scènes absurdes et qui auraient pu être évitées, comme celle de l’accident de la voiture jaune ou la massacre des policiers dans la villa) sur le plan du scénario et du reste. C’est brute de fonderie, directement au sujet essentiel : arrêtez d’être des victimes !

Ce film est exceptionnel pour ce qu’il montre (pas dans sa forme -plutôt médiocre- mais bien dans son fond) car, clairement, ce qu’on voit dans ce long-métrage, on ne le voit jamais, nulle part, tout simplement.

Même si ce n’est pas un bon film (il faut le dire), CITIZEN VIGILANTE dit tout haut ce que beaucoup de gens pensent tout bas. Tellement à contre courant de la bienpensance actuelle qu’il en est fascinant. La seule vraie qualité de ce film (médiocre sur le plan cinématographique) : son honnêteté.

Le fond de l’argument vise le système judiciaire plutôt que les petites frappes issues de l’immigration (y a aussi des blancs qui prennent tarif !) : c’est dans le laissez-faire du système judiciaire que ce situe le coeur du problème d’après le réalisateur et c’est cela que ce « vigilante » cherche à redresser (comme le montre l’enlévement et « l’exécution » du juge).

C’est clair que si le système laisse-faire, capitule ou même encourage la délinquance (et c’est ce que peut ressentir devant l’attitude de la justice qui va excuser des squatters -par exemple- et punir les honnêtes propriétaires), il y a aura toujours des petites crapules pour s’engouffrer dans la brèche et en profiter, quelles que soit leurs origines et couleurs de peau, point.

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Le passage de la mécanographe aux ordinateurs, un moment-clé dans l’histoire de l’informatique moderne…

Aujourd’hui, je vous propose de revenir sur un épisode intéressant et significatif de l’histoire de l’informatique : le moment où les organisations sont passées de la mécanographie (qu’elles maitrisaient bien) aux ordinateurs qu’elles découvraient… Ces extraits sont issue de mon livre « La déception informatique« .

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L’implantation de l’informatique au sein des organisations a commencé par l’automatisation des calculs (dans les années 1960 jusque dans les années 70). Il s’agissait alors de remplacer les systèmes de mécanographie, déjà très présents dans les organisations par des ordinateurs afin, prétendument, de gagner du temps.

Et effectivement, il y a eu des gains de temps énormes pour les calculs complexes (et surtout dans les domaines de pointe : sciences, militaire, spatial), mais cela entraîna aussi la création de nouvelles tâches (maintenance, programmation, gestion des données, entre autres).

La propagande commerciale s’est aussitôt emparée de ces succès initiaux et spectaculaires pour imposer un discours où l’avantage de vitesse de la nouvelle informatique (en particulier en opposition à la mécanographie qu’il fallait remplacer) était incontestable. Mais, il faut se souvenir que ce n’était alors qu’une posture destinée à valider la transition depuis la mécanographie (dont le marché apparaissait comme en phase de saturation) vers l’informatique (qui semblait offrir un bien meilleur potentiel commercial).

La mécanographie est un ensemble de techniques mécaniques ou électro-mécaniques permettant le calcul, le traitement et la publication de l’information. Elle consiste essentiellement à rechercher et à étudier les possibilités offertes par un système ou un moyen mécanique ou électromécanique afin d’exécuter rapidement un algorithme et d’en afficher le résultat.

Avant l’émergence de l’informatique (terme apparu en 1962), la mécanographie avait pour but la réalisation de travaux de comptabilité, de gestion et de statistiques, en utilisant, comme support d’entrée des données, des cartes perforées, ou plus accessoirement des bandes perforées, voire directement des saisies sur clavier électromécanique. Source https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9canographie 

Ce narratif a connu deux phases : d’abord en comparant les systèmes mécanographiques aux ordinateurs (c’est nouveau, c’est mieux, ça va plus vite…) puis en niant cette comparaison pour mieux mettre en valeur une différence de potentiel (genre “c’est tout autre chose, c’est un autre monde, ça n’a rien à voir si ce n’est l’emploi des cartes perforées…”).

On peut voir ici que les “spin doctors” sévissaient déjà dans les années 60 !

Le discours a été ainsi “rectifié” afin de ne pas laisser de prise à la critique (“ça va plus vite” est-ce si sûr ? Car ce n’est pas ce que je constate… “en fait, c’est autre chose, un monde de possibilités nouvelles !”).

La ringardisation de la mécanographie

Une des conséquences (voulue ?) de la propagande en faveur de l’informatique a été la ringardisation de la mécanographie. Les entreprises qui résistaient au passage à l’informatique avaient du mal à recruter, y compris dans les rangs des spécialistes du domaine, car ces derniers voulaient surtout se recycler dans le domaine informatique qui était alors décrit comme étant “l’avenir”…

Pratiquement à la même époque, on a eu le même phénomène dans le domaine des tracteurs. Voici un extrait de mon livre “Le fait technique” qui illustre bien ce parallèle entre les deux transitions :

Une autre vague a achevé la transformation du paysage rural dans les années cinquante : la généralisation du tracteur. Or, cette fois, le tracteur n’est pas seulement la pièce maîtresse et le couronnement de cette évolution vers une agriculture entièrement mécanisée (ou presque), c’est aussi un élément de standing…

Le tracteur, élément de standing, non ? Et pourtant si !

En effet, à cette époque de tournant sociétal, le paysan se transforme en agriculteur et cette métamorphose permise par le progrès technique lui permet de rester en phase avec l’air du temps. Dans le monde paysan, la différence sociale se faisait jusqu’alors par l’étendue de vos possessions (le propriétaire terrien était un “Monsieur” alors que le paysan seulement accroché à sa petite ferme et à son lopin de terre était juste un croquant !). À partir de l’irruption du tracteur dans les campagnes, la différence sociale va se faire entre ceux qui sont équipés (et qu’on va désormais désigner comme “agriculteur”, le terme renferme un parfum technocratique qui sied bien à son objectif) et ceux qui ne le sont pas et qui sont alors désignés comme des « bouseux » sans envergure, quelle que soit l’étendue de leurs terres. Les pères se retrouvent obligés d’acheter un tracteur s’ils veulent voir leurs exploitations reprises par leurs fils qui, bien sûr, ne veulent pas passer pour des bouseux…

C’est ainsi que la “modernité” s’est imposée aussi bien dans les campagnes que dans les locaux conditionnés réservés aux ordinateurs : en ringardisant les techniques traditionnelles.

Revenons à notre premier argument en faveur de l’informatique, “plus vite”…

On a surtout gagné en complexité…

Au final, on a sans doute gagné en vitesse (un peu), mais au prix d’une complexification des processus (par rapport aux systèmes mécanographiques) et d’une dépendance aux systèmes informatiques (deux tendances qui se sont confirmées par la suite…). Cependant, il faut reconnaître que les ordinateurs avaient un potentiel plus élevé que les systèmes mécanographiques et cela s’est révélé par la suite, mais au prix de nombreux efforts et de dépenses importantes.

Sur le sujet « mécanographie vs ordinateurs », j’ai reporté une partie des informations utiles dans l’annexe qui se trouve à la fin de cet ouvrage.

Plus vite ou plus de productivité ?

Mais ce n’était que la première étape… Celle du batch (le traitement par lots). Dans les décennies qui ont suivi cette première étape (années 1980-90), nous sommes passés aux traitements en temps réel qui permettaient le transactionnel (qui permet des réponses instantanées pour des applications le nécessitant comme les réservations aériennes, ou les transactions bancaires, les premiers des exemples mis en avant pour justifier le passage au transactionnel). Cette évolution avait le double avantage de rendre nulle la comparaison avec la mécanographie et d’élargir encore le champ applicatif.

À partir de là, l’argument “plus vite” n’a plus besoin d’être justifié puisqu’il n’y a plus de point de comparaison valable. L’informatique s’est sortie de l’héritage des pratiques anciennes et s’est satellisée dans la modernité !

Cela permet de passer de l’argument “ça va plus vite” (qui peut facilement être contredit) à celui de “ça améliore la productivité” qui est déjà plus difficile à contrer, car la productivité est délicate à mesurer dans le domaine de la gestion.

Mécanographie vs ordinateurs ou comment le narratif a permis de sacraliser la nouvelle venue (l’informatique)

La mécanographie, qu’est-ce que c’est ou, plutôt, qu’est-ce que c’était ?

Parce qu’aujourd’hui, cette technique a complètement disparu des organisations.

Je vais tenter de vous l’expliquer simplement. Mais quand je suis arrivé dans le métier (1977), la mécanographie avait déjà disparu !

En gros, il s’agissait d’effectuer des tris et des calculs en s’appuyant, en entrée, sur des cartes perforées qui étaient avalées par une série d’appareils (trieuse, tabulatrice) qui, à eux tous, représentaient le système mécanographique. La “programmation” (rustique et limitée) se faisait à travers un tableau de connexion (un fouillis de câbles !) mis en place selon les travaux demandés (tris, calculs, totalisation, etc.).

Bon, c’est grossièrement résumé, mais ça donne une idée de ce qu’était la mécanographie.

Sans vouloir insister sur le déroulement de l’histoire de l’informatique (je l’ai assez fait par ailleurs), il est tout de même bon de revenir sur le contexte de cette période…

Voici quelques extraits de “La mise en récit managériale des ordinateurs en France dans les années 1960” par Cédric Neumann (source https://journals.openedition.org/artefact/12043).

Dans le cadre d’une industrie de l’offre, comme celle des matériels mécanographiques puis informatiques, où la relation entre les demandes des clients et les caractéristiques des machines n’est pas claire, les constructeurs mènent une intense activité de propagande commerciale. Ils produisent des récits destinés aux prospects qui peuvent s’appuyer sur des démonstrations : des mises en scène de machines dans le cadre de visites d’ateliers clients ou encore de manifestations commerciales, en particulier le Salon international de l’équipement de bureau (SICOB), organisé chaque année en France.

Pour les constructeurs, il faut renouveler les récits commerciaux afin de faire correspondre l’évolution du marché à leurs cycles d’innovation. Dans cette optique, les calculateurs sont présentés comme étant dans la continuité des machines classiques tout en étant supérieurs à celles-ci. Ainsi, les constructeurs insistent sur la rapidité des calculateurs, qu’ils présentent comme un perfectionnement des machines classiques dans la perspective d’un renforcement de la productivité.

À partir de la première moitié des années 1960, les dirigeants de SSII contribuent fortement à la circulation et à la radicalisation du récit produit par les constructeurs. Initialement, les entreprises et les administrations transposent sur ordinateurs les travaux effectués par la mécanographie et communiquent sur les gains de productivité. C’est le cas au groupe Drouot ou encore à la SNCF. La transposition permet de donner une justification simple de l’utilité de l’emploi des ordinateurs.

Cependant ce type de présentation pose problème. La transposition ne s’accompagne pas nécessairement de gains de productivité par rapport aux machines classiques et, lorsqu’ils existent, ils ne compensent pas les coûts supplémentaires induits par les ordinateurs. La transposition, cohérente avec la propagande commerciale des constructeurs, est progressivement assimilée à un sous-emploi des ordinateurs dans la littérature de gestion. Ainsi la question de la rentabilité se déplace d’économies quantitatives (la productivité) vers des aspects qualitatifs (la gestion).

“Je m’étais fait tout un monde sur l’arrivée de cet ordinateur. Finalement tout s’est très bien passé. Nous avons tout simplement fait suivre des cours de programmation au personnel de notre service ‘cartes perforées’ classique qui s’est tiré d’affaire seul pour mettre nos travaux sur ordinateur”.

Un moment plus tard, cet ami me confie avec scepticisme : “En définitive avec l’ordinateur on fait les mêmes travaux qu’avec le service cartes perforées, mais pour beaucoup plus cher”.

Évidemment et c’est bien là qu’est tout le problème – la simple transposition coûte très cher.

Cette présentation permet de répondre aux critiques sur l’utilisation des ordinateurs en renversant les critères d’évaluation liés aux machines mécanographiques. De cette manière, ils construisent des récits dans lesquels les ordinateurs sont un phénomène d’une nature différente de la mécanographie. Les utilisations sous-optimales des ordinateurs sont « mécanographiques » et la conséquence de l’incompréhension de la différence d’essence entre les calculateurs et la mécanographie. Un chef d’entreprise résume cette différence entre la mécanographie et les calculateurs :

Vous pouvez dire aux chefs d’entreprise qui envisagent de “passer sur ordinateur” que la différence entre les modes plus traditionnels de traitement des informations et les ordinateurs n’est pas de degré, elle est de nature. C’est tout autre chose. C’est un autre monde. […] Nous pensions avoir à effectuer un simple prolongement de ce que nous connaissions avec les cartes perforées, puisque les cartes perforées peuvent être utilisées à l’entrée de l’ordinateur. Quelle innocence !

En associant les ordinateurs à la gestion intégrée, les managers produisent un récit dans lequel les ordinateurs permettraient de découvrir la véritable nature des entreprises. Parce que les ordinateurs produisent des informations plus nombreuses, plus disponibles et plus exactes, ils conduiraient à redéfinir les organisations autour de la circulation de l’information. Dans un entretien qui réunit Alain Robert Schlumberger, président fondateur de la Société d’études et de réalisation pour le traitement de l’information (SERTI), une SSII, et Jacques Maisonrouge, directeur d’IBM-Europe, est affirmé que « nous étions myopes, et ce sont les premiers ordinateurs qui nous ont révélé un monde au-delà de notre vision à courte distance, le monde du traitement de l’information ».

À partir de la deuxième moitié des années 1960, les thématiques de la gestion intégrée s’inscrivent dans un registre de récit plus général : celui de la « révolution informatique ». L’existence de cette dernière est affirmée aussi bien parmi de hauts fonctionnaires, des dirigeants de SSII et d’entreprises construisant des ordinateurs, des directeurs de services informatiques d’entreprises utilisatrices ainsi que de divers représentants de l’essayisme économique des années 1960 (par exemple, Louis Armand, Jean-Jacques Servan Schreiber ou encore François de Closets). La notion apparaît dans un contexte où l’informatique devient un enjeu majeur des politiques de planification avec la mise en place du plan Calcul et de la délégation interministérielle à l’informatique en 1966.

Il faut admettre que nous sommes entrés dans un monde où la seule chose certaine est le changement. La nécessité du changement est la réponse inévitable à la croissance économique, et l’ordinateur n’est en fait que l’outil qui permet de mettre en œuvre ces changements, et d’envisager des structures de l’économie différentes.

Pierre Lhermitte, auteur pour le conseil économique et social du Pari informatique

Les ordinateurs représentent l’avenir. […] L’avènement de l’informatique est une des manifestations de l’entrée des sociétés modernes dans une ère de changement permanent.

Michel Crozier consacre un chapitre de La Société bloquée aux conséquences révolutionnaires de l’informatique

On le voit dans ces extraits, il y a eu une diffusion d’un “narratif” (grâce aux efforts répétés des constructeurs et des SSII) à tous les étages martelant les gains supposés qu’apportait l’informatique.

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Je trouve que cet épisode est très significatif car on y trouve les ingrédients qui vont être utilisés tout au long de l’histoire de l’informatique moderne : un narratif (bien « spiné »), des arguments imparables (mais jamais vérifiés formellement dans les faits et la pratique) et des témoignages d’experts (livres, conférences) qui relaient et renforcent la propagande technique. Comme toujours, rien n’a changé et on gagne beaucoup à étudier le passé.

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10000 km en vélo électrique

Je viens de passer la barre des 10000 km sur mon vélo électrique (un Moustache, marque française Monsieur !).

Avant…

Après !

Bon, ce n’est pas un exploit car il y a de nombreux cyclistes qui font bien mieux et sans assistance électrique !

J’ai acheté ce vélo (neuf) en 2017 :

Le vélo à assistance électrique est enfin au point, profitez-en !

Donc, 10000 km en presque dix ans, ça n’est pas exceptionnel mais cela me permet de vous donner un retour d’expérience qui s’appuie sur une pratique avérée…

Tout d’abord, pour un vélo à assistance électrique (VAE) et non pas un vélo « normal » ?

Eh bien, pour une raison simple : en faire régulièrement et ne pas avoir d’excuse pour ne pas en faire, tout simplement !
En effet, le VAE supprime (presque) tous les inconvénients du vélo habituel : il y a du vent ? Pas grave, le VAE compense largement. Il y a une grosse montée ? Pas grave, le VAE la rend facile à grimper et ainsi de suite, vous avez compris l’idée.
Il n’y a guère que la pluie pour trouver une bonne raison de ne pas en faire !

Ensuite, la question qui suit habituellement, c’est « et l’autonomie ? »…

Tout d’abord, cette donnée (l’autonomie permise par la batterie) n’est pas aussi critique sur un VAE que sur une voiture (électrique). En dix ans, il ne m’est jamais (pas une foi !) arrivé de tomber en panne de batterie !
Mais peut-être est-ce due à mon usage prudent (des sorties relativement courtes, 20 km maximum et un suivi attentif des recharges) mais, selon moi, il s’agit d’un faux problème.

Bon, il y a quand même des inconvénients, non ?
Oui, bien sûr. Par exemple, le VAE est bien plus lourd qu’un vélo « normal » ce qui interdit quasiment son usage sans l’assistance électrique justement…

En revanche, en termes de fiabilité, je n’ai rien à signaler : mon Moustache s’est avéré être robuste, sûr (il freine bien, tient bien son cap) et sait se faire oublier.

Et pour l’entretien ?

Autour des 8000 km, j’ai confié mon VAE à un magasin spécialisé qui a pu faire une révision complète et nécessaire : la chaine, les pneus et les freins ont été changés plus des broutilles. Rien d’étonnant : qui veut aller loin ménage sa monture !

Bref, je suis absolument ravi de mon expérience globale et, par rapport à la moto, le VAE va moins vite (certes !) mais il permet de sortir bien plus rapidement !

En effet, avant chaque tour de moto, je dois faire chauffer celle que j’ai choisi et m’équiper en conséquence (all the gears, all the time!), alors qu’avec le VAE, un casque léger, une paire de gants et ça roule !

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Un nouveau livre en préparation : le glossaire de notre époque

J’ai toujours un livre en préparation, voire plusieurs !

En ce moment, j’avance bien sur la saison 1973 de « Dr Miracle » car je veux achever cet ouvrage avant de me remettre sur mon projet « Moto Journal« … Chaque chose en son temps, n’est-ce pas !

Mais, entretemps, un autre idée m’est venue : rédiger un glossaire sur les expressions courantes de notre époque !

Et j’ai pu enrôler mon ami Nicolas Joubert Bousson dans ce projet.

Un glossaire mais c’est quoi, un glossaire ?

Un glossaire est étymologiquement un recueil de gloses, c’est-à-dire de termes étrangers ou rares associés à leurs définitions et centré sur un domaine dont il détaille les termes techniques spécifiques, comme l’informatique ou la médecine. Liste alphabétique placée à la fin d’un ouvrage et donnant les mots du vocabulaire spécialisé qui y est utilisé. Lexique expliquant les mots difficiles, mal connus (d’un texte, d’un livre).

Pourquoi est-ce un besoin ?

Notre époque a besoin d’un glossaire. C’est devenu nécessaire pour expliquer le sens réel des mots et des expressions qui sont tout à la fois communes et obscures. Et dans “sens réel”, il y a évidemment un recherche de la vérité qui dévie souvent du sens accepté et/ou diffusé par les nombreux canaux médiatiques qui nous enfument et nous submergent.

L’enfumage des merdias est insidieux car il cherche à adoucir voire à minimiser ce que la société est devenue à travers un subtil maquillage des notions : comme le nommage est fondamental pour la compréhension, rectifions la définition et le tour est joué !

Une pratique de filtrage, de tri et de mise en avant

Les merdias ne sont plus des relais mais des amplificateurs. Ils choisissent un signal faible et le mettent tellement en avant qu’il en devient un signal fort (d’où l’émergence prédominante des minorités bruyantes). Pour combattre ces démarches insidieuses, il ne faut rien attendre de ces canaux pervertis et corrompus, il ne faut compter que sur nous. Ils nous faut donc reprendre les choses à leur base en commençant par nommer de façon réaliste. Et c’est justement ce que propose de faire cet ouvrage en cours de rédaction !

L’organisation du glossaire

Pour chaque expressions courantes propres à notre triste époque (il y en a plusieurs dizaines de retenues), nous avons systématiquement mis en regard deux définitions : une qui va être « politiquement correcte », telle qu’elle est utilisée par les merdias et une « réaliste » qui va dire les choses telles qu’elles sont vécues et ressentis par la grande majorité d’entres nous.

Un exemple pour me faire comprendre :

============== avertissement : cet exemple est extrait de l’ouvrage en cours, il est possible que la version finale soit différente ========

Féminisme

Définition “politiquement correcte”Mouvement social, politique et philosophique qui milite pour l’égalité des droits civils, économiques, politiques et sociaux entre les femmes et les hommes.

Définition réaliste – Les associations féministes sont ce qui pouvait arriver de pire pour les femmes : être “représentées” par des hystériques radicales qui, en plus, sont de la plus parfaite mauvaise foi. Prenons un exemple édifiant pour illustrer cette mauvaise foi, ce parti-pris qui, au lieu de faire avancer la cause -légitime- des femmes, disqualifie ce combat. Voici une liste non exhaustive de cas récents où les féministes n’ont pas soutenu les victimes des cas de viols scandaleux parce que le violeur était un émigré…

  • L’affaire Lola (2022) : Le meurtre et le viol d’une collégienne de 12 ans à Paris par une ressortissante algérienne sous le coup d’une OQTF.
  • L’affaire Philippine (2024) : Le meurtre et le viol d’une étudiante de 19 ans dans le bois de Boulogne par un ressortissant marocain en situation irrégulière, déjà condamné pour viol par le passé.
  • Agressions lors de rassemblements ou dans l’espace public : Divers faits divers impliquant des agressions sexuelles commises par des hommes étrangers en situation régulière ou irrégulière.

Et j’en oublie forcément, hélas !
A chaque fois, dans ces affaires déplorables, on a attendu (en vain) l’indignation de ces associations féministes. Mais il semble bien que, pour elles, il y a des viols plus scandaleux (si le violeur est blanc…) que d’autres.

Pourtant, globalement, les féministes devraient être contentes : on est passé d’un patriarcat mou à un matriarcat revendicatif !

En effet, la société dans son ensemble s’est fortement féminisée et on peine à trouver encore des domaines “réservés aux hommes”. Un exemple : dans la magistrature française, les femmes représentent 72 % des magistrats (juges et procureurs) en France. C’est l’une des mutations sociologiques les plus marquantes de la fonction publique régalienne au cours des quarante dernières années.

Si l’on élargit le terme de « personnel de la magistrature » à l’ensemble des agents qui font tourner les tribunaux et les parquets (ce qui inclut les greffiers, les secrétaires administratifs, etc.), le taux grimpe encore et atteint 81 % de femmes.

Voici quelques repères pour comprendre cette trajectoire : la magistrature ne s’est ouverte aux femmes qu’en 1946. En 1980, elles n’étaient encore que 28 %. La barre de la parité (50 %) a été franchie au tout début des années 2000, avant d’atteindre 60 % en 2010, pour se stabiliser à 72 % aujourd’hui. Et cette tendance n’est pas près de s’inverser, puisque les promotions de l’École Nationale de la Magistrature (ENM) comptent régulièrement entre 75 % et 80 % d’auditrices de justice (les futurs magistrats).

Si les femmes ont longtemps été ultra-majoritaires à la base de la pyramide (les tribunaux de première instance) et plus rares au sommet, elles occupent désormais plus de 43 % des postes de chefs de juridiction, et leur part progresse chaque année à la Cour de cassation et dans les cours d’appel.

Pourtant, on ne peut pas dire que cette féminisation à outrance ait donné des résultats merveilleux !
Les données et sondages récents le disent clairement : environ 65 % des Français déclarent ne pas faire confiance à la justice, ce qui en fait l’une des institutions publiques les plus contestées, loin derrière la police ou la gendarmerie.

C’est tout le problème d’un mouvement revendicatif comme le féminisme : une fois les objectifs (qui étaient légitimes, au moins pour la plus grande partie d’entre eux) atteints, que faut-il faire ?

Eh bien, l’évolution logique qui suit est la radicalisation. Et celle-ci conduit à l’excès et à l’absurdité (on le voit déjà aujourd’hui avec les situations ubuesques créées par le mouvement LGBTQ+ où les femmes -les vraies !- sont obligées de supporter les revendications délirantes de travestis imposteurs). On sait comment tout cela va finir : par un brusque retour en arrière. Et se sont les vrais femmes qui vont y perdre !

====== avertissement : cet exemple est extrait de l’ouvrage en cours, il est possible que la version finale soit différente ========

Voilà à quoi cela va ressembler. Dire les choses sans déformer, sans atténuer, sans mentir, c’est déjà résister à l’oppression !

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Le temps long des innovations

Aujourd’hui, je vous propose de revenir sur cet article :

Mise à jour de « L’échelle Lefebvre : comment estimer le temps nécessaire aux innovations techniques »

C’est en relisant mon livre « Le fait technique » que j’ai eu envie de remettre cet article en avant. Ce que j’y explique est tellement en contradiction avec l’opinion générale que cela mérite d’être redit encore et encore…

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Les leçons de la mode de l’orientation objet des années 90/2000 et ce qu’on peut en déduire aujourd’hui…

Aujourd’hui, la tech me paraît être en plein délire : on veut nous faire croire que toute l’information va et doit devenir “orientée IA” et que ça va donner des résultats formidables…

Je me suis déjà exprimé de nombreuses fois sur comment je crois que tout cela va finir (spoiler : mal, ça va mal finir) et, aujourd’hui, je propose de revenir sur une leçon d’un passé relativement récent et, je crois, en tout point comparable. La caractéristique commune à ces deux époques se résume en un seul mot : dogmatisme. Le dogme d’aujourd’hui est que l’IA générative est la solution ultime qui va tout apporter : croissance économique, guérison du cancer et même la singularité (indice : rien de tout cela ne va arriver… quelle surprise, hein !).

Contrairement aux caricatures qui veulent faire croire que je suis “anti-IA” et que, bien sûr, “je n’ai rien compris”, je suis un utilisateur quotidien de ces outils. Et justement, ce retour sur cette période marquée par l’orientation objet, je l’ai effectué grâce à une série d’échanges avec Gemini. Mais je ne suis pas un utilisateur “aveugle” de ces outils (pas plus Gemini que Mistral par exemple) : je vérifie ce qui me parait suspect et je réinterprète en fonction de ce que je sais déjà (le côté le plus pratique de ces outils, c’est justement leur capacité à remuer de nombreuses références plus ou moins oubliées, c’est un “aide-mémoire” puissant mais qui n’est pas toujours très fiable -l’IA invente de temps en temps-). Ceci étant dit, replongeons dans cette leçon du passé même si j’entend déjà les promoteurs lobotomisés de l’IA rétorquer “ouais mais, cette fois, c’est différent”. Mais bien sûr !

Cet article est assez long, installez-vous bien et restez avec moi… On y va !

Tout commence dans les années 90 où la mode de la programmation orientée objet (POO) commence à émerger. Et, avec elle, les promesses sont séduisantes : il s’agit ni plus ni moins de changer la manière de développer des logiciels et pour le meilleur bien sûr !

La POO était vendue comme la solution miracle à la « crise du logiciel » au sens large. Trois promesses majeures étaient répétées en boucle : la réutilisabilité universelle, la modélisation fidèle du monde réel et la réduction des bugs (et donc faciliter la maintenance). Avant de voir cela dans le détail, laissez-moi vous préciser que, pour ma part, je n’ai jamais adhéré aux mythes et promesses de la POO. Ces concepts théoriques me paraissaient fumeux et les avantages plus qu’incertains. J’ai toujours été très réticent vis-à-vis de cette tendance qui semblait tirée par les cheveux (ce qui s’est avéré finalement…). Maintenant que c’est dit, détaillons ces fameux concepts…

1- La réutilisabilité universelle (Le mythe des « Lego »)

La promesse : on allait créer des bibliothèques d’objets universels. Un développeur n’aurait plus qu’à brancher des composants logiciels existants comme des briques de Lego pour construire son application. La réalité : ça n’a presque jamais fonctionné ainsi. La réutilisation par l’héritage (class Chien extends Animal) a créé des architectures rigides, interconnectées et impossibles à faire évoluer. C’est le fameux problème de la « banane et du gorille » formulé par Joe Armstrong (créateur d’Erlang) : « Vous vouliez une banane, mais vous vous retrouvez avec le gorille qui tient la banane, et toute la jungle qui va avec. »

2- La modélisation fidèle du monde réel

La promesse : la POO devait être intuitive car elle permettait de calquer le code sur le monde réel (un objet Voiture a des méthodes Démarrer() et un attribut Couleur). La réalité : l’informatique ne traite pas du monde réel, elle traite de flux de données et de transformations (nuance d’importance, que dis-je, distinction fondamentale !). Forcer des concepts abstraits (comme un gestionnaire de réseau ou un parseur de fichier) à entrer dans des cases « Objets » a produit du code verbeux et artificiel (le fameux syndrome de Java et ses AbstractSessionFactoryBean).

3- La maintenance et la réduction des bugs

La promesse : l’encapsulation (masquer les données internes d’un objet) devait garantir que modifier un endroit du code ne cassait rien ailleurs.

La réalité : en combinant l’encapsulation avec le partage de références en mémoire (les pointeurs), la POO a créé des « états cachés mutables ». C’est la source numéro un de bugs complexes en concurrence : plusieurs objets modifient en douce la même zone mémoire sans que le reste du programme le sache.

La chute de Paradox, une histoire significative…

Pourtant, certains y croyaient dur comme fer !

L’exemple qui me vient en tête est Philippe Kahn, le fondateur de Borland. Philippe a souvent eu des bonnes idées et c’est ainsi qu’il a pu assurer le succès de Borland qui, parti de rien, arrivait à challenger Microsoft dans quelques segments de marché et, croyez-moi, même à cette époque (début des années 90), c’était déjà une sacré performance !

Mais voilà, à vouloir trop croire dans l’avantage théorique que devait apporter la POO, Philippe Kahn a été le principal responsable de l’échec retentissant de Paradox pour Windows.

Cette histoire est le cas d’école parfait d’un produit exceptionnel tué par l’obsession de l’orientation objet, un développement trop long et une contre-attaque impitoyable de Microsoft.

À la fin des années 80, Paradox (créé par Ansa puis racheté par Borland) est un immense succès. Il surclasse le leader de l’époque, dBASE, grâce à deux innovations majeures :

1- Le QBE (Query by Example) : une interface visuelle pratique qui permettait de faire des requêtes complexes en cochant simplement des cases dans un tableau.

2- Le langage PAL (Paradox Application Language) : un langage procédural ultra-rapide et très efficace pour automatiser la gestion des données. Paradox sous DOS était réputé pour sa vitesse fulgurante et sa robustesse mais il était limité à l’interface caractère de MS-Dos. 

L’arrivée de Windows rebat les cartes

Avec l’arrivée de Windows 3.0 en 1990, il faut adapter tous les best-sellers à l’interface graphique et vite. Paradoxe de Borland n’est pas le seul concerné par cette contrainte : Wordperfect et Lotus 1-2-3 vont eux aussi buter sur cette migration obligée (en faisant le mauvais choix de privilégier OS/2 d’IBM au lieu de Windows…).

Pour le passage à Windows, Philippe Kahn (fervent évangéliste de la Programmation Orientée Objet) prend une décision radicale : ne pas adapter le code existant, mais tout réécrire de zéro en C++ pour en faire une vitrine technologique de la POO (ah mais !).

Une équipe entièrement nouvelle est montée. Ils conçoivent une architecture magnifique sur le papier, où chaque élément du logiciel (une table, un champ, un formulaire, un bouton) est un « objet » autonome. C’est là que les retards s’accumulent : le langage PAL d’origine était inadapté à l’interface graphique de Windows. L’équipe a dû inventer de toutes pièces ObjectPAL, un langage orienté objet complexe. L’environnement de développement de Borland pour concevoir des applications fenêtrées en objets (qui servira plus tard de base à Quattro Pro pour Windows et à Delphi) s’avère extrêmement lourd et difficile à stabiliser sur les PC de 1991. Le projet, initialement prévu pour 1991, prend plus d’un an et demi de retard.

Pendant que Borland peaufine péniblement son architecture objet, Microsoft avance à marche forcée sur son propre projet de base de données grand public : Project Cirrus qui deviendra Access. Microsoft commet moins d’excès d’abstraction et se concentre sur l’efficacité brute pour Windows. Constatant le retard de Borland, Bill Gates accélère le calendrier : Microsoft sort Microsoft Access 1.0 en novembre 1992 alors que Borland ne réussit à sortir la version 1.0 de Paradox pour Windows qu’en janvier 1993. Microsoft intègre un peu plus tard Access directement dans sa suite Microsoft Office Professionnel. Face à un logiciel de base de données « gratuit » car inclus avec Word et Excel, le marché des bases de données indépendantes s’effondre.

Paradox pour Windows était, techniquement et visuellement, un produit très en avance sur son temps. Les concepts objets d’ObjectPAL étaient puissants, mais le logiciel s’est avéré terriblement lent au lancement à cause du coût de l’abstraction objet sur les processeurs de l’époque (les 386 et 486).

En voulant faire le produit « parfait » selon les dogmes de la POO, Borland a laissé passer le train de Windows. Épuisé financièrement par ce retard et par le rachat simultané d’Ashton-Tate (dBASE), Borland a perdu la guerre des bases de données de bureau. Paradox sera finalement revendu à Corel en 1997, où il finira sa vie dans l’ombre de la suite WordPerfect.

MS Access, des débuts difficiles

Raconté ainsi, ça parait simple : Borland a été trop gourmand, trop dogmatique (vrai !) et a lâché la balle que Microsoft a su reprendre au vol… La vérité est plus subtile et permettez-moi de l’évoquer ici et maintenant dans cette petite digression : si Microsoft a réussi à terrasser Paradox en sortant son logiciel au moment parfait en novembre 1992, ce n’est pas parce que le développement d’Access avait été un long fleuve tranquille. Bien au contraire !

L’achèvement du projet Access a été extrêmement difficile, marqué par un fiasco industriel interne majeur qui a obligé Microsoft à détruire plusieurs années de travail pour repartir de zéro. Mais là où Borland s’est pris les pieds dans le tapis de la théorie (la POO), Microsoft a souffert d’une ambition technique démesurée par rapport au matériel de l’époque. Voici les coulisses de la création chaotique d’Access.

L’histoire commence en 1988. Bill Gates veut absolument sa propre base de données pour Windows et OS/2. Il lance donc le Projet Omega.

L’ambition d’Omega était titanesque : ce ne devait pas seulement être une base de données de bureau car le logiciel devait intégrer un traitement de texte, un tableur, un gestionnaire de base de données, et surtout, un tout nouveau langage de macro universel (appelé Embedded Basic). Cela peut s’expliquer par le fait que les “logiciels intégrés” étaient encore à la mode sous MS-Dos et donc, faire un intégré sous Windows (et OS/2) pouvait paraître “logique”. Mais le projet était trop ambitieux et trop lourd.

Lors des tests internes, le moteur d’Omega s’effondrait complètement. Il tournait à une lenteur abyssale sur les processeurs phares de l’époque, les Intel 386. Après avoir repoussé la sortie plusieurs fois, Bill Gates réalise en 1989 que le projet est techniquement irrécupérable. En 1990, Microsoft prend une décision rarissime et violente : annuler purement et simplement le Projet Omega, jetant des années de code à la poubelle.

Pour autant Microsoft ne veut pas abandonner le marché des bases de données à Borland (avec un Paradox qui accumule alors les succès). Une partie des développeurs d’Omega est immédiatement réaffectée à un projet de secours au nom de code ultra-rapide : Project Cirrus (qui deviendra officiellement Microsoft Access plus tard). Pour concevoir Cirrus en un temps record et éviter les erreurs d’Omega, Microsoft change radicalement de méthode en combinant trois morceaux existants :

1- Ils récupèrent les concepts d’interface graphique et de création de rapports qui fonctionnaient à peu près dans Omega.

2- Ils se basent sur le moteur de formulaire de « Thunder » (le nom de code de Visual Basic, qui venait de sortir en 1991 et qui intégrait le fameux langage Basic issu d’Omega).

3- Ils créent un tout nouveau moteur de base de données, le moteur Jet, conçu spécifiquement pour être rapide sur Windows sans consommer trop de mémoire.

Alors que le projet Cirrus avance enfin et s’apprête à entrer en phase de bêta test au début de l’année 1992, en mars 1992, Microsoft rachète la société Fox Software (qui s’en souvient ?), éditrice de FoxPro (un clone de dBASE ultra-rapide, très populaire auprès des développeurs professionnels).

Pendant plusieurs mois, une immense guerre interne éclate chez Microsoft : à quoi bon continuer à développer Access (Cirrus) alors que l’entreprise vient d’acheter FoxPro qui est déjà un produit mature, stable et adoré des professionnels ? 

Finalement, Bill Gates tranche pour une stratégie à deux branches : FoxPro sera maintenu pour les développeurs professionnels qui ont besoin de vitesse brute et de bases de données textuelles lourdes alors qu’Access sera positionné comme la base de données grand public et intermédiaire, ultra-visuelle et parfaitement intégrée à l’interface Windows (et plus tard à la suite Office).

Microsoft Access est un miraculé en fait. Il est né des cendres d’un projet mort-né (Omega) et a failli être étouffé au berceau par le rachat de FoxPro. Si Microsoft a gagné la guerre contre Paradox, ce n’est pas parce que ses ingénieurs ont été plus rapides ou plus sereins, mais parce que lorsque le projet Omega a échoué, Microsoft a eu le pragmatisme d’arrêter les frais, de recycler ce qui marchait (le Basic) et de construire un outil simple (Access), pendant que Borland s’enfermait dans le dogmatisme avec la réécriture esthétique et complexe de son code en POO.

Bon, cette digression a été un peu longue mais cette histoire avec ces multiples développements valait la peine d’être racontée car elle montre bien que les projets de développement informatiques sont toujours compliqués, même au sein des éditeurs les plus prestigieux.

L’orienté objet atteint le domaine des bases de données

Au tournant des années 1990, alors que le C++ puis Java (on va venir sur ce sujet particulier -Java- un peu plus tard…) s’imposaient dans le développement logiciel, l’industrie s’est persuadée que le modèle relationnel (les tables SQL d’Oracle, IBM ou Sybase) était devenu obsolète. C’est ainsi qu’est née la déferlante des SGBDO (Systèmes de Gestion de Bases de Données Objet). Portée par des start-ups aux noms très « époque » comme Objectivity, ObjectDesign (ObjectStore), Versant ou O2, cette technologie promettait une révolution totale.

Mais seulement dix ans plus tard, la vague triomphale annoncée s’était totalement fracassée. Voici le bilan de cette mode éphémère, de ses impasses techniques et de son héritage discret.

Pour comprendre l’engouement initial, il faut comprendre le problème que les bases de données objet voulaient résoudre : le désaccord de l’impédance relationnelle-objet (Object-Relational Impedance Mismatch). Le problème : en programmation objet, les données sont un réseau de structures interconnectées en mémoire (un objet pointe vers un autre, qui contient une liste, etc.). Pour sauvegarder cela dans une base SQL classique, le développeur devait fastidieusement « hacher » ses objets pour les répartir dans des tables (lignes et colonnes), puis faire l’inverse (des jointures complexes) pour reconstruire les objets à la lecture. C’était lourd, lent et source de bugs. La solution proposée : les bases de données objet allaient stocker les objets tels quels sur le disque, avec leurs pointeurs et leurs relations. Plus besoin de SQL, plus de tables, plus de conversion. Le langage de programmation et la base de données ne faisaient plus qu’un.

Si l’idée théorique était séduisante, la confrontation à la réalité industrielle des centres de données a révélé des failles structurelles majeures.

Le grand génie du modèle relationnel (SQL), c’est qu’il sépare les données de la façon dont on les utilise. Une table client reste une table client, qu’elle soit lue par un logiciel de compta ou un site web.

Les bases objet, elles, étaient intimement liées au langage de programmation (souvent le C++). Si vous modifiez la structure d’une classe dans votre code, les données déjà stockées sur le disque devenaient illisibles ou corrompues. La migration de données est devenue un enfer permanent.

Le modèle SQL permet de faire des requêtes ad-hoc complexes (« Donne-moi la moyenne des achats des clients de plus de 50 ans en Île-de-France ») très facilement grâce à l’algèbre relationnelle.

Dans une base objet, pour trouver une information, il fallait « naviguer » de pointeur en pointeur à travers le graphe d’objets. Faire des rapports statistiques ou des requêtes imprévues par les concepteurs d’origine était incroyablement complexe et inefficace. Le standard OQL (Object Query Language) a tenté de corriger cela, mais il est arrivé trop tard et n’a jamais égalé SQL.

Dire qu’il ne reste rien de cette effervescence serait faux, mais l’héritage s’est déplacé là où on ne l’attendait pas dans quelques niches industrielles relativement modestes.

La vague des bases de données objet s’est avérée être un excès d’optimisme d’une époque qui pensait que le paradigme objet était la réponse absolue à tous les problèmes de l’informatique. Elle a rappelé cruellement à l’industrie que la gestion de données à long terme obéit à des règles de stabilité mathématique (le modèle relationnel) que la volatilité des langages de programmation ne peut pas remplacer.

Au tour des OS !

Bon, on a vu que la mode de l’orienté objet a touché les langages et les bases de données… Et c’est tout ?
Non !

Même les systèmes d’exploitation ont été “contaminés” par cette vague qui n’épargnera rien. Car l’industrie s’est dit : « Puisque l’objet est l’avenir, le système d’exploitation lui-même doit être un ensemble d’objets du noyau jusqu’à l’interface graphique ! »

Dans ce domaine, la collaboration entre Apple et IBM est le cas d’école le plus célèbre, mais cette folie a touché tous les géants de la tech de l’époque (y compris Microsoft et NeXT).

Voici l’histoire de ces chantiers pharaoniques qui ont presque tous fini au cimetière des logiciels.

À la fin des années 80, l’ingénierie d’Apple sait que le Système 7 du Macintosh est instable (pas de mémoire protégée, pas de multitâche préemptif). Un groupe d’ingénieurs lance en secret le projet « Pink » (car ils écrivaient les idées sur des fiches cartonnées roses). L’idée : réécrire un OS révolutionnaire, entièrement orienté objet, basé sur le C++.

Le projet devint si gigantesque et coûteux qu’Apple dut s’allier avec son ennemi historique, IBM, pour fonder une entreprise commune en 1992 : Taligent. L’annonce de cette alliance surprenante avait fait beaucoup de bruit à l’époque. Certains s’étaient empressés de la qualifier de front anti-Microsoft (et ce n’était pas faux).

Mais ce fut un échec retentissant… Pourquoi ?

Tout d’abord, les ingénieurs des deux sociétés ont poussé le concept d’objet jusqu’à l’absurde. Pour afficher une simple fenêtre ou écrire sur le disque, il fallait hériter de dizaines de classes complexes (frameworks CommonPoint). Le système était d’une lourdeur insensée pour les processeurs de l’époque. De plus, Apple et IBM n’ont jamais réussi à s’entendre sur le noyau (le micro-kernel) à utiliser. Il faut savoir qu’en plus, durant cette période, IBM regardait de tous les côtés pour tenter de sortir de sa dépendance envers Microsoft. Big Blue a même signé un accord de licence pour utiliser Nextstep (mais n’en a rien fait après coup…).

Après des centaines de millions de dollars investis, Taligent n’a finalement jamais sorti d’OS grand public. IBM a racheté les restes en 1995 pour intégrer les morceaux de code dans ses outils de développement, et la société a été dissoute en 1998.

Pendant ce temps, Microsoft n’est pas resté les bras croisés. En 1991, Bill Gates annonce le projet Cairo. Ce projet devait être la version ultime de Windows NT : un système d’exploitation où chaque fichier, chaque utilisateur, chaque périphérique, et même chaque e-mail serait un « objet » géré par un système de fichiers révolutionnaire appelé OFS (Object File System).

Pourquoi a-t-il été annulé ?

Tout simplement parce que Cairo s’est avéré impossible à stabiliser pour les PC des années 90. Les performances s’effondraient dès qu’on tentait de lier tous les fichiers du disque comme des objets vivants interopérables. En 1996, Microsoft jette l’éponge et annule Cairo. Cependant, des morceaux ont survécu : l’interface graphique a été reprise dans Windows 95, et le concept d’annuaire d’objets est devenu l’Active Directory de Windows 2000.

Donc, dans les OS aussi, l’orientation objet s’est avérée être plutôt négative et destructive. Avec les échecs des SGBDO et le premier refroidissement subit par C++, pourquoi cette mode ne s’est pas effacée plus tôt ?

Il est temps d’aborder l’épisode “Java” de notre récit. En effet, c’est l’arrivée de Java en 1995 qui a relancé la ferveur du tout objet pour un moment… Avec le même type de conclusion : ça ne fonctionne pas.

Java, des promesses (le grand soir !) à la dure réalité…

Java est le cas d’école ultime du décalage entre le projet marketing d’une multinationale (Sun Microsystems) et la réalité de ce qu’est devenu le langage. 

Rappeler la promesse de « remplacer Windows » ou de briser le monopole de Microsoft est crucial, car c’était l’obsession de Sun au milieu des années 90. Si l’on évalue Java à l’aune de cette ambition hégémonique sur le poste de travail de l’utilisateur, le bilan est un échec total et spectaculaire.

  1. La promesse initiale de 1995 : Le « Write Once, Run Everywhere » grand public

À son lancement, Java ne devait pas être un langage de serveurs cachés dans des centres de données. Il était vendu comme le langage de l’utilisateur final à travers trois piliers : les network computers, les applets Java et le développement multi-plateformes transparent.

Sun voulait commercialiser des terminaux légers et bon marché qui démarreraient directement sous un système d’exploitation Java (j’ai pu tester un de ces “Network computers” en 1998 et le résultat était plutôt modeste on va dire pour être gentil…). L’idée était de rendre Windows et les processeurs Intel obsolètes.

Le web naissant devait être conquis par Java. Les sites web n’allaient plus être des pages HTML statiques, mais des mini-programmes Java s’exécutant directement dans le navigateur (jeux, interfaces animées).Enfin, on nous promettait des logiciels PC universels, capables de tourner à l’identique sur Windows, Mac ou Linux sans réécrire une ligne de code.

  1. Le naufrage du Java « Client » (Côté utilisateur)

Sur ce terrain, la réalité a été sans pitié pour les promesses de Sun… Dans les années 90/2000, lancer un logiciel Java sur son PC ou une Applet dans son navigateur était un calvaire. Le temps de démarrage de la machine virtuelle (JVM) était interminable, et l’interface graphique « Swing » était célèbre pour sa laideur visuelle et son manque de réactivité par rapport aux logiciels natifs Windows. Les Applets Java dans les navigateurs sont devenues l’une des plus grandes passoires techniques de l’histoire de la cybersécurité. Les failles à répétition ont obligé les navigateurs (comme Chrome ou Firefox) à tuer définitivement le plug-in Java.

Finalement, Microsoft a verrouillé Windows (notamment en créant le framework .NET et le langage C# pour concurrencer directement Java) et a étouffé la tentative de Sun de s’imposer sur le PC.

Inutile de préciser que, dès le début, j’étais totalement opposé à cette mode technique absurde (et nous n’étions alors pas nombreux à contester le bien-fondé de la vague Java). Cette promesse de pouvoir fonctionner partout grâce à une machine virtuelle n’était pas nouvelle, elle a été expérimentée de nombreuses fois (UCSD p-System par exemple) et toujours avec le même résultat décevant : une lenteur d’exécution décourageante.

La réalité de l’enthousiasme initial envers Java n’était pas technique mais “politique” : beaucoup étaient ravi de voir enfin une opposition “sérieuse” à l’hégémonie de Microsoft et ça pouvait se comprendre. Mais techniquement, ça ne tenait pas debout comme on a pu s’en rendre compte assez vite.

Ceux qui veulent absolument défendre le bilan de Java admettent que côté client, l’échec a été total mais que côté serveur, il s’est avéré être une grande réussite… Objection votre honneur !

La soi-disant réussite de Java repose sur quelques légendes (Android et Minecraft, entre autres) qu’il est relativement facile de débunker.

Voici deux exemples (Android et Minecraft) qui sont les parfaits symptômes du rejet progressif de Java par l’industrie moderne.

  1. Le cas Android : Le piège technique et juridique

L’histoire d’Android est fascinante car elle montre comment Java est devenu un boulet pour Google, tant sur le plan technique que légal. Il suffit pour cela de lire le livre publié par l’équipe de développement initiale “Androids: The Team that Built the Android Operating System”.

Au départ, Google a choisi d’utiliser la syntaxe de Java pour Android afin d’attirer immédiatement des millions de développeurs déjà formés. Mais Google ne voulait pas de la lourdeur de la machine virtuelle officielle de Sun/Oracle. Ils ont donc recréé leur propre machine (Dalvik, puis ART) en copiant les interfaces (API) de Java. Cela a déclenché une guerre juridique de plus de dix ans avec Oracle (qui réclamait des milliards de dollars). Google a fini par gagner devant la Cour suprême américaine en 2021, mais le traumatisme a été immense.

Sur le plan technique, l’équipe d’Android s’est vite sentie asphyxiée par la lenteur d’évolution de Java et sa verbosité (notamment les fameuses erreurs NullPointerException). Dès 2017, Google a fait de Kotlin le langage officiellement recommandé pour Android. Aujourd’hui, la grande majorité des nouvelles applications Android sont écrites en Kotlin. Java est relégué à la maintenance de l’ancien code (legacy).

  1. Le cas Minecraft : la limite de la performance brute

Minecraft est un cas d’école unique : c’est le jeu le plus vendu de l’histoire, et il a été codé en Java par une seule personne (Notch) à une époque où personne n’imaginait son succès futur. Mais ce choix a rapidement posé des limites techniques gigantesques.

Java gère la mémoire automatiquement via un « ramasse-miettes ». En plein jeu, quand le GC se déclenche pour nettoyer la mémoire des milliers de blocs et d’entités texturées, cela crée des micro-saccades (stuttering) très frustrantes pour les joueurs, même sur des PC puissants.

Conscient de cette impasse, Microsoft (après le rachat de Mojang) a entièrement réécrit le jeu en C++ (la version dite Bedrock, disponible sur consoles, téléphones et Windows Store). Le Minecraft Java d’origine n’est conservé en vie que pour la communauté historique des moddeurs sur PC, mais le cœur commercial et technique du jeu a bel et bien divorcé d’avec Java pour retrouver l’efficacité du code natif.

Même là où Java semblait avoir gagné, les ingénieurs cherchent aujourd’hui à s’en émanciper.

La trajectoire de Java ressemble à celle de l’administration ou des vieux systèmes bancaires : c’est lourd, c’est rigide, ce n’est pas performant pour du calcul en temps réel (comme les jeux) ni adapté aux contraintes de batterie (comme les smartphones). Le monde du développement moderne (avec l’essor de Go, Rust ou TypeScript) s’est construit précisément en réaction aux lourdeurs et aux promesses déçues de l’ère Java.

Encore un mot pour la soi-disant réussite de Java côté serveur : les serveurs d’applications en Java : ils étaient nombreux au début des années 2000, qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Au début des années 2000, l’informatique d’entreprise ne jurait que par les mastodontes du J2EE (Java 2 Enterprise Edition). C’était l’époque des serveurs d’applications « monolithiques » et ultra-lourds.

Les trois grands serveurs d’applications qui dominaient le marché mondial ont connu des destins très différents :

IBM WebSphere, il est le symbole même du monstre J2EE des années 2000 (lourd, très cher, nécessitant des machines virtuelles gigantesques). Aujourd’hui, WebSphere traditionnel n’est plus utilisé que par les banques, les assurances ou les ministères qui ont des millions de lignes de code impossibles à migrer. Pour survivre, IBM a dû créer Open Liberty, une version moderne, ultra-légère et modulaire.

Oracle WebLogic (ex-BEA) : Même constat. C’était le roi des serveurs d’applications au début des années 2000. Oracle continue de le maintenir pour ses gros clients industriels et pour faire tourner sa propre suite logicielle (Oracle Fusion), mais plus aucun développeur ne choisit WebLogic pour un nouveau projet.

JBoss (devenu Red Hat JBoss EAP / WildFly) : Il a été le grand gagnant de l’open source face à IBM et Oracle. JBoss a mieux vieilli car ses ingénieurs l’ont entièrement réécrit sous le nom de WildFly. Il est devenu modulaire : le serveur ne charge en mémoire que les morceaux dont l’application a strictement besoin.

Le modèle du gros serveur d’applications Java dans lequel on venait greffer du code est cliniquement mort pour les nouveaux projets. Les seuls survivants (Tomcat, Jetty, WildFly, Open Liberty) ont dû se plier à la règle du cloud moderne : devenir de petits moteurs légers, invisibles, capables de démarrer instantanément dans un conteneur Linux. Java a dû abandonner ses rêves de grandeur centralisée pour se fondre dans le moule des microservices.

Allez, encore une dernière anecdote pour conclure l’épisode Java : l’échec cuisant du Netscape tout-Java promu par Marc Andreessen (le trop fameux co-fondateur de Netscape). J’ai rencontré Marc en 1998 (lors d’une de ses visites en France) et, alors qu’il voulait me convaincre que “Java, c’est l’avenir”, devant mon refus d’abonder dans son sens, sa “Majesté” s’est vexée, s’est levée et a quitté l’entretien… Vite rattrapée et ramenée par l’équipe marketing de Netscape France affolée par la tournure que prenait l’entretien (j’étais alors considéré comme une “analyste technique” dont la voix comptait).

Marc, alors jeune et grisé par le succès fulgurant de sa boîte, était en transe devant la promesse du « Write Once, Run Everywhere » de Sun Microsystems. Sa célèbre punchline de l’époque résumait son ambition : « Windows n’est plus qu’un ensemble mal débogué de pilotes de périphériques ». Pour lui, l’avenir du PC n’était pas l’OS de Microsoft, c’était le navigateur Web, et ce navigateur devait être entièrement écrit en Java (forcément !).

Voici comment ce choix a précipité la chute de Netscape face à Internet Explorer, dans une copie presque parfaite de l’erreur de Borland avec Paradox.

  1. Le péché originel : La réécriture à partir d’une page blanche

Comme Philippe Kahn avec Paradox, l’équipe de Netscape gérait un code C/C++ historique (les versions 1 à 4 de Navigator) devenu très lourd, difficile à maintenir et buggé. Au lieu de corriger patiemment l’existant pendant que Microsoft revenait à fond de train avec Internet Explorer 4, la direction de Netscape a succombé au fantasme du développeur : « On jette tout et on réécrit proprement du début ». C’est ce que Joel Spolsky (un des blogueurs tech les plus célèbres de l’époque) a qualifié plus tard de « La pire erreur stratégique qu’une entreprise de logiciel puisse commettre », en prenant explicitement l’exemple de Netscape.

  1. Le désastre de Javagator (1997-1998)

L’idée folle d’Andreessen et de son équipe était de créer un navigateur 100 % Java. Non seulement les sites web afficheraient des applets Java, mais les boutons, les menus, le moteur de rendu HTML, tout le logiciel serait du bytecode Java s’exécutant sur la machine virtuelle (JVM).

Les trois murs techniques que le projet s’est pris de face : les PC de 1997 (les Pentium II) n’avaient absolument pas la puissance nécessaire pour faire tourner un logiciel aussi massif codé en Java de l’époque. Le navigateur mettait un temps infini à démarrer et consommait toute la mémoire vive.

Pendant que les ingénieurs passaient des mois à essayer de recréer l’équivalent d’un bouton « Précédent » ou d’une barre de défilement stable en Java, ils ne développaient aucune nouvelle fonctionnalité pour le web (qui évoluait alors à toute vitesse avec les CSS et le HTML 4).

Le but de Java était d’être universel, mais en pratique, la machine virtuelle de Sun plantait ou se comportait différemment selon qu’on était sur Windows, Mac ou Unix, transformant le débogage en cauchemar permanent.

Au bout d’un an et demi de développement stérile, Netscape a dû se rendre à l’évidence : le « Javagator » était un produit mort-né, inutilisable pour le grand public. Le projet a été discrètement annulé en 1998. Mais le mal était fait. Pendant que Netscape faisait du surplace à cause de cette lubie Java : Microsoft distribuait gratuitement Internet Explorer 4 puis 5, parfaitement intégrés à Windows, rapides (codés en C++) et très stables. Résultat, Netscape a perdu la quasi-totalité de ses parts de marché en l’espace de 24 mois.

Dans un geste de désespoir absolu en mars 1998, réalisant que leur code était dans une impasse totale, Netscape a décidé de publier le code source restant sur internet et de créer l’organisation Mozilla. Il faudra plus de quatre ans de souffrance et une reconstruction complète (en abandonnant le projet Java pour créer le moteur Gecko en C++) pour que ce projet donne enfin naissance à Firefox en 2004. Mais pour l’entreprise Netscape, c’était trop tard : elle avait déjà été rachetée et dissoute par AOL.

La similarité avec Paradox est saisissante : Borland voulait faire de Paradox la vitrine de sa vision « Tout-Objet/C++ », laissant le temps à Microsoft de sortir Access. Netscape voulait faire de son navigateur la vitrine de la vision « Tout-Java », laissant le temps à Microsoft de gagner la guerre des navigateurs avec Internet Explorer.

Ces deux épisodes majeurs de l’histoire de l’informatique auraient dû laisser une leçon durable pour tous : le pragmatisme commercial et la vitesse d’exécution sur le marché réel l’emporteront toujours sur l’élégance théorique d’une réécriture logicielle globale ou d’une adhésion sans limite (dogmatisme) à une mode technique séduisante mais fragile.

En conclusion

Au moment de conclure, je voudrais revenir sur ce principe : on juge une tendance à ses promesses de départ. C’est seulement ainsi qu’on peut dire si telle ou telle mode technique a porté ses fruits (on juge un arbre à ses fruits…) ou non. C’est la seule façon réellement honnête et rationnelle de procéder.

Et, sur ce plan, il est incontestable que le résultat final n’a pas eu l’ampleur ni la nature de la révolution annoncée. La POO n’a pas rendu le développement logiciel simple, magique et accessible à tous par simple assemblage de briques. Elle s’est avérée être un outil industriel lourd, parfois contraignant, qui a dû être sérieusement élagué et mélangé à d’autres approches (comme le fonctionnel) pour être réellement efficace.

Aujourd’hui, ils veulent nous faire croire que c’est le “vibe coding” (coding avec l’IA) qui va changer durablement et profondément la pratique du développement informatique… C’est “possible” mais rien n’est moins sûr. En effet, ce n’est certainement pas la première fois qu’on formule ce genre de prédiction et on vient de le voir avec la POO. Comme Fred Brooks a bien su le dire, le développement informatique est toujours à la recherche de sa “balle magique” (silver bullet), la recette ultime qui va tout simplifier et résoudre tous les problèmes d’un coup. Bien évidemment, ça n’arrivera pas. Car c’est une course sans fin qui remonte déjà à loin : on a vu la chimère de la POO dans les années 90 et 2000 mais, avant cela, il y a eu les L4G dans les années 70 puis les “méthodes” (la vague éphémère du “génie logiciel” que j’ai bien connu) dans les années 80. Je ne vais pas entrer dans les détails de ces deux autres épisodes mais, pour faire court, on a eu droit aux mêmes promesses et aux mêmes déceptions.

N’en déplaise aux vendeurs d’illusions, le développement informatique (qui ne se résume pas au coding) restera toujours compliqué, difficile et décevant.

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Ni oubli ni pardon, un site très utile !!

Nous avons tous souffert de la trop fameuse « crise sanitaire » de 2020 qui, après coup, s’avère être une accumulation de mensonges grossiers et toxiques.

Pour ne rien oublier des manipulations de ces tartuffes, il existe un site qui a archivé tout ce qui est utile à la mémoire éveillée de celles et ceux qui ne sont pas encore complètement lobotomisés… Et ce site, c’est https://nonp.fr/

Ni oubli ni pardon

Je vous recommande de garder ce site dans vos favoris et de le consulter régulièrement afin de constater combien ils nous ont menti et trompé !

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Un documentaire sur C++, un reflet de l’histoire récente de l’informatique moderne…

Oui, vous avez bien lu, aujourd’hui, je vais mettre en avant un (très bon) documentaire sur un langage informatique, le C++.

Durant une heure et onze minutes, ce documentaire remonte le temps sur les débuts de ce langage qui s’appelait d’abord « C with classes » puis « Cfront » et enfin C++. C’est passionnant quand, comme moi, on s’intéresse vraiment à l’histoire de l’informatique avec ses multiples couches et détails, souvent si importants.

Alors, je précise tout de suite que je n’ai jamais codé en C++ ni même en C… Mais ça ne veut pas dire que j’en déduis que ce n’est pas un langage important, tout au contraire.

J’en ai profité pour retracer et récapituler les langages que j’avais utilisé pendant ma carrière :

  • Fortran (sur mini Perkin-Elmer).
  • Assembleur (sur Motorola 68000).
  • Pascal (compilateur Oregon Software sur Vax-VMS).
  • Basic (sur Oric, un micro très limité).
  • 4D (sur Macintosh et oui, 4D était doté d’un langage !).
  • PL/1 sur Mainframe IBM (avec DB2 comme base de données en SQL bien sûr !).
  • SQL (pour DB2 sous TSO).
  • SQL Windows (de Gupta et oui, ce truc était doté d’un langage).
  • SQLPage (et ce dernier va être mon préféré finalement !).

Je n’ai jamais été un programmeur « top gun » mais je connais l’importance du bon code et de la familiarité qu’on fini par développer avec tel ou tel langage qu’on a choisi et qu’on apprécie…

Un exemple de code 4D (la preuve que c’est bien un langage aussi !)

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Un film récent que je recommande : voir « La bataille De Gaule (volet 1) », c’est faire un acte (modeste) de résistance !!

Je ne vous recommande pas souvent des films sur ce blog (et encore moins des films français !) mais là, je vais faire une exception : allez voir « La bataille de Gaule » volet 1 qui vient de sortir en salles…

Le film est superbe, bien joué, plein d’émotions poignantes… En un mot, à voir séance tenante !

Certes, il y a quelques erreurs sur le plan historiques, quelques raccourcis mais rien qui remette vraiment en cause sa valeur et sa portée.

De plus, aller voir ce film est un acte de résistance. Un acte modeste, certes mais quand même : cela permet de dire que la vraie France, la France profonde, la France éternelle est bien là, toujours là et qu’elle ne va pas disparaitre en dépit des efforts contraires des gauchiasses (qui ont tout de suite compris le danger et qui critiquent ce film d’une façon éhontée) et des mondialistes.

Comme il est très bien dit dans le film : « un peuple est vaincu seulement s’il accepte d’être vaincu »… Tout est dit. résistez, aller voir ce film, dites-en du bien autour de vous…

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Cela s’est passé demain : le lendemain de l’éclatement de la bulle IA

Cela fait plus d’un an que j’annonce l’éclatement de la bulle IA et donc, jusqu’à présent, je me suis plutôt lourdement trompé !!

Éclatement de la bulle IA, le jour d’après

Se préparer à l’éclatement de la bulle IA…

Quand éclatera la bulle de l’IA…Par Ploum.net

Le syndrome de cassandre et l’IA générative

En effet, la mode IA bat toujours son plein, les médias en parlent toujours plus et les records sont battus chaque mois. Certes, on peut constater quelques craquements (que je relate souvent ici ou sur mon compte X) mais il semble que l’éclatement attendu et annoncé (et pas que par moi) semble encore lointain. C’est tout le problème de ce genre de « prédiction » : il faut dire quand ça va arriver sinon, ça ne vaut rien… Et le « quand » est toujours ultra-difficile à mesurer et donc à annoncer. D’une façon générale, vous passez pour un idiot jusqu’au moment où c’est factuel : ça y est, c’est arrivé, vous aviez raison, enfin !

Et c’est justement ce qu’on va imaginer ici : la bulle a éclaté, quelles sont les suites ?
J’ai imaginé le titre « ça s’est passé demain » et j’ai trouvé un livre avec ce titre-là !

Tout d’abord, ça sera une sorte de stupeur généralisée accompagnée de déni : c’est rien, vous allez voir, ça va repartir… C’était déjà comme cela lors de l’éclatement de la bulle des dot-com que j’ai vécu de près : cela a pris presque un an pour se rendre à l’évidence.

Ensuite, une fois le premier moment de stupeur passé, il va y avoir les premières victimes : les petites start-up fragiles. Mais ça ne va se limiter à cette catégorie, les grosses vont tomber aussi et, en premier lieu, OpenAI qui ne va jamais aller jusqu’à son IPO. Si Anthropic y est allé, son cours va descendre dramatiquement et assez rapidement jusqu’à la rupture (dépôt de bilan ou rachat à vil prix).

Les commentateurs/laudateurs vont retourner leurs vestes comme les bons tartuffes qu’ils sont. Vous allez les voir affirmer qu’ils savaient que ça allaient se terminer ainsi, qu’ils n’y avaient jamais vraiment cru et ainsi de suite. On pourrait presque en rire tellement c’est écrit d’avance.

Les conséquences financières vont être lourdes, comparables à la crise de 2008 car la bulle de l’IA va révéler d’autres crises/bulles adjacentes qui vont exploser à leur tour…

L’IA ne va pas disparaitre pour autant car Google (principalement) et Microsoft (un peu) vont récupérer les miettes à leur profit mais une chose est sûr, ça ne sera plus « gratuit » comme avant.

Il y aura pléthore de ces fameux « data-centers » qui seront annulés avant même d’être terminés. D’autres qui ne seront jamais construits (souvenez-vous que les annonces de ces deux dernières années sont surtout cela : des annonces…) et d’autres enfin quasiment terminés mais qui ne seront pas mis en service car la demande va retomber à des niveaux « normaux »…

Il y aura quand même une conséquence positive : la RAM (mémoires), les cartes graphiques et les CPU (microprocesseurs) vont revenir à des prix « normaux » car la demande délirante ne sera plus là pour gonfler (artificiellement) les prix de ces composants…

Voilà, c’est très résumé mais vous savez d’avance ce qui va se passer.

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Je recommand de signer cette pétition => Abrogation des obligations vaccinales pédiatriques et reconnaissance de la liberté vaccinale

Je viens de le faire et je vous recommande de la faire aussi. Bon, c’est un peu contraignant car il faut s’identifier avec France Connect mais rien d’insurmontable…

à vous !

La pétition se trouve à https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5725

 

 

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Les gauchiasses sont des révolutionnaires en carton !

== Avertissement ==

Cet article est plutôt négatif. J’y ai mis des éléments que je crois importants mais qui ne sont pas de nature à embellir votre journée !
Donc, si vous voulez profiter de ce début de mois de juin tranquillement, évitez cette lecture…

== fin d’avertissement ==

L’affaire récente de la pétition anti-Bolloré révèle la vraie nature des gauchiasses embourgeoisées : ce sont des révolutionnaires en carton qui se dégonflent dès que « l’adversaire » (avec raison : on ne mord pas la main qui vous nourrit !) vise leurs portefeuilles !

Pour celles et ceux qui auraient besoin d’un résumé de l’affaire, j’ai demandé à Gemini d’en faire un (oui, quand j’utilise l’IA, je n’ai pas honte et je ne le cache pas… et oui, j’ai relu avant d’en faire un copier/coller…) :

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1. La genèse : La tribune « Contre l’empire Bolloré »

L’affaire éclate avec la publication d’une tribune collective initiée par des professionnels du cinéma. Le texte cible directement le milliardaire Vincent Bolloré et l’influence grandissante de son groupe (Vivendi/Canal+) sur les médias et la culture en France.

  • Les accusations : Les signataires reprochent à Vincent Bolloré d’utiliser ses médias (CNews, Europe 1, le JDD) pour propager une idéologie d’extrême droite, raciste et réactionnaire.

  • L’enjeu cinématographique : Canal+ étant le premier financeur du cinéma français, la tribune dénonce une situation de monopole qui met en péril l’indépendance de la création. Les auteurs craignent une censure idéologique, des pressions sur les scénarios ou l’asphyxie financière des projets qui ne correspondraient pas à la ligne politique du groupe.

  • Le succès initial : La pétition recueille rapidement des milliers de signatures, dont de très grands noms du cinéma français (réalisateurs, techniciens, acteurs).

2. Le nœud du problème : L’interdépendance financière

Le malaise s’installe presque immédiatement après la publication. Dans le système du cinéma français, Canal+ est un passage quasi obligatoire pour financer un film à l’aide des préachats de droits de diffusion.

Signer cette tribune revenait, pour beaucoup d’acteurs et de réalisateurs, à mordre la main qui les nourrit ou qui doit financer leurs prochains projets. Les rumeurs de « listes noires » chez Canal+ ou de représailles financières ont immédiatement commencé à circuler dans l’industrie.

3. Les suites récentes : Le grand rétropédalage

Le point d’orgue de cette affaire réside dans le retrait spectaculaire de plusieurs signatures de premier plan, mettant en lumière la fragilité des engagements face aux réalités économiques.

Le cas Juliette Binoche et d’autres stars

Plusieurs figures majeures, dont Juliette Binoche, ont rétropédalé publiquement en demandant le retrait de leur nom de la liste des signataires.

  • Les justifications avancées : Pour la plupart, ces artistes ont expliqué avoir signé le texte « trop vite », sans en mesurer toutes les nuances, ou avoir été induits en erreur sur la nature exacte du texte (pensant signer une pétition générale pour la liberté d’expression plutôt qu’une attaque frontale et nominative contre un homme d’affaires).

  • L’analyse du milieu : Pour les observateurs et les initiateurs de la tribune, ces rétropédalages sont avant tout le résultat d’un immense coup de pression de la part des agents, des producteurs et des diffuseurs. Pour une actrice ou un réalisateur de renommée internationale, être associé à un boycott de Canal+ peut paralyser des productions de plusieurs millions d’euros.

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En dehors de la maladresse crasse de cette caste de privilégiés (on ne le dira jamais assez mais ces « gens du cinéma » sont des parasites pleurnichard insupportables), on voit bien la profonde mauvaise foi de ces révolutionnaires en carton : je veux pouvoir te cracher à la gueule et je veux pouvoir réclamer ton argent aussi !

Cette mauvaise foi et ce double langage est une caractéristique constante des ces pseudo « bien-pensants ». Prenons le cas des associations féministes (de gauche, forcément !), un autre exemple édifiant. Voici une liste non exhaustive de cas récents où les féministes n’ont pas soutenu les victimes des cas de viols scandaleux parce que le violeur était un émigré…

  • L’affaire Lola (2022) : Le meurtre et le viol d’une collégienne de 12 ans à Paris par une ressortissante algérienne sous le coup d’une OQTF (Obligation de quitter le territoire français).

  • L’affaire Philippine (2024) : Le meurtre et le viol d’une étudiante de 19 ans dans le bois de Boulogne par un ressortissant marocain en situation irrégulière, déjà condamné pour viol par le passé.

  • Agressions lors de rassemblements ou dans l’espace public : Divers faits divers impliquant des agressions sexuelles commises par des hommes étrangers en situation régulière ou irrégulière.

Et j’en oublie forcément, hélas !
A chaque fois, dans ces affaires déplorables, on a attendu (en vain) l’indignation de ces associations féministes. Mais il semble bien que, pour elles, il y a des viols plus scandaleux (si le violeur est blanc…) que d’autres.

Ces gens-là sont pires que les délinquants : ce sont des tartuffes toxiques qui osent encore faire des leçons de morale… Honte à tous ceux (merdias et journalopes) qui leur donnent la parole.

La France décline de plus en plus mais, incroyable, il y a pire encore !

Il suffit d’aller faire un tour en Grande-Bretagne pour constater les dégâts d’une immigration en roue libre et d’un gouvernement dogmatique (et toxique). L’affaire récente de l’assassinat de Henry Nowak résume toutes les dérives du racisme anti-blanc qui sévit actuellement en UK (et qui ne va pas tarder à s’établir chez nous). Voici un court résumé issu de https://www.lejdd.fr/International/le-meurtre-dhenry-nowak-etudiant-de-18-ans-poignarde-a-mort-choque-le-royaume-uni-174546

Henry Nowak, étudiant de 18 ans, a été mortellement poignardé à Southampton alors qu’il rentrait d’une soirée entre amis. Au-delà du drame lui-même, l’affaire soulève des questions sur la gestion policière des premières minutes suivant l’agression : les forces de l’ordre auraient menotté Henry Nowak tandis que son agresseur l’accusait de racisme.

Keith Starmer ne fait que prouver une fois de plus son ignominie, honte à lui et soutien au peuple britannique, le vrai.

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Mes livres à venir : écriture en cours et projets plus lointains

De temps en temps, je vous donne des nouvelles de mes travaux d’écriture… Pour le moment, mon début d’année 2026 a été assez productif !

Mon livre « SimRacing, découverte & progression » est disponible en 5ème édition !

Un tout nouveau livre (oui, encore un !) de fiction : l’Unique.

Enfin un nouveau livre : la déception informatique !

Mais j’ai aussi quelques épines dans le pied comme mon projet de livre sur Moto Journal et la saison 1973 de Dr Miracle…

Qu’est-il arrivé à Moto Journal ? – Maintenant, le livre ! – quelques nouvelles…

Depuis, j’avoue, je n’ai pas avancé dessus, du tout !

Comment expliquer cet immobilisme ?
Eh bien, tout d’abord, je voulais finir mes autres projets en cours comme L’Unique ou la Déception Informatique. Et, pour cela, il fallait arrêter net tout le reste…

Et, dans le même élan, il fallait que je boucle un projet depuis longtemps en souffrance (lui aussi !) : la saison 1973 de Dr Miracle (4ème volume de la série)…

Mon 34ème livre : Dr Miracle, saison 1972 (tome 3 de la série « Dr Miracle »).

Je l’ai commencé (la saison 1973) en 2024 et nous sommes désormais en 2026… la honte !

Bref, j’ai décidé de boucler ce projet afin d’avoir l’esprit tout à fait libre de me concentrer sur Moto Journal… Et, heureusement, ça avance bien : je viens de terminer le premier jet du chapitre 4 (les 24 heures du Mans 1973, entre autres) et je suis assez content du rythme et de l’inspiration. Si je peux continuer à la même vitesse, alors je pourrais me remettre sur MJ cet été, au plus tard en septembre…

J’ai aussi d’autres projets en tête (dont une collaboration) mais je veux éviter d’en parler trop tôt…

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Indy 500 2026, un finish à couper le souffle !!

Comme chaque année, le monument de la course auto aux USA était à la hauteur des attentes. Encore mieux, cette fois, le finish était enthousiasmant !

J’ai tout regardé avec mes fils et nous avons crié à la fin, c’était incroyable !

Et oui, les Indy 500, c’est du pilotage, une forme particulière et subtile de pilotage mais il faut être stupide pour dire que ça rime à rien, çe ne vaut pas la F1 q(ui elle, se produisait au Canada, une course intéressante sur laquelle je reviendrais mais plus tard…).

En attendant, je vous invite à savourer le final de cette édition avec la vidéo suivante :

Et complétons avec celle-ci…

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Se faire insulter par une gauchiasse : un badge d’honneur !

En août 2018, je publiais ceci :

Ce que la mode (ridicule) de la barbe et des tatouages nous enseigne…

Depuis, cet article accumule les commentaires, principalement positifs (oui, les gens trouvent les excès de cette mode ridicule !), sauf le tout dernier !!

Je le reproduit en intégralité et tel quel ici :

J’ai lu toute cette logorrhée très attentivement, et cela me pose beaucoup de questions, que je vais poser ci-dessous :
– D’abord, vous semblez fortement perturbé par une baisse des capacités intellectuelles. Sur quoi cela se fonde-t-il ? Aucune de vos publications de cite de sources rigoureuses et scientifiques qui permettraient de valider ce qui pour l’instant n’est qu’une opinion réactionnaire.
– Ensuite, en quoi la barbe ou le tatouage sont-ils un signe de la baisse du niveau intellectuel ? Même en considérant que ce dernier phénomène soit plus qu’un fantasme, vous ne montrez aucune relation de causalité mais simplement une corrélation.
– De plus, savez-vous que le tatouage est une pratique vieille d’au moins 2000 ans (il est difficile de trouver des sources au-delà) ? Si vous souhaitez vous renseigner, vous pourriez consulter l’ « Atlas du tatouage » qui condense toutes les pratiques à travers le monde. Si c’est le cas, vous supposez ainsi que la majorité de l’humanité pendant deux millénaires était plongée dans la stupidité (dont certains encore aujourd’hui, comme les maoris).
– Enfin, avez-vous considéré l’idée de remplacer votre vieux mépris réactionnaire toxique par l’idée de rencontrer les personnes qui se font tatouer ? Au lieu de pester en caleçon depuis votre fauteuil, vous pourriez sortir et demander vraiment pourquoi ces personnes font ça. Vous seriez surpris de la capacité de ces personnes à savoir non seulement que c’est un acte définitif, mais qu’en plus elles y ont réfléchi et que ça a de ce fait une importance symbolique. Peut-être pourriez vous considérez le fait qu’une mode n’est pas qu’un phénomène irrationnel de foule, mais aussi le produit de mouvements sociaux, de revendications communes, d’exploitations partagées de nouveaux modes de vies (le tatouage a vu un regain dès les années 60 aux États-Unis, car c’était un symbole de revendication de la nouvelle génération. Ce qui signifie que le tatouage avait un rôle social, politique et existentiel, mais peut-être n’avez-vous pas la culture nécessaire pour le comprendre… Je ne vous en demande pas tant, bien sûr).

Clairement, l’individu en question n’a pas apprécié !
Il est même plutôt insultant dans ces propos. En fait, il se veut insultant mais je le prend bien : être pris à partie par ce genre de gauchiasse lobotomisée est devenu un badge d’honneur !

Pour finir, je laisse la parole à Thomas Séraphine :

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Enfin un explication sur « pourquoi veulent-ils tous que nous utilisions de l’IA au point d’en faire un objectif chiffré ? »…

La semaine dernière, je vous proposais une traduction (partielle) d’un article d’Ed Zitron qui traitait d’un point crucial :

Traduction (partielle) d’un article d’Ed Zitron : Où se trouvent tous les centres de données (data centers) ?

Cette semaine, on va se contenter de la conclusion de son dernier article AI is too expensive :

La revanche des incompétents en affaires

L’IA est le résultat d’une conjonction de concepts et d’organisations ayant échoué, et l’apogée de l’ère des incompétents en affaires, une époque où nous sommes gouvernés par des personnes tellement déconnectées de la réalité du terrain qu’il était inévitable qu’une technologie soit créée spécifiquement pour les exploiter.

Les LLM sont dangereux pour de nombreuses raisons, mais l’une des moins évoquées est leur capacité à manipuler un certain type de dirigeant incompétent. L’IA générative est — pour reprendre les mots de Mo Bitar — très douée pour simuler le travail, à l’instar de la plupart des managers et des dirigeants, et même si elle est totalement incapable de faire quelque chose, elle prétendra le contraire et vous complimentera sur votre suggestion.

Et c’est pourquoi les incompétents en affaires l’adorent.

Là où des êtres humains ordinaires diraient des choses agaçantes comme « ce n’est pas possible dans ces délais » ou « nous n’avons pas les ressources nécessaires », l’IA répondra « bien sûr, tout de suite ! » et gaspillera un maximum de ressources. Quand il fait des erreurs, il s’excusera — comme il se doit, puisqu’il vous a laissé tomber — mais promettra de faire mieux la prochaine fois, tout en coûtant bien moins cher, du moins en théorie, qu’un humain ordinaire, aussi peu compétent soit-il.

Il créera un PRD (Real Product Development) pour un projet logiciel théorique avec l’assurance et l’énergie nécessaires pour le présenter immédiatement à un ingénieur logiciel en lui disant : « Développez ça tout de suite ! » Et quand l’ingénieur logiciel vous sortira des inepties sur l’impossibilité du projet, il vous servira plusieurs réponses qui sonnent juste. Franchement, à quoi bon lui parler ? Claude Code peut créer un prototype que vous pourrez lui fourrer sous le nez avant de le virer pour ne pas avoir utilisé l’IA pour le faire lui-même.

N’importe quel crétin de direction que vous avez croisé possède désormais un outil apparemment surpuissant capable de produire des copies de logiciels libres et, à force de sollicitations, de déployer un truc à moitié fonctionnel sur un serveur web. Face aux bugs, il tente de les corriger, parfois même en « corrigeant » (ajoutant ou supprimant du code) d’ailleurs, comme lorsque Cursor, utilisant le modèle Claude Opus 4.6 d’Anthropic, a effacé une base de données de production entière et toutes ses sauvegardes. Il ne dira jamais non, même s’il en est incapable, même s’il est dépourvu de toute réflexion, même si votre demande est à la fois impossible et déraisonnable, tant par son ampleur que par son délai.

Un imbécile en affaires, si on lui en laisse le choix, peut s’amuser à bidouiller et faire en sorte qu’un diplômé en droit ponde un truc qui lui donne l’impression de coder, ce qui, à son tour, lui fait croire que vous, ingénieur fainéant et stupide, pourriez faire encore mieux avec la puissance de l’IA. Peu importe que cela coûte une fortune, ou qu’il soit impossible d’en mesurer l’efficacité. Le Lion se moque bien de l’« efficacité » ou de la « productivité », et il en a plus qu’assez de vos jérémiades ! Il ne comprend même pas ce que vous faites au quotidien, à part ne pas faire ce qu’il vous demande !

Vous riez, mais c’est pourtant ainsi que la plupart des managers et des dirigeants pensent et agissent. Et maintenant, ils ont un chatbot spécial capable de pondre des prototypes à peu près fonctionnels pour convaincre un parfait incompétent qu’il peut tout faire. Parce que les dirigeants et les managers ne travaillent pas vraiment au quotidien et n’ont donc aucune idée de ce à quoi cela ressemble, si ce n’est lorsqu’ils vous surveillent de près. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils voulaient vous faire revenir au bureau !

Les entreprises ne dépensent pas des millions, voire des centaines de millions de dollars par an en IA parce que c’est une bonne chose, mais parce qu’elles sont dirigées par des gens qui n’y comprennent absolument rien. Dans un monde idéal, ajouter arbitrairement une charge d’exploitation massive et sans cesse croissante à votre entreprise, dans le but avoué – pour reprendre les termes du DSI de la société informatique Workato, « absorber les coûts pendant que les employés expérimentent » – provoquerait un tollé général. Dans notre monde, dominé par des individus déconnectés, égocentriques et grassement surpayés, nombre d’entreprises incitant leurs employés à utiliser l’IA le font par mimétisme, avec à peu près autant de stratégie et de prévoyance qu’on pourrait l’attendre de quelqu’un qui passe 90 % de son temps à lire ses e-mails, à assister à des réunions ou à déjeuner.

La plupart de ceux qui clament haut et fort les prétendus bienfaits de l’IA ne semblent rien accomplir de notable. Je n’ai encore jamais vu un seul de ces prétendus ingénieurs en orchestration multi-agents, véritables psychopathes, livrer un produit remarquable, impressionnant ou même fonctionnel. Je n’ai encore jamais vu un patron obsédé par l’IA écrire, créer ou concevoir quoi que ce soit dont je me souvienne. Je ne vois aucun de ces crétins diriger une entreprise à eux seuls, à l’exception de ceux qui ont appris à vendre des trucs à d’autres victimes de la psychose de l’IA ou à des cadres moyens de taille variable.

Et pourquoi donc ce langage d’inévitabilité et de possessivité ? Personne d’aussi insistant, agressif et abusif, avec son discours du genre « c’est là, et si vous ne l’adoptez pas, vous êtes stupide et condamné », n’a jamais eu raison. Personne d’aussi désespéré, obstiné et autoritaire n’a jamais eu de bonnes intentions, de bonnes ondes ou de bon augure ; ce sont toujours des manipulateurs.

La plupart des technologies sont vendues comme une façon d’élever et d’élever l’être humain. L’IA dévalorise chaque interaction en créant un produit formaté par une personne qui ne vous respecte pas suffisamment pour vous confier un travail à peine digne d’un humain, car il n’a pas été conçu pour lui.

Vous devez accepter de devenir un marchand de pacotille qui se complaît à recevoir des produits de mauvaise qualité. Vous devez célébrer cette médiocrité gratuite et putride, et la défendre, ainsi que la machine qui l’a produite, de tout votre être. Vous devez vous souiller – considérer ses résultats médiocres, bâclés et peu fiables comme des signes de conscience, ou du moins comme la preuve que la conscience numérique est possible. Vous devez défendre d’horribles monolithes d’acier, agressifs, laids et bruyants, remplis de cartes graphiques à 50 000 dollars. Vous devez affirmer qu’ils sont nécessaires et vous devez vous en prendre violemment à ceux qui ne le pensent pas.

Chaque fois que vous défendez l’IA générative, vous défendez une machine capitaliste qui a englouti 1 000 milliards de dollars et créé l’un des produits les plus gaspilleurs de l’histoire. Si l’on n’est pas d’accord avec vous, vous devez tenter de nuire à ceux qui le sont – les ostraciser, les ridiculiser, les attaquer, les dénigrer. Vous justifierez cela par des raisons morales, car vous avez été manipulés par une technologie conçue et vendue par deux des plus grands escrocs de tous les temps : Dario Amodei et Sam Altman. Tout autre comportement serait une opposition à une industrie qui arbore tous les attributs de l’autoritarisme, jusqu’aux médias serviles, à la propagande et à l’accaparement des terres au nom d’un nébuleux « bien commun ».

Mais bon sang, ces types-là savent y faire avec les gens.

Sam Altman a contribué à populariser une technologie idéale pour escroquer les personnes prometteuses, une extrapolation à grande échelle de sa propre vie, qui consistait à transformer des projets foireux – Loopt, par exemple ! – en opportunités plus importantes. Elle permet de réaliser des démonstrations bâclées de nombreuses choses, et c’est suffisant pour convaincre un parfait imbécile du monde des affaires.

Dario Amodei a repris cette arnaque et l’a perfectionnée. Anthropic est une entreprise créée dans le seul but d’extorquer de l’argent aux gens en leur donnant l’illusion d’être intelligents. Les titulaires d’un LLM peuvent parfois accomplir des tâches professionnelles, à condition de s’abaisser à accepter des produits médiocres et souvent défectueux qu’il faut surveiller de près, et soit d’utiliser un produit subventionné qui fait perdre de l’argent à Anthropic, soit de payer une fortune à Anthropic en tant qu’entreprise, et ils perdent quand même de l’argent.

Ces entreprises n’ont pu prospérer que dans une économie dominée par les crédules et les fainéants. Seule une culture capitaliste, dominée par des gens incompétents et incompétents, a permis à la situation d’aller aussi loin. Personne n’en a voulu, personne n’en a jamais voulu ; cela nous a été imposé, et prétendre le contraire est risible et insultant. Tous ceux qui utilisent ce truc un peu et se persuadent que d’ici quelques années, on passera d’un coût de plus de mille milliards de dollars à des milliards de dollars de bénéfices grâce à un produit totalement différent et excellent, devraient se rendre compte qu’ils sont manipulés. Plus vous vous sentez obligé de défendre l’IA, plus vous devez la surveiller de près.

Je ne suis pas votre ennemi !
Si vous le pensez, c’est que vous êtes du côté d’une multinationale ou d’un produit. Vous pouvez l’essayer, l’aimer, ça m’est égal, mais dès que je vous vois adopter une attitude condescendante, critique ou agressive envers quelqu’un qui n’est pas d’accord avec vos choix de produits, je me méfie. Vous ne voyez pas comment ces gens agissent ? Vous ne voyez pas à quel point c’est étrange de défendre un truc payant dont le modèle économique est catastrophique ?
Si ce n’était pas à la mode, être fan d’IA serait considéré comme vraiment bizarre. J’attends avec impatience le jour où ça le sera. J’espère que vous aimez qu’on vous répète tout ce que vous dites depuis 2022 !
Je garde tout précieusement. Il est grand temps de tirer votre révérence, alors dépêchez-vous !

Si vous vous sentez mal à l’aise quand les autres critiquent l’IA, c’est bizarre !
Je vois tout le temps des gens dire qu’ils n’aiment pas les Macs. Et alors ?!
Je ne vais pas me battre pour Tim Cook. Chacun est libre de ses choix.

Ceux qui comparent l’IA à AOL qui envoyait des CD par la poste devraient avoir honte. C’est comme si, à chaque fois que vous ouvrez un magazine, un CD AOL vous fonçait sur la tête, que votre patron vous menaçait de vous remplacer par un modem si vous ne vous connectiez pas, et que les infos diffusaient en boucle des reportages du genre « Je n’ai pas reçu d’e-mail : un père oublie son fils à jamais parce qu’il n’était pas en ligne » ou des tables rondes avec des « experts d’Internet » affirmant : « Je suis connecté à Internet en ce moment même, et je suis certain que d’ici 10 ans, AOL Time Warner pourra m’envoyer un e-mail à mon père. »

Imaginez si Shingy était milliardaire et passait à la télé tous les jours en 1999 pour vous annoncer : « Le monde doit se préparer, car vous allez recevoir un message ICQ du Seigneur. »

L’IA générative a été conçue pour exploiter une économie dirigée par des cadres et des managers qui ne travaillent pas. Son succès repose sur une ignorance crasse et généralisée au sein du management, et sa prolifération continue n’est possible que grâce à la confiance aveugle que les médias accordent à l’idée que les PDG sont occupés parce qu’ils travaillent réellement. Pourtant, même un parfait imbécile en affaires finit par se rendre compte que l’on dépense trop d’argent, et le premier de ces crétins à réduire son budget symbolique fera fuir tous les autres.

Il faudrait les fermer. Il faudrait faire honte à tous ceux qui se sont focalisés sur des idées théoriques concernant les capacités et l’avenir de l’IA, pour leur duplicité intellectuelle ou leur ignorance crasse.

À la fin de l’ère de l’IA, la seule chose qui pourra enrayer la corruption qui gangrène notre économie sera d’admettre que la majorité des entreprises sont dirigées par des fainéants, des égocentriques et des incompétents, et de demander des comptes à ceux qui ont refusé de les examiner de près.

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Voilà. Comme d’habitude, Ed Zitron ne mâche pas ses mots !

Jajoute une vidéo de Mo Bitar, cité par Zitron :

Et celle-ci est vraiment bonne pour isoler le problème de l’IA utilisée comme un objectif plutôt que comme un outil :

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Enfin une vidéo sur l’IA qui vaut le coup d’être regardée jusqu’au bout !!

Je viens de découvrir cette vidéo et j’ai tout regardé :

Passionnant, bien raconté (bravo à « Neo Seed ») et plutôt convainquant, selon moi. Depuis le début de cette mode, je pense que les LLM sont peu fiables et surtout bons en « effet démo » ce qui limite beaucoup leur intérêt…

Une autre vidéo de « Neo Seeed » vaut la peine aussi (hein, pendant qu’on y est !) :

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Le livre de la semaine : Au coeur de la machine: Une immersion captivante dans l’industrie automobile contemporaine

Cette semaine, je vous propose un livre captivant si vous êtes un « petrol-head » (un fou de voiture) : le livre de Dave Twohig sur sa carrière au sein de Nissan et de Renault avec, en particulier, le projet de l’Alpine A110. Au coeur de la machine: Une immersion captivante dans l’industrie automobile contemporaine.

Je suis en train de lire son livre (dans la version anglaise dans mon cas) et je suis captivé !

Je vous encourage à regarder aussi ces vidéos :

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Traduction (partielle) d’un article d’Ed Zitron : Où se trouvent tous les centres de données (data centers) ?

Aujourd’hui, je vous propose une traduction du tout dernier article publié par Ed Zitron. J’ai déjà partagé certains de ces écrits sur ce blog…

Article Web par Edward Zitron – Pop Culture

L’arnaque de l’IA générative, encore un (excellent) article de Ed Zitron

Cette fois, je ne vous propose qu’une traduction partielle car l’article en question est très long et détaillé. Mais vous pouvez toujours allez à la source qui est à https://www.wheresyoured.at/where-are-all-the-data-centers/

Allez, on commence, il y a beaucoup à lire !

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Où se trouvent tous les centres de données (data centers) ?

Dans chaque bulle, une chose est indéniablement constante : des choses sont dites, répétées, puis considérées comme des faits. Sam Bankman-Fried était souriant et amical, “milliardaire autodidacte” Le visage de l’industrie crypto. Les NFT étaient présentés comme l’avenir de l’art et allaient révolutionner notre conception de la propriété des médias numériques. Bien sûr, les faits n’ont jamais confirmé ces espoirs. Le trading de NFT était dominé par le wash trading.— Manipulation du marché par l’achat et la vente délibérés d’un actif par deux parties afin d’en faire monter le prix. La cryptomonnaie n’a jamais vraiment décollé au point d’être considérée comme autre chose qu’un actif spéculatif, et les altcoins sont pratiquement morts.

Sam Bankman-Fried n’était milliardaire que si l’on prenait en compte ses milliards de jetons FTX illiquides, mais cela n’a pas empêché les gens de dire qu’il voulait sauver le monde, des semaines après l’effondrement de Terra Luna, une cryptomonnaie “stable” contre laquelle il avait lui-même parié et dont il a peut-être contribué à l’effondrement.

Trois mois avant son arrestation, un journaliste de CNBC s’est rendu aux Bahamas pour entendre SBF raconter comment “Il a survécu au krach boursier et a même étendu son empire. La réponse étant qu’il avait « amassé une somme importante d’argent liquide, réduit ses frais généraux et éviter de prêter », contrairement à la vérité, qui était « un crime ».

Le château de cartes de l’IA !

Le problème, c’est qu’avant chaque scandale, il y a toujours quelqu’un qui vous assure avec force que tout va bien. Tout semble réel parce qu’il y assez preuve, « une preuve suffisante » étant le témoignage convaincant d’une personne affirmant que « la majeure partie du volume de FTX provient de clients effectuant des transactions d’au moins 100 000 $ par jour », lorsque le volume réel a été manipulé par FTX lui-même et les “100 000 $ par jour de fonds clients” étaient utilisés par FTX pour soutenir son jeton en difficulté.

Au final, la « preuve » que SBF était riche et que FTX était solvable résidait dans le fait que personne n’avait demandé son argent et que rien de grave n’était arrivé à personne. SBF était seize fois milliardaire parce que suffisamment de gens avaient affirmé que c’était vrai.

Quoi qu’il en soit, l’une des idées reçues les plus répandues concernant la bulle de l’IA est que des quantités massives — de l’ordre du gigawatt — de centres de données ont à la fois déjà été construits et continuent d’être construits… mais quand on regarde de plus près, les choses deviennent un peu plus floues. 

Alors que le rapport de Wood Mackenzie indiquait qu’il y avait 25 GW de capacité de centres de données supplémentaires ont été ajoutés au projet au quatrième trimestre 2025 mais sans préciser le montant des mises en ligne. CBRE avait indiqué en février dernier qu’une  absorption nette de 2497 MW  avait eu lieu sur les marchés primaires en 2025. D’autres rapports indiquent qu’entre 700 MW et 2 GW de capacité ont été absorbés chaque trimestre en 2025. À l’époque, j’ai pris contact et j’ai demandé des précisions sur la méthodologie en question, mais je n’ai reçu aucune réponse.

Bon, je sais que des centres de données sont en construction et qu’ils existent déjà. Je crois qu’une certaine capacité est en cours de mise en service.

Mais des gigawatts ? Ou même des centaines de mégawatts ? Quelle est la capacité d’un de ces centres de données ? Est-ce que ça va vraiment être mis en ligne ?

Pourquoi Anthropic s’est-elle retrouvée dans une situation si désespérée qu’elle a repris un centre de données vieux de plusieurs années, Colossus-1 de xAI, rempli de puces encore plus anciennes d’un concurrent (une dont le PDG a qualifié l’entreprise de « maléfique ») et l’usine fait face à une action en justice intentée par la NAACP concernant des allégations selon lesquelles ses turbines à gaz polluent les quartiers voisins ?

N’oubliez pas que Colossus-1 est un centre de données atypique, avec environ 200 000 GPU H100 et H200 et un nombre indéterminé de Blackwell GB200, pour une capacité totale d’environ 300 MW… ce qui n’est pas si énorme si l’on parle de gigawatts construits chaque trimestre, n’est-ce pas ?

J’ai donc deux questions très simples à poser : combien de temps faut-il pour construire un centre de données, et quelle est la capacité réelle des centres de données qui sont réellement et actuellement mis en service ?

Ces questions apparemment simples sont étonnamment difficiles à répondre. Il existe très peu d’informations fiables sur les centres de données en construction, et celles qui existent sont constamment brouillées par des reportages de piètre qualité (affirmant que les projets incomplets sont « opérationnels »parce que certaines parties d’entre elles se sont allumées par exemple), et l’absence de toute demande de transparence de la part des investisseurs. Les géants du cloud ne divulguent ni le nombre de centres de données qu’ils ont construits, ni leur capacité disponible.

Je trouve cela totalement inexcusable, étant donné qu’Amazon, Google, Meta et Microsoft ont investi plus de 800 milliards de dollars en dépenses d’investissement (et davantage si l’on inclut les investissements dans Anthropic et OpenAI) au cours des trois dernières années..

Alors je suis allé voir, et ce que j’ai trouvé était déroutant.

Voilà ce qui restera des centaines de Milliards dépensés !

Définition de « construit » et « opérationnel »

Vous allez donc entendre des gens dire “eh bien Ed, les centres de données sont en cours de construit” et ce dont je parle, ce sont les centres de données qui ont été entièrement construit puis démarrés et raccordés au réseau. Il est vraiment très facile de trouver des centres de données qui sont en cours de construction mais, comme je l’ai évoqué par le passé, cela peut aller d’un amas d’échafaudages à un centre de données presque achevé..

Or, trouver ces derniers est extrêmement difficile. J’ai passé la semaine dernière à rechercher des centres de données dont la construction a débuté en 2023 ou 2024 et qui sont désormais achevés, et mes recherches sont étonnamment infructueuses. Certains projets sont bloqués dans un chantier interminable, aux prises avec les services d’urbanisme pour obtenir les permis, d’autres avancent lentement, sans véritables avancées, et d’autres encore, comme c’est le cas pour le centre de données de Nscale à Loughton, en Angleterre, n’ont pratiquement rien fait pendant la majeure partie de l’année. Certains ajoutent sans cesse de la capacité à la commande afin de continuer à engranger des factures de construction, tandis que d’autres affirment que leurs centres de données sont « opérationnels » alors qu’une seule phase est en service.

Il faut également savoir que même une fois la construction terminée, les bâtiments eux-mêmes doivent être entièrement équipés du matériel de refroidissement, d’alimentation électrique et informatique nécessaire, après quoi ils peuvent être configurés pour répondre aux spécifications d’un client (ce qui peut prendre des mois), et c’est seulement à ce moment-là que la malheureuse personne qui construit l’installation peut réellement commencer à gagner de l’argent.

Construire un centre de données est difficile, et personne n’a encore construit de centre de données d’une capacité de 1 GW.

Je pense qu’il est également pertinent de revenir sur la complexité de la construction de centres de données et sur l’ampleur de ces nouveaux projets.

Cela commence par un constat très simple : personne n’a encore construit de centre de données de 1 GW (précisons qu’il s’agit généralement d’un campus composé de plusieurs bâtiments interconnectés). Il existe des campus — comme Stargate Abilene — qui promettent d’atteindre 1,2 GW, mais depuis près de deux ans, il y a juste deux bâtiments supportant chacun une charge informatique critique d’environ 103 MW. avec, d’après des discussions avec des sources ayant une connaissance directe de l’infrastructure d’Abilene, un troisième bâtiment entièrement construit mais pratiquement sans équipement à l’intérieur.

C’est tout simplement aberrant de voir autant d’entreprises différentes essayer de construire ces choses-là, étant donné la difficulté que représente même la construction du centre de données le plus simple.

Prenons l’exemple du centre de données Edge d’American Tower Corporation à Raleigh, en Caroline du Nord, dont je parlerai plus loin. Il s’agit d’une installation de 1 MW (soit un millième de la taille d’une installation d’un gigawatt), occupant initialement 4 000 pieds carrés (environ 372 m²) et pouvant s’étendre à 16 000 pieds carrés (environ 1 486 m²) si ATC parvient à atteindre une puissance de 4 MW. C’est environ deux fois plus grand qu’une maison américaine typique. Et, du début des travaux à l’inauguration, il a fallu onze mois pour la construire. Sans compter toutes les autres étapes fastidieuses, comme la recherche du terrain, l’obtention des permis, etc.

Et ce n’est qu’un exemple relativement modeste. Et ces gens veulent construire des campus de centres de données mille fois plus grands. Voyez comme c’est difficile !

En réalité, c’est tellement complexe que les entreprises ne peuvent pas tout construire d’un coup. Les grands campus de centres de données sont presque toujours divisés en « phases », en partie parce que c’est la méthode de construction la plus judicieuse, et en partie dans le but avoué de vous convaincre qu’ils sont « pleinement opérationnels ».

Par exemple, MacKenzie Sigalos de CNBC a rapporté en octobre que le centre de données Project Rainier d’Amazon, situé dans l’Indiana et censé avoir une capacité de 2,2 GW, était “opérationnel”, alors que seulement sept des trente bâtiments prévus l’étaient réellement. Elle a également ajouté : « Deux autres campus [de capacité indéterminée] sont en construction. » Cette remarque était noyée sous deux vidéos et 600 mots dans un article affirmant que le centre de données était « désormais opérationnel », dans le but manifeste de vous faire croire que l’ensemble du système était opérationnel.

Il faut lui reconnaître au moins le mérite de ne pas avoir copié-collé le mensonge éhonté d’Amazon, qui prétendait que Rainier était pleinement opérationnel dans un communiqué de presse publié le même jour. Vous remarquerez également qu’Amazon ne fournit jamais aucune précision quant à la capacité réelle du Rainier.

Sigalos a fait exactement la même chose lors de l’ouverture du premier (des huit) bâtiments de Stargate Abilene, on a déclaré que « le premier centre de données d’OpenAI dans le cadre du projet Stargate de 500 milliards de dollars est ouvert au Texas », enfouissant le commentaire selon lequel un seul était opérationnel, alors qu’un autre était presque terminé plusieurs centaines de mots plus tôt.

Il s’agit là de tentatives délibérées pour masquer l’avancement réel de la construction des centres de données, et pour être honnête, j’ai passé des mois à essayer de comprendre pourquoi de grandes entreprises, censées construire de vastes zones de centres de données, s’y prendraient ainsi.

À moins, bien sûr, que les choses ne se déroulent pas comme prévu.

=== ici, j’ai supprimé la plus grande partie de l’article qui revenait en détail,sur les difficultés qu’on les grands acteurs -tous les grands acteurs !- à tenir leurs promesses en la matière… et j’ai sauté directement à la conclusion ===

La crise de la construction des centres de données ne fait que commencer.

Prenez un centre de données. Il est probablement à peine en construction, ou s’il est “terminé”, il est en réalité “partiellement achevé”, sans aucune indication quant à la date de fin des travaux.

Vous vous souvenez de ce contrat de 17 milliards de dollars signé entre Microsoft et Nebius ? Celui qui explique en grande partie la flambée du cours de l’action Nebius ? 

Eh bien, son existence repose sur la poursuite de la construction d’un centre de données à Vineland, dans le New Jersey, qui se heurte à une forte opposition locale. Plusieurs sources confirment désormais que les travaux sont à l’arrêt en raison de problèmes d’urbanisme. Le centre de données accuse déjà un retard considérable, et Microsoft a la possibilité de résilier l’intégralité du contrat si Nebius ne respecte pas les échéances fixées.

Ce centre de données est l’une des principales raisons pour lesquelles les actions de Nebius sont si valorisées ! 

Sans lui, l’entreprise ne peut générer aucun revenu ! 

Elle bénéficie des fonds et de la bénédiction des plus hautes instances de Redmond – le Mandat Céleste ! – et pourtant, elle est incapable de mener à bien ses projets ! 

C’est alarmant et révélateur d’un problème plus vaste au sein du secteur : la construction de centres de données est extrêmement complexe et, la plupart du temps, ils ne sont jamais achevés !

Vous avez sans doute entendu parler de centres de données qui ont fait l’objet d’oppositions ou ont été annulés – mais qu’en est-il de ceux qui ont finalement ouvert leurs portes ? 

Si vous en avez entendu parler, n’hésitez pas à me contacter, car ils sont extrêmement rares.

Pourquoi n’en savons-nous rien ? Il s’agit apparemment du mouvement technologique le plus important depuis la dernière justification inventée de toutes pièces. Ne devrions-nous pas avoir une idée concrète de la situation ? Car, à mon avis, si ces technologies ne sont pas disponibles au rythme prévu, nous devons exiger de NVIDIA des éclaircissements fondamentaux sur l’état actuel des GPU et leur date de disponibilité.

La valorisation sans cesse croissante de NVIDIA repose sur l’idée qu’il y a toujours plus de demande pour les GPU, et c’est peut-être vrai, mais si cette demande est basée sur la vente de puces deux ans à l’avance, alors le rythme de renouvellement annuel de NVIDIA est totalement absurde. Achetez les GPU d’aujourd’hui ! 

Ce sont les meilleurs, du moins pour l’instant. Au moment où vous les brancherez, ils seront vieux et obsolètes. Mais ne vous inquiétez pas, il vous faudra aussi deux ans pour installer le prochain !

Soyons clairs : des GPU Blackwell sont bel et bien installés ! 

Mais trois millions ?

On utilise souvent l’exemple de « l’équivalent de la consommation de deux villes » pour illustrer ce point, mais il me semble plus pertinent de prendre des exemples concrets de centres de données.

La construction des deux bâtiments de Stargate Abilene, représentant environ 103 MW de charge informatique critique, a pris deux ans. Trois millions de GPU B200 correspondent à environ 3,6 GW de charge informatique. Croyez-vous vraiment que près de trente-cinq bâtiments de la taille de ceux de Stargate Abilene ont été construits en 2025 ? 

Si oui, où sont-ils situés, exactement ?

On pourrait objecter que d’autres centres de données sont plus petits et donc plus faciles à construire. Alors pourquoi est-ce si difficile de trouver des exemples de centres construits de cette manière ?

N’hésitez pas à me prouver le contraire ! 

C’est pourtant simple ! 

Montrez-moi un centre de données annoncé ou dont la construction a débuté en 2023 et apportez-moi la preuve irréfutable de sa mise en service. Je vous croirai même s’il est partiellement ouvert !

Le problème, c’est que je ne trouve que des exemples de centres « partiellement achevés », et ce sont les seuls exemples de centres de données « terminés ».

N’est-ce pas un peu absurde ? 

On n’entend parler que de ça depuis des années, tout le monde agit comme si ces centres existaient à une échelle dont je doute fort !

Je m’attends à quelques soupirs d’exaspération et à des « bien sûr qu’ils vont être mis en service » de la part des sceptiques, mais franchement, c’est quand même bizarre, non ? Même si vous voulez vous allier à Sandisk et appeler vos enfants « Western » et « Digital », pourquoi ne pas affirmer haut et fort que plusieurs centres de données sont opérationnels ? 

On a des « preuves » à grande échelle, mais dès qu’on s’intéresse un tant soit peu aux détails, on trouve des types les mains sur les hanches qui disent : « Désolé, mon pote, ça va coûter 4 millions de dollars de plus ».

Il y a quelque chose qui cloche, et c’est exactement le genre de décalage qui se produit dans une bulle spéculative : quand la réalité des infrastructures se déconnecte des chiffres. NVIDIA gagne des centaines de milliards de dollars, et on ignore quelle part provient des GPU installés dans les centres de données opérationnels. On a l’impression que Jensen Huang a orchestré la plus grande campagne de précommandes de tous les temps.

Cela a des conséquences majeures en aval. Les obligations de performance restantes de Sandisk, Samsung, SK Hynix, Broadcom, AMD, Microsoft, Google, Oracle et Amazon s’élèvent à [trouver] et dépendent de leur capacité à vendre des gigawatts de puissance de calcul ou d’accès à la puissance de calcul. Si la construction des centres de données ne se fait pas dans un délai raisonnable, l’avenir de ces entreprises est directement lié à la réalisation des projets de construction. Même en supposant qu’Anthropic devienne une entreprise valorisée à 2 000 milliards de dollars et un client de Google à hauteur de 200 milliards de dollars, la capacité de calcul nécessaire à la vente doit exister, or elle ne semble pas être en construction ou, dans de nombreux cas, n’a pas dépassé le stade des premières phases de construction.

Si ces infrastructures ne sont pas construites dans les prochaines années, il n’y aura pas de place pour le stockage SSD ni pour les GPU Instinct. NVIDIA n’avait aucune raison non plus de réserver la majeure partie des capacités de TSMC.

De même, il n’y a pas lieu de s’enthousiasmer pour Bloom Energy, car l’entreprise ne générera pas de revenus significatifs tant qu’Oracle n’aura pas terminé ses centres de données, ce qui pourrait arriver d’ici deux ans, voire jamais.

Et si ces infrastructures ne sont pas construites, des centaines de milliards de dollars auront été gaspillés, dont une grande partie financée par des crédits privés, eux-mêmes financés par les fonds de pension, les retraites et les assurances.

J’ai un mauvais pressentiment là.

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Source https://www.wheresyoured.at/where-are-all-the-data-centers/ 

 

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J’ai terminé de lire le rapport Alloncle : ce que je peux en tirer…

J’ai mis un certain temps à me coltiner ces 550 pages car cette lecture était souvent rébarbatives et quelquefois carrément désolante tellement les scandales révélés (et il y en a quelques-uns !).

J’en ai déjà parlé la semaine dernière :

Le rapport de LA COMMISSION D’ENQUÊTE sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, le sujet du moment !

Rapport Alloncle : quelques premiers extraits et un premier enseignement…

Comment résumer tout cela ?

Difficile car il y a de nombreux sujets et certains de ces sujets ne concernent et n’intéressent que les spécialistes du domaine… Cependant, on peut quand même dégager quelques pistes :

  • L’arcom ne fait pas son travail. Ses membres ont même du mal à expliquer leur mission et comment l’appliquer !
  • La neutralité éditoriale est inexistante et les acteurs concernés ne font même pas semblant de s’en excuser (affaire Chen-Legrand par exemple mais il y en a d’autres !).
  • La fameuse « mission de service public » dont les bien-pensants nous rabattent les oreilles, on serait désormais bien en mal de l’identifier dans l’incroyable nombre de chaines différentes… Déjà, pourquoi autant de chaines ?
    Il y en a plus de 130 !!
    Sources de gaspillage éhonté (et, bien sûr, jamais reconnu même quand les chiffres sont accablants) et de n’importe quoi bien éloigné de la « mission de service public » oubliée et bafouée depuis bien longtemps.
  • Conflits d’intérêts multiples entre les dirigeants des chaines publiques et les sociétés de production mandatées pour de trop (bien trop) nombreux programmes : on passe de l’une à l’autre allégrement avec les avantages qu’on imagine.
  • Au niveau gaspillage et même détournement d’argent public, on peut dire que toutes les limites sont franchies : depuis des notes de frais somptuaires aux avantages en nature excessifs, on voit de tout et du pire !

Enfin, pour finir, il y a une pépite et une énième polémique… Tout d’baord, la pépite, ce sont les révélations sur la désignation et la reconduction de l’affreuse Delphine Ernotte (je ne comprend pas qu’on puisse soutenir cette harpie !) qui n’a pas hésité à s’emparer du programme d’un autre candidat… On croit rêver !

La polémique concerne la fameuse intention de privatisation. Comme quoi cette commission était un cheval de Troie pour préparer une future privatisation de France-Télévision… Mais ce que le rapport révèle, c’est surtout que cette privatisation a déjà largement commencé : l’externalisation excessive des programmes (mêmes les plus basiques et les plus faciles à réaliser en interne) profite déjà aux boites de production qui s’en frottent les mains (et on comprend pourquoi vu les tarifs pratiqués !).

Enfin, on constate que cette commission a fonctionné tout le long dans une atmosphère délétère : les membres s’opposaient les uns aux autres depuis le début et jusqu’à la décision de publier ou pas (le rapport a finalement été publié et c’est un miracle !).

Ce rapport et le travail de cette commission nous en apprend beaucoup sur l’affaiblissement de l’assemblée nationale dans son ensemble : le souci du bien public est désormais secondaire face aux minables disputes de partis. Les conséquences futures sont faciles à anticiper : oui, l’audiovisuel public finira par être privatisé (et, j’insiste, c’est déjà en partie le cas). Non, l’audiovisuel public n’est PAS une nécessité absolue, en tout cas pas dans sa forme actuelle. Enfin, le parlementarisme n’est pas une institution formidable qu’il faudrait préserver à tout prix. Il s’agit plutôt d’un système qui est à bout de souffle, tout comme l’audiovisuel public d’ailleurs.

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La belle au bois dormant ou la preuve que les wokistes sont des hystériques…

La belle au bois dormant (de Charles Perrault, rappel) est un livre ignoble puisque l’horrible « prince charmant » embrasse la belle princesse sans son consentement !

Horreur, malheur, à bannir, mais que fait donc la brigade de la « cancel culture » ?

Sauf que, la fameuse scène du baiser n’existe simplement pas dans le livre original de Charles Perrault… Voir cette vidéo (non, je ne me suis pas trimé de vidéo, l’auteur y parle aussi de Gisèle Pélicot après…) que j’ai fait débuter au moment où cet auteur dévoile la vérité…

Conclusion simple et définitive : les wokistes (tous les wokistes) sont des hystériques qui font chier le monde (pardon my french!) pour des broutilles qui n’existent même pas !

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Le livre de la semaine (il faut lire !) : Milliardaires d’un jour – Splendeurs et misères de la nouvelle économie

Il y a quelques semaines, j’avais promis que je vous donnerais un retour sur un livre découvert grâce à un autre livre :

Le livre de la semaine (il faut lire !) : l’ange exterminateur, la vraie vie de Bernard Arnault

Nous y voilà, il est temps d’en parler à travers cette courte vidéo…

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Rapport Alloncle : quelques premiers extraits et un premier enseignement…

Je continue à lire intgralement ce rapport. C’est long mais, à partir de la page 110, ça démarre enfin !

Voici un extrait de ce que j’ai trouvé page 86 :
« L’archipélisation » de notre société, selon le concept de Jérôme Fourquet,
induit une polarisation des opinions, et une radicalisation des postures, que la
diffusion de « fake news », parfois émanant même de responsables d’entreprises
publiques, et les tentatives d’ingérences étrangères n’aident pas à modérer. Le
constat d’une dilution du commun est patent : il est renforcé par la diffusion, en
particulier dans la jeunesse, de formats ultra-courts et addictifs. Selon la belle
formule de Régis Debray (Le Moment Fraternité), nous sommes entrés dans un
« présent qui clignote, mais qui n’éclaire pas ». Dans ce contexte, l’audiovisuel
public doit jouer un rôle de premier plan : celui de contrepoint.
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Cette citation (présent qui clignote) me parait être bien trouvé pour caractériser notre époque…

L’Archipel français

Le terme d’archipellisation provient de l’essai L’Archipel français : une nation multiple et divisée, essai du politologue Jérôme Fourquet paru en 2019 aux éditions du Seuil. Cet ouvrage au fort retentissement (plus de 100.000 exemplaires vendus) a en particulier nourri le débat public sur le communautarisme, l’intégration ou le séparatisme. Au delà des « îlots » les plus classiques (islam, etc.), il identifie aussi la déconnexion des « élites », qui s’est en particulier révélé lors de la Crise du COVID.

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L’archipellisation de la société

« Au terme de ce long travail, l’image qui nous est venue à l’esprit et qui correspondait le mieux à ce que nous avions découvert était celle de l’archipel, c’est-à-dire une constellation d‘îles et ilots, qui ont en commun un certain nombre de caractéristiques et entretiennent des relations, mais qui sont séparés. Les îles et les îlots peuvent être très nombreux et de tailles différentes. Sans idéaliser un temps passé et révolu, dans laquelle notre société aurait été homogène – ce qui n’a jamais été le cas – on peut néanmoins constater que le degré de fragmentation ou d’archipellisation de la société française est sans précédent. »

— Jérôme Fourquet

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Ce second extrait n’est PAS issu du rapport, c’est moi qui vient de le trouver pour avoir une définition de cette notion d’achipélisation…

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Neutralité ? Pas pour nous !

à propos de la notion centrale de « neutralité » (page 105 du rapport) :
À cet égard, les auditions ont été révélatrices. Plusieurs journalistes et
cadres dirigeants de l’audiovisuel public ont en effet ouvertement relativisé, voire
rejeté, l’obligation de neutralité qui leur incombe. M. Patrick Cohen a ainsi déclaré :
« Évidemment, je ne suis pas neutre ; personne ne l’est dans ce métier. » M. Samuel
Étienne a affirmé que « la neutralité n’existe pas » et qu’il considérait « ce concept
comme un mirage ». M. Gilles Bornstein a estimé quant à lui que le mot « neutre »
ne voulait « pas dire grand-chose ». Mme Sibyle Veil, présidente-directrice
générale de Radio France, a, quant à elle, déclaré que « personne n’est totalement
neutre ». Ces déclarations ne sont pas de simples nuances : elles traduisent une
méconnaissance de la portée juridique de ce principe de neutralité, voire une forme
de laxisme.
Par ailleurs, le président de la commission a versé aux débats un tract
intersyndical CGT-CFDT-Sud de France Télévisions de juin 2024 dans lequel des
journalistes, techniciens et administratifs déclaraient ne pas accepter « de rester
neutres, ni de rester impartiaux ». Que des salariés d’un opérateur public
revendiquent publiquement et collectivement le droit de s’affranchir d’une
obligation légale constitue un fait que la commission ne saurait minorer.
Par ailleurs, M. Martin Ajdari, président de l’Arcom, a déclaré devant la
commission des affaires culturelles le 8 octobre 2025 qu’« imaginer une totale
neutralité, ce serait presque contre-productif pour une institution qui a vocation à alimenter le débat démocratique ». Reconnaître que la neutralité parfaite est
inaccessible n’autorise cependant pas à conclure qu’elle est sans portée. C’est
précisément parce que ses contours sont difficiles à tracer que son application exige
davantage de rigueur.
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Significatif, non ?

Autre extrait, page 110 :

Lors de son audition,

M. Martin Ajdari a indiqué à ce sujet que l’Arcom a entamé une « réflexion (au) mois de septembre (2025) qui vise à objectiver et à préciser la notion d’impartialité, à mesurer la perception et les attentes du public concernant le service public et, enfin, à évaluer les outils existants au sein des sociétés audiovisuelles publiques pour, le cas échéant, les compléter, en s’inspirant des meilleures expériencces observées à l’étranger » (1). C’est la raison pour laquelle l’institution a confié une mission à M. Bruno Lasserre pour préciser ces concepts dans un rapport dont les conclusions sont attendues à la fin du mois de mai 2026.

Ce constat soulève une difficulté juridique que ni l’Arcom – ni avant elle le CSA – ni le Conseil d’État n’ont jusqu’ici résolue : comment ces institutions ont-elles pu appliquer et sanctionner le principe d’impartialité sans en avoir jamais arrêté de définition ? Les décisions rendues en la matière reposent sur une notion dont le contenu précis n’a jamais été fixé par le législateur, ni explicité par le régulateur.

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Bonne question !

Autre extrait page 112 :

Une présentation incomplète des intervenants, au détriment de la

sincérité de l’information

Le 10 janvier 2026, dans l’émission « Vrai ou Faux » sur Franceinfo,

M. Christophe Ventura a été présenté comme un simple « spécialiste de l’Amérique

latine » (1), alors qu’il est un ancien membre du Parti de gauche, formation à

l’origine de La France insoumise, et un soutien public du dictateur Hugo Chavez. (2)

L’épisode est d’autant plus problématique que l’émission se prévaut

précisément d’une mission de fact-checking. Entendue par la commission,

Mme Muriel Pleynet, directrice adjointe de l’information et directrice de France

Info TV, a elle-même postérieurement reconnu le manquement : « Tous nos

intervenants en plateau, tous nos invités, doivent être présentés correctement et de

façon complète. S’ils ont un engagement politique quel qu’il soit, il doit être

mentionné. ». (3) M. Alexandre Kara, ancien directeur de l’information de France

TV, a pour sa part, admis : « Si M. Ventura a été mal présenté, c’est effectivement

une erreur. » (4)

===

Et suit plein d’autres exemples de présentations incomplètes ou biaisées des intervenants, une pratique érigée en système.

Issu de la page 114, à lire et à apprécier !!

Cet autre exemple « d’approximation » est édifiant !

Et que fait l’ARCOM dans ces cas ?
Eh bien, il apparait clairement que l’ARCOM ne fait rien !

Oui, certes, on aurait dû intervenir, sanctionner mais, vous comprenez, il y a tellement de cas que, bon, la flemme quoi !

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Je continue à lire mais je vous avoue qu’il faut s’accrocher pour ne pas tomber de sa chaise ça et là !

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Effondrement du niveau : « c’est quoi ânonner ? »…

Vu sur X hier à https://x.com/Gdams70/status/2052034765247701122?s=20 :

Le détail qui tue (et qui est hautement significatif), c’est quand le type qui mène l’interview demande à la jeune prof « C’est quoi ânonner ? »… Lui-même est le symbole de cet effondrement !!

Et il faut voir la prof se mordre les lèvres avant de lui répondre « c’est lire syllabes par syllabes » (le mot « syllabe », il le comprend ?)…  Eh oui, on en est là !!

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Le rapport de LA COMMISSION D’ENQUÊTE sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, le sujet du moment !

Alors que la gauche proteste d’une seule voix contre ce rapport, cela prouve qu’il doit contenir des révélations intéressantes (ou désolantes…) !

Les gauchiasses en PLS !

En attendant, ce rapport, il faut le lire !
Et comme il fait plus de 500 pages, ça demande un peu de temps… J’ai commencé cette lecture bien sûr et, pour le moment, je me rend compte que c’est difficile à lire et assez mal rédigé (ou, au moins, assez mal organisé au niveau de son contenu…).

Certaines phrases donnent le ton tout de même et ce dès le début. Le type de l’Arcom qui se plaint (comme une pleureuse) « que le terme « neutralité » n’est pas assez bien défini » par exemple !

C’est pourtant simple et présent dans n’importe quel dictionnaire :

La neutralité est une notion essentiellement neutre . Elle qualifie avant tout l’abstention de celui qui reste en dehors d’un conflit et qui n’exprime pas ouvertement d’opinion sur l’un ou l’autre camp. En droit international, la neutralité est l’opposé de la belligérance.

Lorsque j’en aurais terminé lecture, je vous proposerais une synthèse de ce que j’en ai compris/retenu…

Il est disponible en intégralité à cette adresse => https://lcp.fr/sites/lcp.fr/files/2026-05/l17b2698-t1_rapport-enquete.pdf

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Le ballet des chiots.tes : l’écriture inclusive est vulgaire !

100% d’accord avec cet auteur !

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Mon livre « SimRacing, découverte & progression » est disponible en 5ème édition !

C’est toujours un grand moment d’annoncer qu’un nouveau livre est enfin disponible !

Bon, là, ce n’est pas tout à fait un nouveau livre mais comme cette 5ème édition a représenté un gros travail, c’est tout comme…

SimRacing, édition 5 – Version Kindle – Version Papier – première publication en juillet 2009.

Il y a encore quelques menus problèmes comme la nouvelle couverture du livre broché qui ne s’affiche pas, c’est encore l’ancienne (alors que celle du livre relié, c’est bien la bonne !)… Il faut encore un peu de temps pour qu’Amazon finisse ses mises à jour on va dire. Mais voilà, je suis très content !

Cette version représente un gros travail d’actualisation et de réflexion globale sur le contenu de ce livre. Je suis heureux de l’avoir mené et surtout de l’avoir terminé !

Ce livre était en pause depuis 6 ans, c’est reparti.

 

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Visite du musée automobile de Mulhouse : simplement extraordinaire !

A l’occasion de l’expo temporaire sur la F1 qui se tenait au musée de l’automobile de Mulhouse, je m’y suis rendu avec deux de mes fils (les plus passionnés par cette matière) ce samedi et je peux vous le dire : ça vaut vraiment le coup !

Il y a de nombreuses vidéos sur YouTube pour préparer ce genre de visite à ce musée mais je vous en recommande deux :

Celle-ci tout d’abord pour comprendre les origines (tumultueuses !) de ce musée et de cette collection exceptionnelle…

Et celle-là pour préparer au mieux sa visite car, croyez-moi, il y a de quoi voir !!

En vérité, on en prend plein les yeux dès les premières minutes et on en sort étourdis au bout de quelques heures… Voici quelques photos pour illustrer la richesse incroyable de ce musée unique au monde (oui et ce n’est pas exagéré !) :

Cette visite était riche en émotions et en découvertes uniques. Je ne peux que vous recommander chaudement ce déplacement (bon, c’est loin mais ça vaut la peine !).

Ce n’est pas la première fois que je vous partage une visite de musée automobile ou moto :

Visite au musée des 24 heures du Mans…

Visite du musée Porsche à Zuffenhausen…

Une petite visite au Revs Institute : les américains aiment les voitures !

 

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