Un nouveau livre : Dr Miracle, saison 73

Après plus d’un an d’effort (j’avoue, j’ai eu du mal avec cet ouvrage et ce n’est que lors de ces derniers mois que j’ai pu vraiment m’y mettre), voilà enfin ce nouveau volume de Dr Miracle : la saison 1973.

Mon 34ème livre : Dr Miracle, saison 1972 (tome 3 de la série « Dr Miracle »).

Un nouveau livre disponible : Dr Miracle, saison 1971

Un nouveau livre : Dr Miracle, saison 1970

Comme d’habitude, disponible sur Amazon (d’abord en version Kindle mais les versions papier vont suivre très vite). Voici un extrait de l’introduction pour situer l’argument :

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Le concept

Raconter comment les choses se sont passées est souvent la préoccupation de l’écrivain, que ce soit pour des ouvrages de fiction ou non. Cette fois, l’idée est d’imaginer qu’on ait eu accès aux coulisses de l’exploit et de raconter comment cela a pu se dérouler. En effet, derrière chaque victoire, il y a des héros inconnus, et une histoire non dite qui explique la tournure inattendue des circonstances…

C’est précisément ce que j’ai voulu saisir, c’est exactement ce que je vous propose de découvrir. Bien entendu, notre « Dr Miracle » est complètement fictif. Il n’a jamais existé ou, plus exactement, il n’y a jamais eu un seul « Dr Miracle », mais bien une multitude d’acteurs de l’ombre, tirant les ficelles afin de produire les triomphes qui résonnent encore dans les mémoires.

Cela s’est vérifié maintes fois dans l’histoire politique et militaire, de même que dans le monde du sport. Je vous invite donc ici à jeter un coup d’œil derrière le rideau de la scène des sports mécaniques, à plonger en plein dans l’âge d’or de ces courses : les années soixante-dix, quand la technique de pointe s’impose enfin (tel l’aérodynamisme) afin d’accélérer le développement et les performances. On quitte l’ère héroïque des Fangio et des Jim Clark pour entrer de plain-pied dans l’ère des ailerons, des pneus larges et des hurlements suraigus des moteurs poussés à leur paroxysme.

Mais, comme toujours, cette débauche de moyens et de sophistication ne sert à rien s’il n’y a pas un stratège, capable de voir loin et de comprendre comment orchestrer ces forces en puissance afin de les orienter vers la victoire. Dr Miracle n’est pas un gourou, ni un coach, ni un manager, c’est tout cela à la fois avec une pointe d’astuce et de chance. Entrez dans les stands avec lui, vous allez découvrir les courses de motos, de protos et de F1 comme vous ne les avez jamais vues !

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Ce 4ème volume est donc centré sur la saison 73. On y retrouve les habitudes d’Yves Lefranc (le var nom de Dr Miracle) : aller à Daytona pour les 200 miles moto et au 24h du Mans pour soutenir l’écurie Matra mais, cette fois, il consacra la plus grande partie son année à la Formule un… Il se trouva confronter à la politique de recrutement des écuries pour le compte de Marlboro… Et, en mission annexe, il faut chargé par Rodney Gould d’approcher Agostini pour le faire basculer chez Yamaha…

Le prochain volume sera évidemment consacré à la saison 74 mais ne l’attendez pas tout de suite, je dois d’abord finir mon ouvrage sur Moto Journal !

Qu’est-il arrivé à Moto Journal ? – Maintenant, le livre ! – quelques nouvelles…

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Deux minutes suffisent pour situer le niveau de connerie des merdias actuel…

Deux minutes, il suffit de deux minutes en écoutant Lordon mettre les points sur les i :

Et ce n’est pas propre au journal « Le Monde » (qui mérite bien sur surnom : l’immonde). En vérité, toute la sphère médiatique habituelle (les merdias traditionnels qu’on appelle aussi les médias « mainstream) est de ce niveau : au sol, zéro, plus aucun signal valable détectable.

Cela est devenu un test d’intelligence : demandez aux gens autour de vous s’ils regardent la TV ou lisent ces journaux… Si jamais la réponse est oui, fuyez.

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Les narratifs dominent la société : l’exemple du narratif sur l’IA et les robots

Dans ma vidéo ci-dessous, @canardeur8390 me demandait « Question hors-sujet de ma part : quel est votre avis, votre réaction sur l’interview d’Elon Musk du 23 juillet dernier par The Economist ? ». Ce à quoi je répondais immédiatement : « Je n’ai pas de réaction à vous proposer car je n’ai pas lu cette interview !
Mais je vais essayer de creuser la question… ». @canardeur8390 me répliquait aussitôt « Merci de votre retour ; il ne s’agit pas de LIRE mais de VISIONNER l’interview. »… Ce que je fis…

Bon, j’ai pu écouter une partie de cette interview, celle où il parle d’IA et de robot (son sujet favori du moment, Mars, il en parle moins dernièrement…). Je suppose que c’est cette partie qui vous intéresse, right?

Il faut se rappeler que Musk fait partie de ces gens qui ont intérêt à ce qu’un certain narratif continue à se développer et soit repris par les médias, tous les médias. Ce narratif est un mixte d’espoirs et de terreurs d’un niveau inédit. Mais ce n’est rien de plus que cela : un narratif. Notre société est dominée par les narratifs diffusés par les marionnettistes (ceux qui tirent les ficelles) : réchauffement climatique, guerres inévitables et ainsi de suite. L’IA et les robots est pile dans ce que j’appelle le solutionnisme : les périls qui nous menacent sont terribles mais, rassurez-vous braves gens, nous avons la solution (à tout). Je ne crois pas une seconde au narratif autour de l’IA et des robots. Certes, il y a une tendance à vouloir progresser dans cette direction et avec quelques (maigres) résultats. Mais obtenir des résultats significatifs va prendre un temps considérable, bien plus que dix ans. Souvenez-vous des voitures autonomes : promise en 2016, dix ans après, on voit bien qu’on en est encore loin.

Faut-il le répéter encore ?

Les évolutions techniques importantes (et qui pourrait nier que l’IA et la robotique ne sont pas importantes ?) prennent du temps pour devenir significatives. Encore une fois, je vous renvoi à mes articles sur ce sujet :

Mise à jour de « L’échelle Lefebvre : comment estimer le temps nécessaire aux innovations techniques »

Mais les solutionistes ne veulent pas attendre : le narratif doit produire ses effets maintenant afin de pouvoir ramasser les bénéfices tout de suite (et, en la matière, Elon Musk s’y connait bien : sa récente IPO de SpaceX ressemble pile à un « pump and lump » de la crypte !).

Un autre extrait de cette interview concerne la situation en UK où Musk affirme que la guerre civile est au bout du chemin…

Et là, en revanche, je suis complètement d’accord avec lui !

La rédactrice de The Economist a beau affirmer que la situation en UK est bonne (ben, ça sera quoi quand ça sera mauvais ?), on sait bien que c’est faux !

Mais, selon moi, la guerre civile qui sera le résultat final des politiques actuelles (voulues, organisées, concertées) ne va pas se produire qu’en UK : en France aussi, ça nous pend au nez !

Les ordures qui nous dirigent savent bien que « diviser pour régner » est toujours une bonne recette et ne vont pas hésiter à l’employer le moment venu.

Pour en revenir à la question des narratifs, ils sont variés mais toujours diffusés massivement pour obtenir un effet d’écrasement et de sidération : impossible d’y échapper, impossible de ne pas être affecté… sauf si on réflêchit un peu !

Un exemple : les feux de forêts en ce moment. réaction de base : c’est horrible, on va tous mourir (vrai : on va tous finir par mourir). Deuxième effet « kiss cool » de ces feux, juste après les incroyables vagues de chaleur qu’on vient de subir : renforcer le narratif en faveur du réchauffement climatique !

Ben oui, après ça, qui pourrait le nier ?

Sauf que, un, ces incendies sont majoritairement criminels et deux, des vagues de chaleur comme la dernière, il y en a déjà eu. Georges Sand (la célèbre écrivaine) l’évoque dans le récit emblématique qu’elle fait de la canicule de l’été 1870, consignée dans son ouvrage Journal d’un voyageur pendant la guerre (paru en 1871).

Depuis sa propriété de Nohant, dans le Berry, l’écrivaine décrit la sécheresse extrême et la chaleur écrasante qui frappent la France en juillet 1870, juste au moment où éclate la guerre franco-prussienne.

L’extrait en question :

« Un été que je n’ai jamais vu, que je ne croyais pas possible dans nos climats tempérés : des journées où le thermomètre à l’ombre montait à 45 degrés, plus un brin d’herbe, plus une fleur au 1ᵉʳ juillet, les arbres jaunis perdant leurs feuilles, la terre fendue s’ouvrant comme pour nous ensevelir, l’effroi de manquer d’eau d’un jour à l’autre. »

L’histoire de France est jalonnée de vagues de chaleur mémorables. Si les chroniques anciennes reposaient sur des observations visuelles et humaines, le XXᵉ siècle et le début du XXIᵉ ont apporté des mesures météo précises pour en quantifier l’ampleur.

1. La canicule oubliée de 1540 : La pire sécheresse du millénaire

Avant l’invention des thermomètres modernes, l’été 1540 a été analysé par les historiens du climat comme l’un des plus extrêmes d’Europe.

  • Pendant près de 6 mois consécutifs, il n’a pratiquement pas plu en France.

  • La Seine, la Loire et le Rhône étaient tellement à sec qu’on pouvait les traverser à pied sec par endroits.

  • Les vendanges ont commencé dès le mois d’août et la végétation était complètement brûlée sur pied dès le milieu de l’été.

2. La grande canicule de 1718 : Un désastre sanitaire

Sous la Régence, l’été 1718 a été marqué par une vague de chaleur effroyable couplée à une absence totale de pluie d’avril à octobre.

  • Les rapports de l’époque font état de températures suffocantes (estimées à plus de 40 °C) et d’un assèchement général des puits.

  • L’impact humain fut tragique : associée à la disette et aux épidémies provoquées par la stagnation des eaux, cette canicule aurait causé la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes dans le royaume.

3. L’été 1911 : Deux mois sous la fournaise

C’est la première très grande canicule moderne documentée avec des relevés précis.

  • De début juillet à mi-septembre 1911, une masse d’air brûlant s’installe sur la France.

  • À Paris, le thermomètre dépasse les 35 °C pendant des semaines. On arrose le bitume qui fond dans les rues et les enfants souffrent particulièrement de la déshydratation et de la dégradation des produits frais (comme le lait). On dénombrera plus de 40 000 décès en France.

4. L’été 1947 : La référence de l’après-guerre

Alors que le pays est en pleine reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, l’été 1947 bat tous les records de l’époque.

  • Le 28 juillet 1947, il fait 40,4 °C à Paris, un record absolu pour la capitale qui tiendra plus de 70 ans (jusqu’en 2019).

  • La chaleur extrême touche plus de 80 % du territoire national et provoque des incendies de forêt gigantesques, notamment dans les Landes.

5. La canicule et sécheresse de 1976 : L’épreuve agricole

Bien que moins chaude en pics absolus que 2003, la canicule de l’été 1976 est restée célèbre pour son impact économique et social.

  • Le pays subit une sécheresse historique dès le printemps, suivie d’un mois de juillet torride.

  • C’est l’année du fameux « impôt sécheresse » mis en place par le gouvernement Valéry Giscard d’Estaing pour venir en aide aux agriculteurs dont les récoltes et le bétail étaient décimés.

6. Août 2003 : Le choc contemporain

C’est la canicule la plus sévère enregistrée en France en termes d’intensité et d’impact sur la santé publique.

  • Pendant deux semaines consécutives (du 2 au 17 août), les températures nocturnes ne descendent pratiquement pas, empêchant les organismes de récupérer.

  • Elle a entraîné un surcroît de mortalité de près de 15 000 personnes en France et a conduit à la création du système national de Vigilance Canicule et des plans d’urgence dans les EHPAD.

7. Juin & Juillet 2019 : L’ère des 45 °C dépassés

L’été 2019 a marqué un franchissement de seuil symbolique avec deux vagues de chaleur successives très intenses.

  • C’est au cours de cet été que le record absolu de température en France métropolitaine a été établi : 46,0 °C enregistrés à Vérargues (Hérault) le 28 juin 2019.

  • Fin juillet, Paris battait à son tour son record historique de 1947 avec 42,6 °C.

Bref, il ne s’agit pas d’énumérer tous les phénomènes météo connus mais de prendre un peu de recul : ce n’est pas une canicule plus des incendies (criminels, rappelons-le) qui font un changement climatique. En revanche, ça fait un bon narratif pour vous imposer encore et toujours de nouvelles contraintes absurdes.

Revenons encore sur ces incendies pour finir : quand les merdias mettent en avant une situation alarmante, il faut toujours se poser la question « à qui profite le crime ? » (quid bono) . Et là, clairement, le crime profite à tous ceux qui avaient un « beau » projet et besoin d’un terrain pour le bâtir… Et comme par hasard, on voit des annonces de datacenters ou d’éoliennes pile où, justement, pas de chance, ça vient de cramer… La vie est bien faite quand même (pour certains).

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C’est sans précédent ! => encore une nouvelle preuve que cette affirmation est simplement une idée reçue… ELIZA, le chatGPT de 1966 !

Dans mon livre « Le fait technique« , je démontre que les affirmations du type « on n’a jamais vu cela » et « c’est sans précédent » ne sont que des réflexions à courte-vue et qui manquent de références.

Lorsqu’Internet s’est répandu, les observateurs y ont vu un cas à part, car on n’a jamais rien eu de comparable par le passé. Vous vous rendez compte, Internet… Un truc énorme, impossible de trouver un comparable dans le passé, n’est-ce pas ?
Pourtant, le livre de Tom Sandage « The Victorian Internet » démontre cependant que l’émergence et l’évolution du télégraphe (et sa banalisation) présentent des parallèles troublants avec l’histoire récente du Réseau des réseaux…

Pareil sur la monnaie unique européenne (l’Euro que nous connaissons tous, et pour cause…), c’est du jamais vu, pas vrai ?
Encore raté : en 1865, la France, l’Italie, la Suisse et la Belgique signaient un accord monétaire, auquel adhéra la Grèce en 1868. Cette association monétaire fut bientôt connue dans le monde entier sous la désignation Union monétaire latine (UML).

Aujourd’hui, je vous propose un nouvel exemple avec l’histoire d’ELIZA en 1966. Vous allez voir, cela évoque irrésistiblement les chabot IA d’ajourd’hui…

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Extrait de « Internet rend-t-il bête ? » de  Nicholas Carr

« Ce fut un des épisodes les plus bizarres de l’histoire de l’informatique, et pourtant un des plus révélateurs. En quelques mois de 1964 et 1965, Joseph Weizenbaum, un informaticien de quarante et un ans qui travaillait au Massachusetts Institute of Technology, élabora un programme pour analyser le langage écrit, qui devait fonctionner sur le nouveau système de temps partagé de l’université. Un étudiant, assis devant un des terminaux du système, tapait une phrase sur l’ordinateur, et, en appliquant un ensemble de règles simples de grammaire anglaise, ce programme identifiait un mot (ou une expression) particulièrement saillant de la phrase et analysait le contexte syntaxique dans lequel il était employé. En appliquant alors un autre ensemble de règles, le programme transformait cette phrase en une phrase nouvelle qui semblait être une réponse à celle d’origine. La phrase produite par l’ordinateur apparaissait presque aussitôt sur le terminal de l’étudiant, donnant l’illusion d’une conversation. Dans un article de janvier 1966 où il présentait son programme, Weizenbaum donnait un exemple de la façon dont il fonctionnait. Si quelqu’un tapait « Je suis très malheureux ces temps-ci », il suffisait que l’ordinateur sache que l’expression « Je suis » précède classiquement une description de la situation ou de l’état d’esprit du locuteur à ce moment. L’ordinateur pouvait alors reformuler la phrase en répondant : « Depuis combien de temps êtes-vous malheureux ces jours-ci ? ». Le programme, expliquait Weizenbaum, fonctionnait en commençant par appliquer « une sorte de gabarit à la phrase d’origine, dont une partie correspondait aux deux mots “je suis”, et dont le reste isolait les mots “très malheureux ces jours-ci” ». Il utilisait alors un « kit de réassemblage » algorithmique adapté au gabarit et qui comprenait une règle stipulant que « toute phrase de la forme “Je suis bla-bla-bla” devait être transformée en “Depuis combien de temps êtes-vous bla-bla-bla”, quel que soit le sens de bla-bla-bla ».

L’application de Weizenbaum était un produit de son époque. Dans les années 1950 et 1960, l’enthousiasme pour l’ordinateur, la programmation informatique et l’intelligence artificielle fit naître non seulement l’idée que le cerveau humain est un type d’ordinateur, mais aussi le sentiment que le langage est produit par un des algorithmes qui fonctionnent à l’intérieur de cet ordinateur. Comme l’explique David Golumbia dans The Cultural Logic of Computation, des « linguistes informatiques » d’une nouvelle race, sous la direction de Noam Chomsky, un collègue de Weizenbaum au MIT, présupposèrent que la forme du « langage naturel » dans lequel les gens parlent et écrivent reflète « le fonctionnement de l’ordinateur qui est présent dans l’esprit humain, et qui effectue toutes les opérations linguistiques ». Dans un article publié en 1958 dans la revue Information and Control, Chomsky avait dit que « la seule méthode possible pour décrire une grammaire est dans les termes d’un programme pour une machine de Turing universelle ». Pour Golumbia, ce qui donnait une telle force à cette théorie de l’ordinateur, c’est qu’elle était enveloppée dans une « pénombre de nouveauté technologique » particulièrement séduisante. Elle proposait une « clarté mécanique » pour remplacer le « désordre » du langage humain par un « ordinateur intérieur bien propre ». 

En décomposant la façon de parler des humains, on pouvait découvrir le code sous-jacent du langage, et le répliquer ensuite sous forme de programme. 

Weizenbaum donna à son programme le nom d’ELIZA, d’après Eliza Doolittle, la jeune marchande cockney de Londres qui, dans le Pygmalion de Bernard Shaw, apprend à parler le bon anglais sous la direction de l’arrogant professeur de phonétique Henry Higgins. Pour rehausser un peu l’intérêt des conversations simulées, Weizenbaum donna aussi une personnalité à son interlocuteur : celle d’un psychothérapeute rogérien. Ce choix, expliquait-il dans son article, était pragmatique. En appliquant une technique mise au point par Carl Rogers dans les années 1940, en conversant avec leurs patients, les thérapeutes rogériens faisaient semblant de ne rien connaître du monde. La plupart du temps, ils répétaient simplement comme des perroquets ce que disaient leurs patients, en leur renvoyant des banalités dans des questions ouvertes ou des commentaires.

Sachant que cette naïveté était affectée, les patients pouvaient à loisir prêter à leur thérapeute « toutes sortes de connaissances, d’idées et de capacités de raisonnement. » Weizenbaum reconnaissait que le personnage rogérien avait une « utilité psychologique cruciale » pour ELIZA : il laissait penser que le vide du programme masquait uneune certaine sorte d’intelligence réelle.

Weizenbaum citait un extrait de dialogue entre ELIZA et une jeune femme qui avait été parmi les premiers à tester le programme (les réponses de la machine sont en italique) : 

Les hommes sont tous pareils.

En quoi ?

Ils sont toujours en train de nous faire des histoires à propos d’une chose ou d’une autre.

Est-ce que vous avez en tête un exemple particulier ?

Eh bien, c’est mon copain qui m’a fait venir ici.

C’est votre copain qui vous a fait venir ici.

Il dit que je suis déprimée la plupart du temps.

Je suis désolé d’apprendre que vous êtes déprimée.

C’est vrai. Je suis malheureuse.

Est-ce que vous pensez qu’en venant ici ça va vous aider à ne pas être malheureuse ?

J’ai besoin d’aide, ça, c’est sûr.

Qu’est-ce que cela vous ferait si vous aviez de l’aide ?

Peut-être que je pourrais apprendre à bien m’entendre avec ma mère.

Parlez-moi un peu plus de votre famille.

Ma mère s’occupe de moi.

Qui d’autre dans la famille s’occupe de vous ?

Mon père.

Votre père ?

Vous ressemblez à mon père sur certains points.

Quelle ressemblance est-ce que vous voyez ?

Vous n’êtes pas très agressif mais, à mon avis, vous ne voulez pas que je le remarque.

Qu’est-ce qui vous fait penser que je ne suis pas agressif ?

Vous ne discutez pas avec moi.

Pourquoi pensez-vous que je ne discute pas avec vous ?

Vous avez peur de moi.

Est-ce que cela vous fait plaisir de croire que j’ai peur de vous ?

Mon père a peur de tout le monde. 

ELIZA - Wikipedia

Dans son commentaire sur sa création, dont il reconnaissait qu’elle était une contribution modeste, voire un peu sotte, au tout nouveau domaine du traitement du langage naturel, Weizembaum faisait observer combien il est facile pour les programmeurs de faire que les machines « se comportent de façon admirable, souvent au point d’aveugler même l’observateur le plus chevronné ». Mais dès que l’on explique « les mécanismes internes d’un programme dans un langage suffisamment clair pour être compris, sa magie s’écroule ; on le voit tel qu’il est, comme un simple ensemble de procédures dont chacune est parfaitement compréhensible. L’observateur se dit “J’aurais bien pu écrire ça”. Et le programme passe du rayon étiqueté “intelligent” à celui réservé aux curiosités ».

Mais, comme Henry Higgins, Weizenbaum allait bientôt voir ses certitudes s’ébranler. ELIZA connut rapidement la célébrité sur le campus du MIT, devenant un thème central de conférences et de présentations sur l’informatique et le temps partagé. Ce fut l’un des premiers programmes capables de démontrer la puissance et la rapidité de l’ordinateur d’une façon facilement compréhensible pour les profanes. On n’avait pas besoin d’avoir été formé aux mathématiques, et encore moins à l’informatique, pour bavarder avec ELIZA. Des copies du programme proliférèrent aussi dans d’autres universités. Puis la presse s’empara du sujet et ELIZA devint, comme le dit plus tard Weizenbaum, « un jouet national  ».

Il fut surpris par l’intérêt du public pour son programme, mais ce qui le choqua fut de voir à quel point ses utilisateurs « avaient rapidement de profonds rapports émotionnels avec l’ordinateur », lui parlant comme s’il s’agissait d’une véritable personne. « Après avoir dialogué avec lui pendant un moment, ils insistaient, sans écouter mes explications, pour dire que la machine les comprenait vraiment. » Même sa secrétaire, qui l’avait vu rédiger le code d’ELIZA « et qui savait bien que ce n’était qu’un programme informatique » fut séduite. Après avoir utilisé quelque temps le programme à un terminal dans les bureaux de son patron, elle pria celui-ci de sortir de la pièce car elle était gênée par le caractère intime de la conversation. « Ce que je n’avais pas envisagé, dit Weizenbaum, c’est que de très courtes expositions à un programme informatique relativement simple pouvaient faire naître une pensée terriblement illusoire chez des gens tout à fait normaux. 

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Bref, vous l’aurez compris, rien de nouveau sous le soleil avec les gens qui considèrent que ChatGPT (ou autre) est « intelligent, sensible et il me comprend, lui… ».

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D’autres extraits de « Perdu dans le métaverse »…

Comme je vous l’avais proposé dernièrement :

Quelques extraits de « Perdu dans le metaverse »

En voici d’autres !
Toujours des dialogues bien sûr…

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Institut PMC, mercredi 21 juin 2023, le soir

Cyrus Gerdhachi alla directement voir Ronald Hobbs en arrivant à l’institut.

RONALD HOBBS. — Ah, lieutenant !

Vous devez être content, votre patron triomphe sur tous les plans : le président éliminé, l’état d’urgence décrété, et il fait même partie de ce comité de sauvegarde public que les médias mettent en avant comme la solution adéquate à la crise actuelle… Bien joué, bravo !

GERDHACHI. — Oui, si on veut.

RONALD HOBBS. — Je ne comprends pas, vous n’avez pas l’air satisfait… Pourtant, tout s’est déroulé comme vous le vouliez, non ?

GERDHACHI. — Non justement. Le président a bien été éliminé, mais pas du tout comme prévu : les tacticiens ont travaillé sur un accident et voilà qu’un attentat bien classique se produit. Mais ce n’est pas le pire…

RONALD HOBBS. — Ah, il y a pire ?

GERDHACHI. — Oui, j’ai vu le major ce matin même et je peux vous dire que je suis allé de surprise en surprise… Le major prétend que cet attentat n’est pas de notre main et qu’on s’est donc fait doubler par de vrais terroristes… Ce que je ne crois pas une seule seconde bien sûr !

RONALD HOBBS. — Mais si le major vous ment, qu’est-ce que ça signifie ?

GERDHACHI. — Rien de bon, évidemment. Mais il y a encore pire…

RONALD HOBBS. — Allons donc, c’est à mon tour d’aller de surprise en surprise !

GERDHACHI. — Oui et ça vous concerne : le major m’a demandé de vous éliminer, personnellement. C’est très inhabituel, car c’est le service actions qui s’occupe de ce genre de tâches, normalement…

« Normalement » répéta Ronald la gorge sèche, conscient qu’il était peut-être en train de vivre ses derniers instants. Mais il lui restait une lueur d’espoir : si le lieutenant lui racontait tout cela, il subsistait éventuellement une ouverture, une possibilité de s’en tirer ?

Car, pendant qu’il parlait, le lieutenant avait l’air plus soucieux que menaçant…

GERDHACHI. — La demande du major ne veut dire qu’une chose : c’est un test de loyauté, à mon égard. Soit je vous élimine sans poser de question, soit je suis moi-même suspect et, disons-le, le prochain sur la liste. Le major aime bien « effacer les traces » et je ne serais pas surpris d’apprendre que le commando du service actions a été purement et simplement effacé hier matin par leurs collègues, avant même de mettre leur accident en place.

« Et… Qu’allez-vous faire ? » demanda Hobbs en déglutissant péniblement et après avoir longuement hésité à poser la « question qui tue ».

GERDHACHI. — Eh bien, même si je pense que mon temps est désormais compté, je me dois d’obéir au major… À moins que…

RONALD HOBBS. — Oui, à moins que ?

GERDHACHI. — À moins que vous ayez dans votre manche un plan qui nous permette de nous sauver tous les deux ?

Votre vie est en jeu, alors réfléchissez bien : avez-vous une option en tête, une carte à jouer ?

Je ne demande qu’à vous épargner, mais il faut y mettre un peu du vôtre !

RONALD HOBBS. — Eh bien…

GERDHACHI. — Oui ?

RONALD HOBBS. — Il y a bien une solution qui marcherait pour nous deux, mais c’est un peu radical !

GERDHACHI. — Plus radical que la mort ici et maintenant ?

Allons, dites-m’en plus avant que je ne perde patience…

RONALD HOBBS. — Voilà, il s’agit de nous injecter dans un de nos simulis et de fuir par ce biais…

GERDHACHI. — Et que deviennent nos corps pendant ce temps ?

RONALD HOBBS. — Justement, c’est là que c’est radical : on ne peut préserver nos corps actuels, il faut faire une croix dessus !

GERDHACHI. — Et on devient quoi après ?

Condamnés à n’être que des bits dans vos serveurs jusqu’à ce que le major ait l’idée de débrancher le cordon ?

Pas terrible comme fuite…

RONALD HOBBS. — Non, une fois dans le réseau des simulis, on est définitivement à l’abri : on peut passer d’un serveur à l’autre. Même si notre serveur d’origine est hors circuit, on ne va même pas s’en rendre compte si on parvient à passer dans un autre simuli. Le major peut bien débrancher les serveurs ou même réduire l’institut en poussière, une fois injectés, il ne peut plus rien contre nous !

GERDHACHI. — Mouais mais s’il détient nos corps, il peut encore nous faire du mal ici, dans le monde réel… C’est une sacrée épée de Damoclès au-dessus de nos têtes virtuelles, non ?

RONALD HOBBS. — Même pas !

En fait, quand je dis qu’il faut faire une croix sur nos corps actuels c’est au sens propre du terme : j’envisage un transfert définitif et donc, destructif… Après le transfert, ce qu’il reste de nos corps est bon pour le recyclage d’organes, mais pas plus !

Plus de cerveau, plus rien de traçable, rien qu’une enveloppe charnelle sans plus aucune réaction… Voilà ce que trouvera le major. Il peut même prendre cela pour un suicide si ça se trouve !

GERDHACHI. — Ne sous-estimez jamais le major, tous ceux qui ont fait cette erreur ne sont plus là pour le raconter… Voyez le président par exemple !

Mais revenons à notre cas présent : ok, on lui laisse nos dépouilles pendant qu’on va courir dans votre sable virtuel… Et après, c’est pas ce que j’appelle une vie si on ne peut plus jamais goûter au monde réel… C’est pas très loin d’un suicide en fait votre truc.

RONALD HOBBS. — Ah mais attention, je n’ai pas dit qu’il fallait renoncer au monde réel, j’ai seulement dit qu’on ne pourrait plus y retourner dans nos corps actuels, nuance…

GERDHACHI. — Ah ?

Vous avez des corps de rechange dans votre frigo, c’est ça ?

Et on peut faire des essayages avant de choisir son prochain corps ?

RONALD HOBBS. — Hum, comme c’est une solution radicale, faudra se contenter de ce qu’on va trouver… Donc, non, pas de corps tout prêt à nous accueillir et pas de possibilité de choisir avant de réémerger… Mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas le faire…

GERDHACHI. — Ok, dites-m’en plus, vous avez gagné quelques minutes supplémentaires…

RONALD HOBBS. — Eh bien, il va s’agir de passer d’un simuli à l’autre pour arriver à celui de l’X-Lausanne. Car là, il y a notre porte de sortie. Passer d’un simuli à l’autre, je suis sans doute le seul à savoir et donc à pouvoir le faire, mais je ne vous cache pas que ça sera un peu effrayant…

GERDHACHI. — Bon, on se fait peur pour passer d’une bulle virtuelle à l’autre et, une fois à destination, on doit faire quoi pour remonter à la surface ?

RONALD HOBBS. — Je ne vous cache pas que ça n’a encore jamais été fait !

Mais j’en sais assez sur le plan théorique pour savoir que c’est possible… Une fois sur place, il faut s’arranger pour « remplacer » un des sujets d’expérience.

GERDHACHI. — Rien que ça !

RONALD HOBBS. — Hé, j’ai pas dit que c’était sans risque ni difficulté, mais je persiste à affirmer que c’est possible et je crois bien pouvoir y réussir. Mais une fois revenus dans le monde réel, dans de nouveaux corps, on sera encore plus fugitifs que dans le simuli… Et là, j’ai pas de plan à proposer…

GERDHACHI. — Hum, j’ai peut-être une idée à ce sujet… Mais le transfert définitif, vous pouvez le gérer seul ?

RONALD HOBBS. — Ça oui, j’ai même pas besoin d’un assistant pour cela et ça tombe bien vu que Bernard est encore à l’hôpital.

GERDHACHI. — Alors allons-y, on ne peut pas perdre de temps.

RONALD HOBBS. — Là, maintenant, tout de suite ?

GERDHACHI. — Oui, là, maintenant, tout de suite !

C’est ça ou une balle entre les deux yeux pour vous dans quelques instants et Dieu sait quoi pour moi plus tard… Alors, votre choix ?

RONALD HOBBS. — Allons en salle d’injection sans tarder, lieutenant !

GERDHACHI. — Bonne réponse…

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Maison d’Anne-Marie à Bussigny, vendredi soir 23 juin 2023

Autour de la table du diner, la conversation roulait dans une ambiance à couper au couteau…

RONALD HOBBS. — Et comment vouliez-vous que je fasse, s’il vous plait ?

J’ai eu une « crise de retour », vous vous souvenez ?

Du coup, le préposé a appelé ma femme et elle m’a ramené ici. Et, franchement, je suis heureux que ça se soit passé ainsi. Sans elle, on ne serait sans doute pas ici en train de se disputer !

GERDHACHI. — Arrêtez de l’appeler ainsi ! Elle n’est pas votre épouse, réveillez-vous enfin !

Nous sommes de retour dans le monde réel, mais ce ne sont pas nos corps et encore moins nos situations !

L’habit ne fait pas le moine, arrêtez ces comportements puérils, s’il vous plait.

ANNE-MARIE. — Si je peux me permettre, rien ne sert de vous échauffer comme cela !

Je suis à cent pour cent de votre côté, je vous assure !

GERDHACHI. — Anne-Marie, vous ne savez pas de quoi vous parlez alors, s’il vous plait, restez en dehors de cela. Vous êtes charmante de nous avoir accueillis chez vous, mais Hobbs n’aurait jamais dû vous mêler à notre histoire. C’est complètement irresponsable de sa part et je ne veux pas vous entrainer encore plus loin.

RONALD HOBBS. — Et comment devrait-on faire désormais ?

Je ne sais pas si vous réalisez que sans Anne-Marie, on serait dehors à cette heure-ci, comme des sans-abris !

Croyez-vous vraiment que les hôtels ne soient pas surveillés par les spéciaux ? Et comment expliquer qu’on préfère louer une chambre plutôt que de dormir chez nous, normalement, hein ?

Cette rencontre est une vraie chance et, croyez-moi, il est temps que la chance soit de notre côté si on veut s’en tirer. Alors, arrêtez de me reprocher d’avoir fait confiance à Anne-Marie parce que c’est la meilleure chose que j’ai faite depuis longtemps !

Voilà.

ANNE-MARIE. — Moi, je vais retourner dans ma cuisine et vous laisser régler ça entre hommes, hein !

Soyez sages tout de même, les voisins n’ont pas l’habitude d’entendre des disputes dans ce quartier. Nous sommes en Suisse, pays sage et tranquille, tenez-en compte.

Sur ce, Anne-Marie se leva et quitta la pièce, bien consciente que sa présence ajoutait de la tension entre Ronald et Cyrus. Elle espérait que cette pause leur permettrait de se calmer.

GERDHACHI. — Vous êtes complément fou de jouer le joli cœur avec cette jeune femme !

Qu’est-ce que vous croyez ? Qu’on est en voyage d’agrément ?

Mais on joue notre peau dans cette histoire et c’est pareil pour tous les gens qu’on va y mêler. Vous croyez que le major hésiterait ne serait-ce qu’une seconde à la torturer d’abord et à l’exécuter ensuite, s’il soupçonnait qu’il pourrait apprendre quelque chose, la moindre chose, sur nous à travers elle ?

RONALD HOBBS. — Eh, ça va, pas de leçon s’il vous plait !

Je suis persuadé que cette rencontre est une vraie chance, rien à voir avec un comportement irresponsable. On a besoin d’alliés et, pour le moment, j’attends encore de voir les vôtres. Mais se disputer ne nous mènera nulle part. Anne-Marie fait partie de notre histoire désormais, que ça vous plaise ou non. Concentrons-nous plutôt sur ce qu’on va faire demain.

De plus, le fait qu’Anne-Marie nous accompagne est un vrai avantage : les spéciaux recherchent deux hommes seuls, pas un trio.

GERDHACHI. — Vous avez beau faire, vous ne m’enlèverez pas de l’idée que c’est une mauvaise action qui va finir par nous coûter cher. Mais je vois aussi que vous vous êtes entiché de cette Anne-Marie alors, tant pis, faisons avec. En revanche, on ne peut rester en Suisse !

Ici, on ne peut rien faire, c’est à Bruxelles qu’il faut aller, c’est là que ça se passe.

RONALD HOBBS. — Ok, aller à Bruxelles, mais pour y faire quoi ?

GERDHACHI. — Mon idée est de rencontrer le premier secrétaire de l’Union pour lui exposer les menées du major.

RONALD HOBBS. — Hum, pourquoi pas, en effet. Vous avez le contact avec le premier secrétaire ?

Parce que moi, zéro, je n’ai pas d’entrée à ce niveau !

GERDHACHI. — Moi non plus, pas directement en tout cas. Mais je connais quelqu’un de bien placé qui peut nous introduire. C’est avec lui qu’il faut se concerter désormais.

RONALD HOBBS. — Et c’est qui ce « quelqu’un de bien placé » ?

C’est celui avec lequel vous échangiez par ce canal privé lorsque vous étiez à PMC pour nous surveiller ?

GERDHACHI. — Quoi, vous avez espionné mes communications ?

RONALD HOBBS. — Bien entendu !

Et vous êtes surpris ?

Mais alors, vous nous preniez vraiment pour des boy scouts !

Bernard a vite repéré que vous n’échangiez pas seulement avec le major, il a même pu déterminer que votre destinataire était de l’administration centrale… Et même du centre de contrôle pour être encore plus précis !

Là, Ronald bluffait puisque Bernard n’avait pas été catégorique sur ce dernier point, mais quand il vit la figure de Cyrus s’allonger, il sut qu’il avait marqué un point…

GERDHACHI. — Bon, c’est vrai, mon contact est de l’administration centrale, mais, pour le moment, vous n’avez pas besoin d’en savoir plus, il faut juste que je puisse lui envoyer un message.

RONALD HOBBS. — Allons lieutenant, vous n’allez pas vous mettre à jouer de nouveau à l’agent spécial avec moi, pas après tout ce qu’on vient de vivre, voyons !

On ne doit plus se faire de cachoteries entre nous. De plus, il est bien possible que je connaisse le nom de votre mystérieux contact…

GERDHACHI. — Alors là, ça m’étonnerait !

RONALD HOBBS. — Allons donc, ça ne serait pas quelque chose comme Pajera par hasard ?

Felice Pajera…

GERDHACHI. — …

Mais comment… Comment avez-vous pu ?

Mon canal était fortement crypté, c’est impossible !

RONALD HOBBS. — Bernard est bien plus calé qu’il en a l’air et c’est pour cela que j’en ai fait mon assistant, mais peu importe, c’est pas ça l’important… L’important est que j’ai un problème avec Pajera.

GERDHACHI. — Un problème avec Pajera ?

Quel problème avec Pajera ?

RONALD HOBBS. — Disons que Pajera est venu nous inspecter à PMC et que ça ne s’est pas vraiment bien passé…

GERDHACHI. — Et c’est vous qui me disiez de ne plus faire de cachoteries ?

Vous allez me dire ce qui s’est passé avec Pajera et vous allez me le dire tout de suite !

Ronald raconta piteusement l’histoire, ce que Bernard et lui avaient fait subir à Pajera lors de sa visite à PMC…

GERDHACHI. — Ah ben bravo ! Là, vraiment, c’est bien joué !

Finalement, je comprends pourquoi le major aimait avoir recours à vous et à votre institut, vous étiez faits pour vous entendre. Même mentalité de type « la fin justifie les moyens », hein !

Et que va-t-on faire quand Pajera va réaliser qui il a en face de lui ?

Ah ça c’est sûr, il va être ravi de pouvoir nous aider : il va se mettre en quatre pour nous et risquer sa peau pour nous sortir de ce trou, c’est clair !

RONALD HOBBS. — Encore une fois, ça ne sert à rien de se disputer et de se faire des reproches, c’est pas ça qui va nous aider…

GERDHACHI. — Et la petite Anne-Marie, elle est au courant de vos talents de tortionnaire ?

Eh ben quoi, Hobbs, ça va renforcer votre côté macho, faut y aller carrément !

RONALD HOBBS. — Vous avez vidé votre sac, ça y est ?

Parce que si votre plan c’est de se déchirer pour tout, je commence à me dire que, en fait, vous n’avez pas de plan du tout et que vous utilisez n’importe quel prétexte pour dissimuler votre incompétence…

GERDHACHI. — Comment osez-vous ?

RONALD HOBBS. — Oui, ça fait pas plaisir, hein !

Donc, arrêtons les conneries et agissons avec ce qu’on a en main plutôt que de gémir « ah ça serait mieux si… » qui ne va rien nous rapporter et va nous ramener au même point : comment éviter d’y laisser notre peau ?

Compris ?

Vous faisiez moins le fier quand vous êtes venus me voir à PMC alors que le major vous mettait à l’épreuve… Et qui a trouvé la solution pour vous donner une chance de rester dans la partie ? C’est bibi !

Depuis ce fameux matin, vous n’avez fait que me suivre et vous plaindre : oh ce désert est trop grand, oh la nuit est trop froide, oh ce trou est trop noir, oh cette cave est trop sombre, oh cette femme n’était pas prévue… ça va durer encore longtemps comme ça ?

Vous êtes un agent spécial ou un planqué pas à la hauteur de la situation ?

Reprenez-vous lieutenant, c’est à votre tour d’agir et de remplir votre part du marché. Quant à moi, je trouve que j’ai plutôt tenu ma parole jusque-là.

Un grand blanc s’installa entre les deux hommes qui ne se regardaient même plus dans les yeux. C’est à ce moment qu’Anne-Marie fit son retour avec un plateau et des tasses fumantes…

ANNE-MARIE. — Eh bien on dirait que ça s’arrange vous deux !

Tenez, je vous ai préparé des tisanes, « aux vertus apaisantes » qu’ils disent sur la boite, ça ne peut que vous faire du bien…

Le lieutenant esquissa un sourire, presque malgré lui.

GERDHACHI. — Vous devez être bien folle vous aussi, Anne-Marie, pour prendre notre situation à la légère.

ANNE-MARIE. — Lieutenant, vous ne savez rien de moi et de ce qu’a été ma vie jusque-là, mais je peux vous dire une chose : c’est justement à cause de ce que j’ai vécu que je suis prête à suivre et à épauler l’homme ici présent qui a pris la place de mon mari, Dieu l’en bénisse. Et si ça doit mal finir, ainsi soit-il, je ne regretterais rien, je le sais au plus profond de mon cœur.

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Voilà, c’est tout pour aujourd’hui !

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Quelques extraits de « Perdu dans le metaverse »

Les extraits que je vous propose ici sont des dialogues issues de mon livre « Perdu dans le Metaverse« …

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Vincent et Simon firent une course d’orientation de deux jours avec bivouac à la belle étoile. Dans ces moments-là, Simon prenait toujours l’initiative, comme s’il connaissait déjà tout ça. De plus en plus, Vincent commençait à penser que Simon était déjà formé depuis longtemps et qu’il s’occupait désormais uniquement de superviser sa formation en restant au plus près de lui.

Vincent n’essayait plus d’interroger Simon, il attendait juste l’occasion favorable d’en apprendre plus. Alors que tous deux marchaient sous le soleil pour rejoindre une crête, Simon se figea brusquement…

SIMON. — Vincent, vite !

VINCENT. — Quoi ?

SIMON. — Je suis pris dans du sable mouvant !

Vite, envoie-moi quelque chose que je puisse attraper et tire-moi vers toi…

VINCENT. — Et pourquoi je ferais cela ?

SIMON. — Vincent, déconne pas, on n’a pas beaucoup de temps pour me tirer de là !

Tu vois bien que je m’enfonce déjà… Retire ta chemise pour en faire un lien ou trouve ce que tu veux… mais fais vite !

VINCENT. — Non, je crois plutôt que je vais te regarder t’enfoncer… Ça va changer pour une fois que c’est toi qui es dans la merde !

La détresse et la panique pouvaient se lire dans le regard de Simon… Il déglutit péniblement.

SIMON. — Vincent, tu peux pas faire ça ! Le Colonel va te punir si tu rentres au camp sans moi, si même tu arrives à y retourner !

VINCENT. — Tu avais l’air sûr qu’il suffisait d’atteindre cette crête pour pouvoir faire le point et se repérer sur le plan… Je pense être capable d’y arriver sans toi. Le Colonel va me punir ? La belle affaire !

Je vais faire quelques jours de trou de plus… J’ai l’habitude.

SIMON. — OK, tu as gagné… Dis-moi ce que tu veux…

VINCENT. — Tu le sais bien ce que je veux : soit tu me dis tout ce que tu sais, soit tu disparais dans ce sable…

SIMON. — Mais je ne sais pas grand-chose de plus que toi, voyons !

VINCENT. — Mauvaise réponse… Essaye encore !

SIMON. — Vincent, sors-moi de là, vite ! Je vais tout te dire, je te le jure !

VINCENT. — Oui, tu vas même commencer tout de suite : le sable ne t’arrive pas encore à la ceinture… On a encore un peu de temps pour que tu commences à te mettre à table !

J’attends cet instant depuis longtemps, je ne vais pas gâcher mon plaisir et te tirer de là en me contentant de vagues promesses… Alors, vas-y, j’écoute.

SIMON. — Mais arrête tes conneries quoi, merde !

VINCENT. — Bon, tant pis, j’aurai essayé. Courage Simon, c’est juste un moment à passer… Un sale moment, j’imagine !

Simon ne pouvait croire que Vincent était en train de s’éloigner en contournant la cuvette de sable mouvant. Il commençait à bégayer…

SIMON. — Je… Je sais quelque chose… Vincent !

VINCENT. — Vas-y, je peux t’entendre d’ici si tu parles assez fort…

SIMON. — J’ai pu parler avec un prisonnier… Hans, il s’appelait. Il a été exécuté avant que tu n’arrives, mais il m’a raconté son histoire.

VINCENT. — Continue.

SIMON. — Hans était l’assistant d’un historien célèbre en Allemagne : Uwe Topper. Un jour, Topper lui a révélé qu’il travaillait sur un projet explosif… Topper avait identifié des anomalies historiques et voulait publier un livre à ce sujet.

VINCENT. — Et alors ?

SIMON. — L’Organisation a envoyé une équipe pour tuer Topper, mais Hans s’est interposé et, du coup, ils l’ont emmené pour l’interroger au TP1…

VINCENT. — Tiens, je croyais que c’était juste un camp d’entraînement ?

SIMON. — Allez, sors-moi de là maintenant, je commence à avoir du mal à respirer… Sérieux !

VINCENT. — Attrape le bras de ma chemise, je vais te tirer un peu pour que tu sois plus à l’aise, mais tu resteras là-dedans jusqu’à ce que tu m’aies tout dit…

SIMON. — Vincent, tu crois vraiment que je suis ton ennemi ?

VINCENT. — Ennemi, je ne suis pas certain, mais ami, j’en doute fort !

SIMON. — Tu te trompes sur mon compte. Je ne suis qu’un prisonnier dans cette organisation, comme toi…

VINCENT. — On en reparlera… En attendant, explique-moi en quoi cette affaire d’historien peut m’éclairer sur notre situation de « prisonniers » comme tu dis ?

SIMON. — Ce qui est étrange dans cette histoire, c’est justement que l’équipe d’intervention ait ramené Hans pour l’interroger au lieu de le tuer sur place comme Topper… J’ai pu parler avec Hans avant qu’il ne soit exécuté et ils ont vraiment cherché à savoir comment Topper et lui en étaient arrivés à comprendre que l’Histoire était manipulée…

VINCENT. — Et alors ?

SIMON. — Alors je crois que l’Organisation poursuit un autre but que de gérer quelques lignes temporelles comme ils veulent nous le faire croire…

VINCENT. — Admettons. Mais cela ne répond pas à la question principale : comment se libérer de l’emprise de cette organisation ?

Pour cela, il faut que tu m’en dises plus sur toi… Comment es-tu arrivé à avoir ce rôle de « surveillant » ?

SIMON. — Mais je n’ai rien demandé, moi !

C’est simplement que je suis au TP1 depuis plus longtemps que toi et qu’ils considèrent que nos profils sont complémentaires, je suppose. Un jour, le Colonel m’a convoqué et m’a expliqué qu’un nouveau allait arriver et que j’allais être affecté à sa surveillance… Ce nouveau, c’était toi, mais ce rôle de « surveillant » m’est tombé sur la tête sans que je ne puisse rien dire. Tu penses bien que « mister Rigide » ne m’a pas demandé mon avis ni si cette affectation me plaisait !

Comme d’habitude, on m’a fait savoir que soit je jouais mon rôle comme on me le demandait, soit ma mère aurait à en souffrir…

VINCENT. — Ta mère ?

SIMON. — Oui, l’Organisation garde ma mère prisonnière dans un autre camp : j’ai des nouvelles d’elle, de temps en temps. Ils utilisent ce moyen pour me rendre obéissant et je ne vois pas comment je pourrais sortir de ce piège !

VINCENT. — Justement, raconte-moi comment tu t’es retrouvé dans ce piège…

SIMON. — Ben, j’imagine qu’on a tous plus ou moins vécu la même chose, je veux dire, tous ceux qui se retrouvent comme prisonniers au TP1 doivent avoir un parcours similaire. Pour ma part, j’ai rencontré par hasard un agent de Transcontinum et j’ai passé quelques jours avec… Au début, je croyais juste que c’était une rencontre amoureuse différente des autres jusqu’à ce que je découvre sa machine… Là, j’ai eu la mauvaise idée de vouloir l’essayer !

Je me suis retrouvé dans des galères pas possibles et Don Vesco m’est tombé dessus pour m’offrir « de me sortir de là » comme il disait. Mais, bien sûr, il y avait un prix à payer et une menace pour me tenir. C’est comme cela que je me suis retrouvé au TP1, avec ma mère quelque part ailleurs. Tu comprends, ma mère est ma seule famille et elle n’y est pour rien dans toute cette histoire… C’est pour ça que je suis coincé et que je file doux, en attendant de trouver une solution.

VINCENT. — Et cette solution, tu as une petite idée ?

SIMON. — Pour le moment, rien de rien !

De plus, j’ai pu voir que cette Organisation ne rigolait vraiment pas : j’ai assisté à l’exécution de Hans et, crois-moi, ça en fout un coup… tout de même, je crois qu’ils se moquent de nous sur pas mal de points…

VINCENT. — Vas-y, développe…

SIMON. — Ben d’abord, Don Vesco veut nous faire croire que son Organisation est une alternative à Transcontinum, mais je suis presque sûr que c’est faux. J’ai de bonnes raisons de penser que c’est simplement les deux faces d’une même pièce !

VINCENT. — Ah, c’est intéressant ça !

Et qu’est-ce qui te permet de penser cela ?

SIMON. — Eh bien « mon » agent connaissait Don Vesco, il semble même qu’il était son supérieur puisqu’il n’arrêtait pas de dire « Don Vesco ne serait pas content s’il me voyait dans tes bras ! »…

VINCENT. — « Il » ?

Ce n’était pas avec une femme ta « rencontre amoureuse » ?

SIMON. — Ben non, c’était un mec, un beau mec même !

VINCENT. — Oh, t’es homo alors ?

J’avais pas deviné ça… Euh, je préfère te dire tout de suite que ce n’est pas mon cas !

SIMON. — Ne t’inquiète pas, tu n’es pas mon genre !

Mais tu as l’air choqué… D’où tu viens pour que ça te pose un problème ?

VINCENT. — Non, non, simplement, c’est pas mon genre tu vois…

Simon voulut profiter de la gêne de Vincent pour sortir enfin de sa situation inconfortable…

SIMON. — Bon, j’ai tenu ma parole, tire-moi de là maintenant !

VINCENT. — Mouais, mais ça ne me dit pas pourquoi tu ne répondais pas à mes questions quand j’essayais de te tirer les vers du nez au camp…

SIMON. — Mais qu’est-ce que tu crois ? On est continuellement sous surveillance au TP1 !

T’as pas encore remarqué ?

J’ai pas envie que le Colonel me coupe l’accès aux vidéos sur ma mère s’il se met à penser que je ne joue pas mon rôle. Toi aussi, tu as tout intérêt à jouer la comédie le mieux possible, crois-moi.

Vincent aida Simon à se sortir des sables mouvants et la paire rentra au camp comme si de rien n’était. Un début de complicité s’était noué à cette occasion, mais Vincent restait encore méfiant vis-à-vis de Simon.

=== second extrait ===

Bureau du Gouverneur Ball, La Valette (Malte), 1er septembre 1799

Comme prévu par Vincent, les deux complices sautèrent directement à Malte pour le début de leur mission spéciale. Ils trouvèrent facilement le palais du Gouverneur et, grâce aux lettres de créance confectionnées par Capestan, n’eurent aucun mal à obtenir une audience auprès du gouverneur anglais… Une fois assis en présence d’Alexander Ball, Vincent se lança dans un grand exposé :

« Nous faisions partie du détachement de l’amiral Smith et nous étions donc à Aboukir en juillet. Après la défaite de l’armée turque, sir Smith a mené les négociations d’échange de prisonniers avec Bonaparte. C’est à cette occasion que nous avons pu faire passer la liasse de journaux français à l’état-major de Bonaparte.
Grâce au blocus de la flotte, Bonaparte était complètement privé de nouvelles de l’Europe depuis plus d’un an et il s’est donc précipité sur les nouvelles fraîches que nous lui jetions en pâture… Ce qu’il a appris sur la situation de la France l’a persuadé qu’il devait rentrer : les revers militaires et le déclin du Directoire l’ont amené à penser qu’il était en train de laisser passer sa chance de prendre le pouvoir.
D’un côté, il était désormais bloqué dans ses opérations en Orient et, de l’autre, son destin politique était en jeu en France sans qu’il puisse intervenir… Son retour rapide s’imposait ! »

BALL. — Mais pourquoi diantre l’avoir informé ?
C’est selon moi une grave erreur : cet homme est dangereux, il valait mieux le laisser pourrir en Orient que lui permettre de revenir en Europe !

De plus, j’ai des ordres stricts de la part de l’amiral Nelson pour poursuivre le blocus par tous les moyens et cela comprend aussi les informations…

VINCENT. — En effet, Gouverneur, mais nous n’avons pas fait cela de notre propre initiative, c’est le gouvernement de Sa Majesté qui nous a ordonné d’agir ainsi.

BALL. — Encore une fois, je ne comprends pas : Nelson m’a ordonné de réduire les forces de Bonaparte à chaque occasion, pas de le ménager !

VINCENT. — Oubliez un peu Nelson, Gouverneur. Vos ordres viennent d’abord de l’amirauté qui elle-même obéit au gouvernement de Sa Majesté. Et les ordres sont clairs : il faut non seulement ménager Bonaparte, mais il faut même favoriser son retour en France…

BALL. — Auriez-vous l’obligeance de m’expliquer les raisons d’un tel changement de notre politique ?
Si je me souviens bien, c’est toujours William Pitt « le jeune » qui est notre Premier ministre, et il est farouchement opposé à toute entente avec les Français… n’est-ce pas ?

VINCENT. — Certes, mais le Premier ministre ne représente pas le gouvernement de Sa Majesté à lui tout seul… Disons simplement que certaines fractions du cabinet actuel souhaitent garder toutes les options ouvertes… Je vais vous donner un exemple : vous êtes très attaché à Nelson, je me trompe ?

BALL. — Je suis loyal envers mon commandant en chef, quoi de plus normal ?

VINCENT. — Bien entendu, mais, dans l’intérêt de votre carrière, vous ne devriez pas lier votre sort à celui de Nelson, au-delà de votre loyauté naturelle, évidemment.

BALL. — Que voulez-vous dire ?

VINCENT. — Après sa victoire à la bataille navale d’Aboukir, Nelson s’attendait à être nommé vicomte et il ne reçut que le titre de baron… N’est-ce point là un indice prouvant que le « parti de la guerre » n’a pas toujours le dessus au sein du cabinet ?
Quoi qu’il en soit, nos ordres sont très clairs et sir Smith l’a bien compris en nous aidant dans la première partie de notre mission… Et vous êtes le personnage-clé de la seconde partie !

BALL. — Admettons que je vous prête assistance, qu’attendez-vous de moi ?

VINCENT. — Nous savons de source sûre que Bonaparte a appareillé d’Aboukir dans la nuit du 22 au 23 août sur la frégate la Muiron, escortée de trois autres bâtiments. Cette flottille fait route à l’ouest en longeant les côtes afin d’éviter les patrouilles anglaises…

BALL. — Voilà une bien précieuse information !
Nous sommes le premier septembre, il ne peut avoir couvert beaucoup de distance en faisant ainsi du cabotage… Nous devrions pouvoir l’intercepter avant qu’il ne croise au large de Tripoli !

VINCENT. — Gouverneur, nous sommes ici précisément pour que vous n’en fassiez rien !
Nous vous recommandons au contraire d’envoyer vos patrouilles entre la Sicile et la Grèce…

BALL. — Je veux être sûr de bien vous comprendre : vous me recommandez de tromper délibérément mes capitaines en les envoyant tourner en rond sur une fausse piste ?
Vous savez comment j’appelle cela ? De la haute trahison, tout simplement !

Simon commençait à se tortiller sur son siège, particulièrement mal à l’aise…

VINCENT. — Gouverneur, nous vous recommandons plutôt d’obéir aux ordres du gouvernement de Sa Majesté, l’instance suprême vers laquelle doit toujours aller votre ultime loyauté et obéissance…

BALL. — Et si c’était vraiment ce que désirent mes supérieurs, ce dont je continue à douter, soit dit en passant, pourquoi ne m’envoient-ils pas un ordre direct en bonne et due forme plutôt que de m’adresser deux espions douteux, français en plus !
Avouez, Messieurs, qu’il y a de quoi être prudent…

VINCENT. — Vous avez tout à fait raison, Gouverneur, il convient d’être réservé… C’est bien pourquoi vous n’avez pas reçu d’ordre direct et que vous n’en recevrez pas !
L’amirauté pense que le séjour prolongé de Nelson à Naples a mis en péril les communications entre son état-major et Londres… C’est pourquoi vos supérieurs ont préféré passer par nous…
De plus, c’est justement parce que nous sommes français que notre couverture nous a permis d’approcher l’état-major de Bonaparte bien mieux que vos officiers n’auraient pu le faire. Maintenant, Gouverneur, vous devez faire un choix : soit exécuter les ordres que nous vous apportons, soit coller aux instructions de Nelson et passer à côté de la mission que l’amirauté veut vous confier. Si vous choisissez la seconde option, vous devrez faire face aux conséquences dans le futur, quand vous reviendrez à Londres et que Nelson ne sera plus là pour vous couvrir…

BALL. — Hum, je vous verrai demain, Messieurs et je vous ferai part de ma décision…

Une fois dehors, Simon exprima son ressenti à Vincent :

SIMON. — Je dois dire que je ne suis pas emballé par ce capitaine : vraiment typiquement anglais, notre gouverneur Ball !
Mais je crois que je vais encore moins l’apprécier demain lorsqu’il nous fera jeter dans un cachot, après avoir découvert notre véritable identité…

VINCENT. — Ah oui et explique-moi : comment va-t-il faire pour la découvrir ?
En envoyant un message à Londres ?
Ou même en faisant un saut en personne à l’amirauté, afin de vérifier notre histoire ?
Nous sommes encore au XVIIIe siècle, je te signale !
Les communications sont lentes et incertaines… Il lui faudrait attendre des semaines, ne serait-ce que pour prendre contact avec Nelson qui est à Naples, c’est-à-dire bien plus proche de nous que de Londres… Donc, rien à craindre pour demain : il doit faire son choix maintenant et tout me porte à croire qu’il va choisir notre option.

SIMON. — Et tu peux me dire ce qui te permet d’avoir cette rassurante perspective ?

VINCENT. — Simple : s’il ne croyait pas à notre histoire, nous serions déjà au fond d’un cachot !

SIMON. — Ah oui, effectivement, vu comme cela, tu as l’avantage…

Bureau du Gouverneur Ball, La Valette (Malte), 2 septembre 1799

BALL. — Messieurs, j’ai bien réfléchi suite à notre entrevue d’hier et j’ai décidé d’envoyer mes escadres patrouiller face à Aboukir…

Simon n’était pas très sûr d’avoir compris : fallait-il être soulagé par la décision du gouverneur ou bien se préparer au pire ?

Mais, en voyant le sourire de Vincent, il sut que la partie était gagnée…

VINCENT. — C’est une sage décision, Gouverneur. Et c’est une bien meilleure stratégie que de les envoyer tourner en rond entre la Grèce et la Sicile, effectivement. Je rends hommage à votre sagacité de marin avisé.

BALL. — Oui, car ainsi, les apparences sont sauves : je cherche toujours à bloquer Bonaparte et je ne suis pas censé savoir qu’il est déjà parti… Et, en restant face à Aboukir, je ne risque pas de l’intercepter lors de son voyage de retour qui promet d’être long… Messieurs, je compte sur vous pour faire votre rapport à l’amirauté, mais le plus discrètement possible… Car si Nelson apprenait quoi que ce soit…

VINCENT. — Ce n’est évidemment pas notre intérêt Gouverneur. Rassurez-vous, nous retournons à Londres sur-le-champ et sans passer par Naples !

Une fois hors du palais, Simon ne put retenir son soulagement :

SIMON. — Je n’en reviens pas ; ça a marché juste comme tu l’avais dit !

VINCENT. — Ouais…

SIMON. — Ben quoi, t’as pas l’air content ?

VINCENT. — Je sais pas, j’ai trouvé cela un poil trop facile…

SIMON. — Tiens, pour une fois, c’est moi l’optimiste et toi le sceptique !
Bon, ça ne dit pas ce qu’on fait maintenant ?

VINCENT. — Ce qu’on fait ? Mais on rentre au TP1 évidemment !

SIMON. — Tu es si pressé de rentrer ?
Pour moi, rien d’urgent. Je préfère reculer la confrontation avec le Colonel, si tu vois ce que je veux dire… De plus, on a cette bourse pleine de pièces d’or, on pourrait peut-être s’en servir pour s’amuser un peu, non ?

VINCENT. — Se détendre, ici, à cette époque ?
À part les prostituées des auberges sales et louches de La Valette, je ne vois pas ce qu’on pourrait trouver d’amusant à cet endroit et à cette époque !
Et si je me souviens bien, ce ne sont pas les prostituées qui t’intéressent, pas vrai ?
À moins que tu n’aies repéré autre chose qui m’aurait échappé ?

SIMON. — Ah là là, ce que tu peux être rabat-joie quand tu t’y mets !

VINCENT. — Justement, j’ai hâte de rentrer au TP1 moi !
Si nous pouvons aider Abel, nous devons le faire et pour ça, plus tôt nous serons rentrés et mieux ce sera… Allez, c’est toi qui as le Translateur et qui sais t’en servir : faisons ce saut et finissons-en.

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Voilà. Bien entendu, ce livre n’est pas faut que de dialogues maous ceux-ci prennent une place prépondérante, c’est mon style d’écriture (pour la fiction du moins).

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Fermeture de mon compte LinkedIn au 1er septembre 2026

Au 1er septembre de cette année, je vais fermer mon compte Linkedin. Je l’ai ouvert en mai 2004, ça fait donc un bail !

Screenshot

Je n’ai rien à reprocher au services ni à ses membres. Simplement, je n’en ai plus l’usage, il est donc logique que je le ferme.

En 2004, Linkedin m’a servi de modèle pour créer le service 6nergies.net (ouvert en 2005), j’aurais dû faire plus simple que de copier les règles alors en vigueur sur Linkedin d’ailleurs…

Depuis, j’observais avec une certaine distance ce qui y était publié : du bon (selon moi) et du moins bon (toujours selon moi). Linkedin n’est pas devenu comme Facebook mais je préfère fermer mon compte pour me “libérer de l’espace mental”.

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Incendies de forêt : une preuve de plus que nous sommes gouvernés par des Tartuffes !

Mon ami Nicolas Joubert-Bousson vient de m’envoyer un message que je reproduis intégralement ici. Nicolas précise que c’est extrait de  l’article « Gabriel Attal a-t-il vraiment empêché la commande de deux Canadair en 2024 ? » mais il a ajouté un introduction de sa main…

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Un modèle de tartufferie des politiques

1 – Un évènement : incendie gigantesque en gironde

2 – Réactions pour les médias : Macron promet des actions jamais vues, des investissements massifs

3 – Le soufflé médiatique retombe, on en remet une couche sur le budget et les contraintes budgétaires + calendrier électoral

4 – Quand les incendies reviennent (inévitablement) : on recommence le manège médiatique mais au fond rien ne bouge

Résultat : Les forêts flambent

L’ancien Premier ministre a bien réduit le budget de la Sécurité civile, fragilisant l’achat de deux Canadair. Les nouveaux appareils qu’il évoque ont été financés par l’UE.

Gabriel Attal a pris un décret en 2024 pour limiter le budget de la Sécurité civile.

Avec l’accélération du réchauffement climatique, la France est de plus en plus confrontée aux feux de forêt. Et pas seulement sur la côte méditerranéenne, comme en témoignent les plus de 2 000 hectares qui ont déjà brûlé à Fontainebleau en Seine-et-Marne. La question se pose des moyens à mettre en œuvre pour non seulement endiguer leur déclenchement mais surtout stopper leur propagation.

En 2022, après « l’incendie du siècle » en Gironde, Emmanuel Macron avait promis « d’investir massivement pour que d’ici la fin du quinquennat, les douze Canadair dont nous disposons soient remplacés et que leur nombre soit porté jusqu’à seize ». Il n’en sera rien puisque finalement, les nouveaux Canadair ne sont pas attendus avant 2033. Pire : le gouvernement de Gabriel Attal a, entre-temps, coupé dans les budgets et fragilisé (voire empêché) la commande de nouveaux appareils.

Comme l’a montré un rapport de 2025 rédigé par les députés Damien Maudet (LFI) et Sophie Pantel (PS), l’ancien Premier ministre a pris un décret, le 21 février 2024, afin « d’annuler près de 53 millions d’euros du programme 161 destinés à l’acquisition de deux Canadair supplémentaires ». Pour Gabriel Attal, l’objectif était alors de réaliser des économies et répondre ainsi à la dégradation des comptes publics, sous l’impulsion des ministres de Bercy Bruno Le Maire et Thomas Cazenave.

Dans ses propres travaux, la sénatrice LR Françoise Dumont a elle aussi montré que les coupes budgétaires exigées par Gabriel Attal avaient empêché l’achat de nouveaux appareils. « Alors que le calendrier initial prévoyait l’acquisition, pour l’année 2024, de quatre Canadair, seuls deux appareils ont finalement fait l’objet d’une contractualisation », écrivait-elle dans un rapport déposé en novembre 2024 sur le projet de lois de finances (PLF) pour 2025. Ajoutant que la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) a dû « renoncer à la perspective de commande de deux Canadair ».

« Austérité aveugle »

En ce début d’été, les critiques sont venues de La France insoumise, et, dans une moindre mesure, du Rassemblement national, qui ont accusé Gabriel Attal, désormais candidat à l’élection présidentielle, d’avoir empêché l’achat de nouveaux appareils. « Nos 500 pompiers héroïques luttent sans les moyens nécessaires », a par exemple dénoncé Jean-Luc Mélenchon lors de son meeting à Paimpont (Ille-et-Vilaine) le 14 juillet, critiquant « l’austérité aveugle » et « l’inaction climatique » des gouvernements successifs.

En retour, Gabriel Attal lui a reproché de verser dans le « trumpisme ». « Citez-moi le seul gouvernement qui a commandé des Canadair en 20 ans. C’est le gouvernement que j’ai eu l’honneur de diriger », a déclaré l’ex-Premier ministre mercredi depuis Nevers, où il assistait à une étape du Tour de France. Ce qui est vrai.

Mais, en réalité, les Canadair évoqués par Gabriel Attal correspondent à des bombardiers obtenus via RescUE, la réserve stratégique de moyens de protection civile de l’Union européenne créée en 2019. Rien à voir, donc, avec une décision purement française puisque les budgets mobilisés pour l’achat de ces appareils sont en grande partie européens. Mieux : Gabriel Attal n’y est pas pour grand-chose, puisqu’il s’agit d’un accord fruit de plusieurs années de négociations à l’échelle des États.

La défense délicate de Gabriel Attal

Ainsi, ces Canadair n’appartiendront pas stricto sensu à la France, mais pourront être dispatchés entre plusieurs États membres. Chacun s’engageant à mettre à disposition les appareils aux pays qui en ont besoin pour faire face aux incendies chez eux.

La défense de Gabriel Attal est donc partielle, voire trompeuse. Ainsi, accuse-t-il Damien Maudet, et donc La France insoumise, d’avoir voulu réduire les moyens dédiés aux Canadair. « On croit rêver », s’indigne Manuel Bompard, alors que les députés de son groupe ont déposé pas moins de 38 amendements ces trois dernières années pour exiger le renforcement des moyens de la Sécurité civile.

Reste que la France n’est pas capable, aujourd’hui, de produire de tels engins. Seule une entreprise au Canada fabrique les Canadair. Et cela inquiète de nombreux spécialistes car l’Amérique du Nord, elle aussi confrontée à une multiplication des incendies, pourrait bien décider de garder pour elle les prochaines livraisons. D’où la volonté de Jean-Luc Mélenchon « d’avoir un avion français, fait en France, réparable en France », et celle d’Édouard Philippe (lui aussi candidat à la présidentielle), qui évoque la nécessité d’un appareil « souverain. »

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Nicolas ajoute ceci après coup :

Je trouve que ça (cette situation) illustre parfaitement mon idée fixe :

Rien n’est une fatalité. Nos problèmes récurrents, nos faillites, sont le résultats de décisions incohérentes, idiotes, teintées d’ambitions personnelles. Et que sans ces dysfonctionnements, nous pourrions avoir un mode tout à fait satisfaisant.

La médiocrité, engendre la médiocrité.

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Pasteur & Freud, les deux icônes intouchables… hélas !

De plus en plus de gens sont en train de réaliser que le niveau baisse (s’effondre !) et que la médiocrité (pour le pas écrire pire) est désormais partout (sans parler de l’arbitraire mais c’est un autre sujet).

Les références au film Idiotcracy commencent à se multiplier. J’en parlais déjà en 2013 :

Nouveau trend : il sera bientôt politiquement correct de « taper » sur les idiots !

Mais la contagion est telle que, désormais, c’est aussi chez les intellectuels qu’on trouve les pires « bas du front » qu’on puisse imaginer… Je m’explique : les cons et les abrutis, on en trouve partout, absolument partout y compris dans les milieux soit-disant intellectuel (genre les universitaires méprisants et tricheurs… suivez mon regard !) mais aussi dans certains milieux scientifiques. Deux exemples indiscutables avec Pasteur et Freud.

J’ai déjà évoqué Freud plusieurs fois sur ce blog, donc, penchons-nous cette fois sur Louis Pasteur. Il suffit de lire quelques biographies sur ce personnage pour s’apercevoir qu’il s’agit, au mieux, d’un type douteux. Tricheur, menteur, imposteur grotesque, Pasteur aura tout fait sans sa quête de gloire minable. Et c’est sur cette base que repose la religion des vaccins imposée par Big Pharma ?

Ces deux icônes (Pasteur et Freud) sont encore idolâtrées par par leurs communautés respectives et ça pose nombre de questions…

Renseignez-vous (surtout sur Pasteur car l’escroquerie Freudienne est désormais assez connue), vous n’allez pas en revenir !

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Clap de fin pour « Le monde informatique »… triste !!

C’est la rédaction qui l’annonce : LMI, c’est terminée !

Voir à https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-le-monde-informatique-s-eteint-la-redaction-debranchee-100700.html

Je trouve cela très triste car, à titre personnel, c’est une publication que j’ai toujours beaucoup appréciée et qui a même aidé ma carrière à plusieurs reprises…

Dans les années 90, j’apparaissais régulièrement dans les colonnes de LMI.  Il faut dire que, à l’époque, j’étais assez omniprésent : on pouvoir voir ma photo dans LMI, mais aussi 01 Hebdo, 01 systèmes & réseaux, Logiciels et méthodes ainsi que dans Informatique Magazine !

Voici quelques traces de ces passages dans la presse limités à LMI :

LMI du 18 octobre 1996

LMI du 23 février 1996

Au passage, on aperçoit ma toute première adresse email : alef@sqli.imaginet.fr !
ça date !

LMI du 9 février 1996

C’est ainsi, une page se tourne mais je voudrais remercier une dernière fois LMI et ses collaborateurs de l’époque (je ne connais plus aucun des présents…).

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Chronopost : la honte !!

Je ne suis certainement pas le seul à qui cela arrive mais je me suis dit que si on ne faisait rien, si on ne disait rien, cela continuerait encore et encore…

Voilà le message que j’ai reçu pour une livraison que j’attendais : Transporteur Chronopost Statut   À retirer jusqu’au Disponible en consigne   lundi. Je passe sur le côté cryptique du message (on peut comprendre que mon colis sera disponible en consigne (l’endroit est indiqué ensuite…) à partir de lundi…

« Passé la date limite de retrait, votre colis sera renvoyé à l’expéditeur. », hélas, cette « date limite de retrait » n’est pas indiquée, elle !

C’est une honte !
Je reçois les livraisons de « colis privé » et de « La poste » mais Chronopost est la seule incapable d’aller jusqu’au bout… ça fait des années que je commande régulièrement à Amazon et je n’ai des problèmes de livraisons qu’avec Chronopost, toujours eux !
Pour être juste, il y a eu certains livreurs chronopost qui étaient sérieux et fiable mais, pour les autres, c’est simplement honteux !

Quand donc Amazon va-t-elle comprendre qu’il ne faut PLUS (plus du tout !) passer par Chronospost ?

De plus, cette réponse (de Chronopost) est complètement hypocrite… extrait :

Pour récupérer votre colis, privilégiez la marche, le vélo ou les transports en commun. Parce que nous avons tous un rôle à jouer pour limiter notre impact écologique !     Chronopost s’engage, aux côtés de Geopost, à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre pour atteindre zéro émission nette d’ici à 2040   Consultez notre page RSE     Prière de ne pas répondre à ce message.

Ben voyons !

J’habite en pleine campagne et leur fameux « pickup » est à plus de 25 km de chez moi… comment je fais pour y aller ?
La marche ou le vélo… par cette chaleur, bonne chance !
Les transports en commun ? Dans mon coin, c’est simple : zéro transport en commun !

Donc, Chronopost ajoute la blessure à l’injure !

Si je commande en ligne, c’est justement pour être livré (et ne PAS me déplacer) et là, la promesse n’est pas tenue… Je saurais m’en souvenir.

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« Le moment venu, laissez l’industrie de l’IA brûler », un article d’Ed Zitron (sa conclusion)

J’ai déjà reproduit ici différents article d’Ed Zitron. Je pense que cet analyste est très pertinent pour mettre des mots sur cette situation absurde !

Traduction (partielle) d’un article d’Ed Zitron : Où se trouvent tous les centres de données (data centers) ?

L’arnaque de l’IA générative, encore un (excellent) article de Ed Zitron

En voilà un nouveau à https://www.wheresyoured.at/let-ai-burn/?ref=ed-zitrons-wheres-your-ed-at-newsletter

Cette fois, je me suis contenté de traduite la fin, la conclusion et c’est savoureux…

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Le moment venu, laissez l’industrie de l’IA brûler

Je le répète :

Pas de plans de sauvetage, pas d’aides publiques, pas de traitement de faveur, pas d’allégements fiscaux, pas de « CHIPS Act » et pas de fonds souverain. Il est temps d’envoyer l’industrie de l’IA se faire foutre, car c’est exactement ce qu’elle a fait subir au reste de la société. Ces entreprises doivent être contraintes de voler de leurs propres ailes et de mourir dignement si leurs modèles économiques lamentables ne tiennent pas la route.

Les gouvernements du monde entier se sont couchés et ont offert le ventre à l’industrie technologique bien trop longtemps ; ils se sont laissé berner de manière éhontée par certaines des personnes les plus riches de la planète, leur faisant croire que ces connards de Sam Altman et Dario Amodei bâtissaient autre chose que les logiciels les moins rentables de l’histoire.

Nous n’avons besoin ni d’une « stratégie souveraine en matière d’IA », ni d’un « fonds souverain pour l’IA », ni de « garantir la domination américaine dans le domaine de l’IA » — du moins pas lorsqu’il s’agit de grands modèles de langage (LLM), la technologie sous-jacente de ChatGPT et Claude, deux des logiciels les plus surestimés et les plus trompeurs de l’histoire en termes de marketing.

Peu importe que les LLM soient des outils utiles ou non ; l’industrie de l’IA a exigé du monde entier qu’on lui livre autant de terres, d’argent et de ressources qu’elle le souhaitait pour continuer à propager une technologie qui n’a jamais généré que des pertes et qui ne présente aucune perspective de viabilité économique. Si cette technologie a pu aller aussi loin, c’est uniquement parce que le secteur technologique s’est rallié à elle pour masquer le fait qu’il n’avait aucune « prochaine grande innovation » à proposer ; or, rien — absolument rien — de ce qu’un LLM peut accomplir ne justifie de tels investissements.

Et elle n’en est arrivée là que grâce à des médias économiques et technologiques sous influence, qui ont exagéré ses capacités tout en balayant d’un revers de main ses problèmes évidents d’efficacité et son instabilité économique. Trop d’observateurs se sont laissé séduire par de jeunes hommes blancs aux idées fantaisistes promettant de créer une intelligence artificielle, et lorsque les marchés plongeront dans le rouge, ces gens devront assumer leur responsabilité. Une grande partie du prétendu journalisme consacré à l’IA a servi à enrichir ceux qui l’étaient déjà et à gonfler une bulle qui fera souffrir des centaines de millions de citoyens ordinaires à travers le monde, tandis que Sam Altman et Dario Amodei resteront milliardaires, quel que soit le sort réservé à leurs entreprises. Le moment venu, l’industrie de l’IA devra brûler. Il faudra la laisser mourir. L’IA générative a déjà reçu bien trop d’argent, d’oxygène et d’attention ; si elle ne peut survivre sans un apport continu de capital-risque et le chouchoutage des médias, c’est qu’elle est inutile et sans valeur. Elle devra alors affronter la réalité brutale à laquelle tout citoyen ordinaire est confronté en cas d’échec.

Il n’est pas question de « sauver » ces entreprises lamentables. Injecter 42 milliards de dollars chez OpenAI ou Anthropic ne corrigera pas leurs modèles économiques, pas plus que cela ne fera apparaître par magie les 400 milliards de dollars (ou plus) de revenus annuels nécessaires pour justifier les seules ventes de GPU pour l’IA de NVIDIA jusqu’à fin 2027.

Ces gens ne bâtissent pas l’avenir : ils cherchent des moyens de consolider le statu quo, d’offrir à Microsoft, Google, Amazon et Meta des leviers pour accroître leurs revenus et centraliser les infrastructures sous couvert d’« innovation ».

Si des décideurs politiques lisent ceci, sachez que l’industrie de l’IA vous a dupés. Ils veulent vous faire croire qu’ils sont indispensables afin que vous les sauviez, eux et leurs riches amis, le moment venu, ou que vous détourniez l’argent des contribuables pour construire leurs centres de données. Ils ne créent pas d’intelligence autonome, et ils ne le feront jamais.

Il me semble illusoire d’imaginer que cette bulle aura un jour de véritables conséquences ; mais si tel devait être le cas, les responsables seraient Sam Altman, Dario Amodei, Satya Nadella, Sundar Pichai, Andy Jassy, ​​Jensen Huang, Mark Zuckerberg et tous ceux qui ont orchestré de force l’adhésion à une technologie sans issue, préparant ainsi le terrain pour la prochaine grande crise financière mondiale.

Tant que rien ne changera, l’industrie technologique sera incapable de bâtir autre chose que du consensus et le renforcement du statu quo.

Alors, crachez au visage de ceux qui évoquent ne serait-ce qu’un sauvetage, refusez-le catégoriquement et exigez qu’ils accomplissent la tâche complexe et ingrate de réfléchir aux conséquences réelles de cette erreur collective. Lorsque cette ère prendra fin, il faudra disséquer minutieusement cet effondrement pour éviter qu’il ne se reproduise, en identifiant les organisations et les personnalités qui ont servi à fabriquer le consentement et à propager les mythes entourant les grands modèles de langage (LLM).

Par le passé, les grandes bulles financières ont rarement permis d’établir clairement les responsabilités. Le carnage qui, je le crains, suivra l’effondrement de cette époque sera effroyable ; nous devons tout mettre en œuvre pour comprendre parfaitement comment nous en sommes arrivés là et veiller à ce que cela ne se reproduise plus. Cela impliquera des discussions difficiles sur notre système financier, notre écosystème médiatique ainsi que sur la manière dont l’innovation est financée, conçue, achetée et vendue.

Il en va de même pour les adeptes de cette époque. Certains nourrissent une véritable hostilité envers ceux qui refusent de reconnaître d’emblée une entité à but lucratif comme leur seigneur et sauveur. C’est une situation malsaine au sein de l’industrie technologique à laquelle il faut mettre un terme.

Une grande partie de cela sera inévitable, car je pense que ce qui suivra la bulle de l’IA sera une plus grande réévaluation de l’industrie technologique, une prise en compte nécessaire de la réalité pour une Silicon Valley qui est bien plus redevable au capital qu’au progrès humain. Les cultes de la personnalité qui dominent cette industrie ne se soucient pas de vous, ni de moi, ni de quiconque autre que ceux qu’ils vénèrent et leur placement théorique dans leur rêve d’une société dominée par les riches et leurs copains élus.

Je refuse d’accepter leur avenir comme une fatalité.

Comme je l’ai dit il y a quelques semaines :

La bulle de l’IA est présentée comme l’avenir, mais elle ressemble en réalité à la mort de la Silicon Valley. Seule une industrie technologique dominée par la richesse symbolique et la création de valeur pourrait supporter un gaspillage de mille milliards de dollars pour un résultat encore théorique, et seule une Valley intellectuellement pourrie serait aussi facilement escroquée par des gens comme Dario Amodei et Sam Altman.

Cette époque doit prendre fin et tous les échecs doivent pouvoir échouer.

Laissez l’IA brûler.

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Oui, toute cette situation est absurde et malsaine. Et il faut la dénoncer même quand une grande majorité des observateurs se contentent de bêler « mais quoi, c’est l’aaaaaveniiiiirrrr ! ». Soyez du côté des conscients, des éveillés, refusez les situations absurdes.

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Une pluie de mises à jour pour les titres de SimRacing…

Comme je l’ai déjà signalé plusieurs fois, j’ai désormais un blog dédié au SimRacing et c’est donc là que je met en avant les nouveautés en la matière…

Dernièrement, il y a eu plusieurs vagues de mises à jour des principaux titres et, si le sujet vous intéresse, je vous invite à consulter les articles idoines…

La mise à jour 1.6.9.9 d’Automobilista2

Encore des mises à jour tout azimut !

Encore une màj de PMR, enfin de l’espoir en vu ?

 

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La bataille De Gaule (volet 2) : enthousiasmant !

Les gauchiasses détestent ce diptyque, raison de plus d’aller le voir !!

Déjà, il y a un mois, je vous disais tout le bien que je pensais du premier volet…

Un film récent que je recommande : voir « La bataille De Gaule (volet 1) », c’est faire un acte (modeste) de résistance !!

Mais le second volet (vu hier) est tout aussi bon voire meilleur !

Allez-y !

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Les illusions de la fusion nucléaire contrôlée (projet ITER)

Voici un extrait de mon livre « Le fait technique » sur la fusion nucléaire contrôlée à travers le projet ITER. Pourquoi mettre un focus là-dessus ?
Parce que, bientôt, la mode des ordinateurs quantiques va revenir au premier plan (suite au crash prévisible de la bulle de l’IA !). Or, cette mode est illusoire et une façon de le démontrer est de revenir sur une mode qui dure depuis longtemps (la fusion nucléaire contrôlée) et de pointer que ses promesses ne tiennent pas debout.

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Cette fois, parlons de la fusion contrôlée et du projet Iter qui représentent, bon gré mal gré, notre espoir d’avoir recours à ce type de centrale à l’avenir (un avenir lointain comme on va le voir !).

Penchons-nous sur le projet ITER, coopération internationale géante et coûteuse. ITER est le symbole absolu des utopies mensongères qui hypnotisent les politiques et leur font prendre des décisions délirantes avec allégresse.

Ici, j’ai compilé des extraits d’une série d’articles publiés sur le site reporterre (voir à https://reporterre.net/Le-futur-reacteur-nucleaire-Iter-un-projet-titanesque-et-energivore) .

le Département de l’énergie américain s’est peut-être montré plus réaliste en estimant le coût total d’Iter à 65 milliards de dollars (environ 54 milliards d’euros). Hormis la Station spatiale internationale, c’est l’expérience scientifique la plus chère de l’histoire humaine.

(…)

Du fait de sa vocation expérimentale, Iter n’est pas raccordé à des turbines et ne produira donc pas d’électricité. Les premiers tirs de plasma avec deutérium et tritium ne commenceront qu’en 2035, une fois la machine assemblée, sa stabilité et son étanchéité testées. Un prototype de réacteur, Demo, serait construit vers 2050, puis toute une filière de fusion nucléaire « à l’horizon 2070 », estime prudemment Joëlle Elbez-Uzan. Mais Iter entend déjà démontrer qu’avec son plasma autoentretenu, le réacteur générera « la première production d’énergie nette de toute l’histoire de la fusion » en créant « une amplification d’un facteur 10 : soit 50 mégawatts (MW) en entrée et 500 mégawatts en sortie ». C’est la première chose que l’on vous apprend sur Iter. Avec très peu de combustible et de déchets, on va décupler l’énergie : on injecte 50 MW, on en obtient 500 MW.

Le problème, c’est que c’est faux. Ou, du moins, ce n’est que très partiellement vrai. Steven B. Krivit, journaliste scientifique étasunien, spécialiste de la fusion nucléaire, y a consacré une enquête, puis un film. Au moment des tirs de plasma, explique-t-il, pour produire ces 50 MW de chaleur qui seront injectés dans le tokamak, compte tenu de toutes les infrastructures présentes sur le site, des systèmes de chauffage et des pertes énergétiques, Iter consommera entre 300 et 500 MW. Soit presque autant que l’énergie qu’il est censé en produire. Et cela sans compter l’énergie grise du réacteur, c’est-à-dire l’énergie nécessaire à la production de tous ces composants, de leur acheminement, etc., nous parlons ici simplement de la puissance électrique qu’Iter prélèvera dans le réseau RTE.

« Ce réacteur est fait pour produire des particules [neutrons] de fusion qui ont dix fois la puissance injectée dans les particules, précise Steven B. Krivit, non pour produire dix fois l’énergie qu’il consommera. » Si l’expérience menée à Iter fonctionnait, et qu’il était raccordé au réseau électrique, le bilan énergétique serait nul. Une « omission stratégique », selon Krivit, qui éloigne considérablement la perspective de produire de l’électricité par fusion nucléaire. Cette subtile distinction entre la quantité d’énergie consommée pour amorcer la réaction et la quantité d’énergie consommée par le réacteur (comme son usine cryogénique géante) n’est jamais expliquée au public ni même, vraisemblablement, au personnel d’Iter.

(…)

Des déchets radioactifs ? L’une des promesses de la fusion nucléaire n’est-elle pas, justement, de ne pas en créer ? « L’un des gros avantages de cette filière nucléaire, affirmait en 2020 Alain Bécoulet sur France Culture, c’est qu’on ne promène pas de produits radioactifs ni à l’entrée ni à la sortie. » Reprenons ces arguments. Pas de produits radioactifs en entrée ? Cela n’est valable qu’à l’état de pari sur l’avenir. La réaction prévue à Iter nécessite du tritium radioactif, il proviendra des réacteurs de fission nucléaire à eau lourde du Canada qui en produisent.

Un jour peut-être, ce ne sera plus nécessaire, si la couverture de la chambre à vide en béryllium permet de produire du tritium au sein même du tokamak, à partir de lithium soumis aux neutrons. Mais l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) considère que « cet objectif, qui est une condition sine qua non de l’exploitation industrielle des réacteurs à fusion de type tokamak pour la production d’électricité, est difficile à obtenir ».

Pas de produits radioactifs à la sortie ? C’est manifestement faux. « Lors d’une expérience de fusion, analyse Michel Claessens, ancien directeur de la communication d’Iter, dans son livre Iter, étoile de la science, à peine 2 % du tritium sera consommé, les 98 % restants se répandront dans les conduites et les matériaux. On ne peut donc éviter la contamination de l’eau de refroidissement par du tritium. » Il faudra constamment récupérer le tritium absorbé par les parois pour essayer de le réinjecter dans le réacteur, et séparer le reste de ce tritium de l’eau de refroidissement pour le fixer dans des matrices, comme le béryllium, avant de le stocker. Plus encore, il faut garder à l’esprit que l’ensemble du gigantesque tokamak de 23 000 tonnes (trois fois le poids de la tour Eiffel), irradié tout au long des expériences, deviendra lui-même un monceau de déchets nucléaires. Autant de métaux qu’il sera presque impossible de recycler.

En réalité, l’Organisation Iter a toujours — discrètement — précisé que le réacteur générerait bel et bien des déchets radioactifs, mais « pas de déchets de haute activité à vie longue » — ceux qu’on envisage d’entreposer à 500 mètres sous terre pour plusieurs dizaines de milliers d’années. On aurait a minima 40 000 tonnes de déchets à stocker pour cinquante ans, dont le béryllium irradié devenu, du fait de sa teneur en uranium, déchet de moyenne activité à vie longue. Dans les réacteurs de fusion, « le niveau de radioactivité par kilo de déchet devrait être inférieur à celui des réacteurs de fission, résume Daniel Jassby, physicien émérite en fusion nucléaire de l’université de Princeton, mais leur volume et leur masse devraient être supérieurs. »

Un peu long, mais nécessaire

Bon, j’ai conscience que ça fait beaucoup à digérer, mais il faut bien faire des efforts si on veut aborder les points importants !

Récapitulons, ITER nous a été présenté (depuis des années) comme capable de générer dix fois l’énergie consommée et sans production de déchets radioactifs. Or, nous avons vu que sur ces deux points cruciaux, la réalité est bien éloignée de la propagande (quelle surprise !). Arrêtons-nous un instant sur ces deux points et réalisons que la propagande technique claironne depuis des décennies (oui, cela fait depuis les années quatre-vingt qu’on agite continuellement ces trois fausses promesses en faveur de la fusion : inépuisable, rendement x10 et pas de déchets radioactifs) sont tout simplement des mensonges. Mais ces mensonges ont tellement été répétés sur tous les tons et dans tous les médias que, désormais, tout le monde en est persuadé, de bonne foi.

Donc, peu importe que tout cela soit du vent, ITER doit se faire et se fera, vaille que vaille. Mais, même si c’est super dangereux ?

En effet, dernier point et pas le moindre, il s’avère qu’ITER est potentiellement dangereux, très dangereux même…

Tout d’abord, il est très difficile de prévoir comment se comportera ce plasma en régime de fusion nucléaire à plus de 150 millions de degrés Celsius (la température du centre du soleil est de 15 millions de degrés). Dans ce « quatrième état », la matière est sujette à des turbulences qui, malgré de nombreuses recherches, restent imprévisibles. Dès le premier tir de plasma, le tokamak — cette enceinte de 23 000 tonnes dont l’étanchéité doit être absolue et qui a nécessité l’assemblage de 1 million de composants « au millimètre près » — pourrait être perforé par les 15 millions d’ampères qu’il faut faire circuler dans la chambre à vide pour confiner le plasma.

Le divertor, l’un de ses composants critiques, sorte de cendrier de 540 tonnes en tungstène chargé d’évacuer la chaleur, « pourrait fondre, explique dans une récente vidéo Peter Rindt, chercheur en fusion à l’université de technologie d’Eindhoven (Pays-Bas) et chargé de la conception du futur prototype de réacteur Demo, qui serait construit vers 2050. Et si le plasma est déstabilisé, il peut être détruit en une milliseconde, soit un investissement à l’échelle du milliard de dollars fichu en l’air ». Chacune de ces avaries nécessiterait de revoir toute l’étanchéité de l’édifice. Mais la radioactivité y sera telle qu’aucun humain ne pourra intervenir, et il faudra remplacer les pièces et colmater les fuites de façon entièrement robotisée.

Or, “colmater les fuites de façon entièrement robotisée” est tout à fait illusoire : on s’en est rendu compte (douloureusement !) à Tchernobyl et Fukushima !

Il est clair que si on ne sait pas encore maîtriser les centrales nucléaires classiques (comme on l’a vu plus haut), il est douteux qu’on y arrive avec un système aussi compliqué et instable qu’ITER sur lequel, répétons-le, nous n’avons aucun recul. Une fois de plus, on voit bien que le progrès technique doit se faire, coûte que coûte (quels que soient les dangers) et que nous n’avons aucun pouvoir pour l’en empêcher.

C’est l’épisode de la bombe atomique qui se rejoue encore et encore : on doit faire la bombe et on doit l’essayer, point.

En attente d’un Graal énergétique

Mais si la fusion nucléaire est un espoir ténu et très lointain (on parle désormais de 2070… comme pour confirmer la blague récurrente à propos de la fusion qui veut qu’elle sera prête dans cinquante ans et ce depuis les années soixante-dix !), pourquoi donc notre technostructure y reste-t-elle si attachée ?

Sans doute parce qu’on est toujours en attente d’un nouveau “Graal énergétique” qui donnera le coup d’envoi pour une nouvelle et longue période de croissance. Et comme la croissance est l’objectif ultime qui justifie tout, les politiques sont aux aguets de la moindre promesse qui paraît crédible et va dans ce sens. D’où les aveuglements absurdes sur l’hydrogène et la fusion nucléaire.

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A propos du film « Citizen Vigilante » : le film interdit « qu’ils » ne veulent pas que vous puissiez voir !

C’est la polémique (on peut même dire « un scandale » en fait) du moment : le récent film Citizen Vigilante.

Voilà un film qui est tout simplement interdit partout !
Tout simplement parce que cela « appelerait à la violence envers les populations immigrées… Là, on est dans le « politiquement incorrect » niveau 100 !

La seule possibilité de le voir, c’est de le trouver en streaming, illégal bien sûr…

Pour répondre tout de suite à cette question : non, ce n’est pas un film anti migrants puisque la diversité y est vraiment respectée (ouarf !).

Citizen Vigilante ☆ 2026 VOSTFR by tokyvideo.com

Bon, je l’ai regardé entièrement (et vous pouvez vous aussi le faire grâce à mon intégration ci-dessus de la copie disponible sur tokyovideo.com) et voici mon avis dessus… Ce film n’est pas excellent (il y a des scènes absurdes et qui auraient pu être évitées, comme celle de l’accident de la voiture jaune ou la massacre des policiers dans la villa) sur le plan du scénario et du reste. C’est brute de fonderie, directement au sujet essentiel : arrêtez d’être des victimes !

Ce film est exceptionnel pour ce qu’il montre (pas dans sa forme -plutôt médiocre- mais bien dans son fond) car, clairement, ce qu’on voit dans ce long-métrage, on ne le voit jamais, nulle part, tout simplement.

Même si ce n’est pas un bon film (il faut le dire), CITIZEN VIGILANTE dit tout haut ce que beaucoup de gens pensent tout bas. Tellement à contre courant de la bienpensance actuelle qu’il en est fascinant. La seule vraie qualité de ce film (médiocre sur le plan cinématographique) : son honnêteté.

Le fond de l’argument vise le système judiciaire plutôt que les petites frappes issues de l’immigration (y a aussi des blancs qui prennent tarif !) : c’est dans le laissez-faire du système judiciaire que ce situe le coeur du problème d’après le réalisateur et c’est cela que ce « vigilante » cherche à redresser (comme le montre l’enlévement et « l’exécution » du juge).

C’est clair que si le système laisse-faire, capitule ou même encourage la délinquance (et c’est ce que peut ressentir devant l’attitude de la justice qui va excuser des squatters -par exemple- et punir les honnêtes propriétaires), il y a aura toujours des petites crapules pour s’engouffrer dans la brèche et en profiter, quelles que soit leurs origines et couleurs de peau, point.

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Le passage de la mécanographe aux ordinateurs, un moment-clé dans l’histoire de l’informatique moderne…

Aujourd’hui, je vous propose de revenir sur un épisode intéressant et significatif de l’histoire de l’informatique : le moment où les organisations sont passées de la mécanographie (qu’elles maitrisaient bien) aux ordinateurs qu’elles découvraient… Ces extraits sont issue de mon livre « La déception informatique« .

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L’implantation de l’informatique au sein des organisations a commencé par l’automatisation des calculs (dans les années 1960 jusque dans les années 70). Il s’agissait alors de remplacer les systèmes de mécanographie, déjà très présents dans les organisations par des ordinateurs afin, prétendument, de gagner du temps.

Et effectivement, il y a eu des gains de temps énormes pour les calculs complexes (et surtout dans les domaines de pointe : sciences, militaire, spatial), mais cela entraîna aussi la création de nouvelles tâches (maintenance, programmation, gestion des données, entre autres).

La propagande commerciale s’est aussitôt emparée de ces succès initiaux et spectaculaires pour imposer un discours où l’avantage de vitesse de la nouvelle informatique (en particulier en opposition à la mécanographie qu’il fallait remplacer) était incontestable. Mais, il faut se souvenir que ce n’était alors qu’une posture destinée à valider la transition depuis la mécanographie (dont le marché apparaissait comme en phase de saturation) vers l’informatique (qui semblait offrir un bien meilleur potentiel commercial).

La mécanographie est un ensemble de techniques mécaniques ou électro-mécaniques permettant le calcul, le traitement et la publication de l’information. Elle consiste essentiellement à rechercher et à étudier les possibilités offertes par un système ou un moyen mécanique ou électromécanique afin d’exécuter rapidement un algorithme et d’en afficher le résultat.

Avant l’émergence de l’informatique (terme apparu en 1962), la mécanographie avait pour but la réalisation de travaux de comptabilité, de gestion et de statistiques, en utilisant, comme support d’entrée des données, des cartes perforées, ou plus accessoirement des bandes perforées, voire directement des saisies sur clavier électromécanique. Source https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9canographie 

Ce narratif a connu deux phases : d’abord en comparant les systèmes mécanographiques aux ordinateurs (c’est nouveau, c’est mieux, ça va plus vite…) puis en niant cette comparaison pour mieux mettre en valeur une différence de potentiel (genre “c’est tout autre chose, c’est un autre monde, ça n’a rien à voir si ce n’est l’emploi des cartes perforées…”).

On peut voir ici que les “spin doctors” sévissaient déjà dans les années 60 !

Le discours a été ainsi “rectifié” afin de ne pas laisser de prise à la critique (“ça va plus vite” est-ce si sûr ? Car ce n’est pas ce que je constate… “en fait, c’est autre chose, un monde de possibilités nouvelles !”).

La ringardisation de la mécanographie

Une des conséquences (voulue ?) de la propagande en faveur de l’informatique a été la ringardisation de la mécanographie. Les entreprises qui résistaient au passage à l’informatique avaient du mal à recruter, y compris dans les rangs des spécialistes du domaine, car ces derniers voulaient surtout se recycler dans le domaine informatique qui était alors décrit comme étant “l’avenir”…

Pratiquement à la même époque, on a eu le même phénomène dans le domaine des tracteurs. Voici un extrait de mon livre “Le fait technique” qui illustre bien ce parallèle entre les deux transitions :

Une autre vague a achevé la transformation du paysage rural dans les années cinquante : la généralisation du tracteur. Or, cette fois, le tracteur n’est pas seulement la pièce maîtresse et le couronnement de cette évolution vers une agriculture entièrement mécanisée (ou presque), c’est aussi un élément de standing…

Le tracteur, élément de standing, non ? Et pourtant si !

En effet, à cette époque de tournant sociétal, le paysan se transforme en agriculteur et cette métamorphose permise par le progrès technique lui permet de rester en phase avec l’air du temps. Dans le monde paysan, la différence sociale se faisait jusqu’alors par l’étendue de vos possessions (le propriétaire terrien était un “Monsieur” alors que le paysan seulement accroché à sa petite ferme et à son lopin de terre était juste un croquant !). À partir de l’irruption du tracteur dans les campagnes, la différence sociale va se faire entre ceux qui sont équipés (et qu’on va désormais désigner comme “agriculteur”, le terme renferme un parfum technocratique qui sied bien à son objectif) et ceux qui ne le sont pas et qui sont alors désignés comme des « bouseux » sans envergure, quelle que soit l’étendue de leurs terres. Les pères se retrouvent obligés d’acheter un tracteur s’ils veulent voir leurs exploitations reprises par leurs fils qui, bien sûr, ne veulent pas passer pour des bouseux…

C’est ainsi que la “modernité” s’est imposée aussi bien dans les campagnes que dans les locaux conditionnés réservés aux ordinateurs : en ringardisant les techniques traditionnelles.

Revenons à notre premier argument en faveur de l’informatique, “plus vite”…

On a surtout gagné en complexité…

Au final, on a sans doute gagné en vitesse (un peu), mais au prix d’une complexification des processus (par rapport aux systèmes mécanographiques) et d’une dépendance aux systèmes informatiques (deux tendances qui se sont confirmées par la suite…). Cependant, il faut reconnaître que les ordinateurs avaient un potentiel plus élevé que les systèmes mécanographiques et cela s’est révélé par la suite, mais au prix de nombreux efforts et de dépenses importantes.

Sur le sujet « mécanographie vs ordinateurs », j’ai reporté une partie des informations utiles dans l’annexe qui se trouve à la fin de cet ouvrage.

Plus vite ou plus de productivité ?

Mais ce n’était que la première étape… Celle du batch (le traitement par lots). Dans les décennies qui ont suivi cette première étape (années 1980-90), nous sommes passés aux traitements en temps réel qui permettaient le transactionnel (qui permet des réponses instantanées pour des applications le nécessitant comme les réservations aériennes, ou les transactions bancaires, les premiers des exemples mis en avant pour justifier le passage au transactionnel). Cette évolution avait le double avantage de rendre nulle la comparaison avec la mécanographie et d’élargir encore le champ applicatif.

À partir de là, l’argument “plus vite” n’a plus besoin d’être justifié puisqu’il n’y a plus de point de comparaison valable. L’informatique s’est sortie de l’héritage des pratiques anciennes et s’est satellisée dans la modernité !

Cela permet de passer de l’argument “ça va plus vite” (qui peut facilement être contredit) à celui de “ça améliore la productivité” qui est déjà plus difficile à contrer, car la productivité est délicate à mesurer dans le domaine de la gestion.

Mécanographie vs ordinateurs ou comment le narratif a permis de sacraliser la nouvelle venue (l’informatique)

La mécanographie, qu’est-ce que c’est ou, plutôt, qu’est-ce que c’était ?

Parce qu’aujourd’hui, cette technique a complètement disparu des organisations.

Je vais tenter de vous l’expliquer simplement. Mais quand je suis arrivé dans le métier (1977), la mécanographie avait déjà disparu !

En gros, il s’agissait d’effectuer des tris et des calculs en s’appuyant, en entrée, sur des cartes perforées qui étaient avalées par une série d’appareils (trieuse, tabulatrice) qui, à eux tous, représentaient le système mécanographique. La “programmation” (rustique et limitée) se faisait à travers un tableau de connexion (un fouillis de câbles !) mis en place selon les travaux demandés (tris, calculs, totalisation, etc.).

Bon, c’est grossièrement résumé, mais ça donne une idée de ce qu’était la mécanographie.

Sans vouloir insister sur le déroulement de l’histoire de l’informatique (je l’ai assez fait par ailleurs), il est tout de même bon de revenir sur le contexte de cette période…

Voici quelques extraits de “La mise en récit managériale des ordinateurs en France dans les années 1960” par Cédric Neumann (source https://journals.openedition.org/artefact/12043).

Dans le cadre d’une industrie de l’offre, comme celle des matériels mécanographiques puis informatiques, où la relation entre les demandes des clients et les caractéristiques des machines n’est pas claire, les constructeurs mènent une intense activité de propagande commerciale. Ils produisent des récits destinés aux prospects qui peuvent s’appuyer sur des démonstrations : des mises en scène de machines dans le cadre de visites d’ateliers clients ou encore de manifestations commerciales, en particulier le Salon international de l’équipement de bureau (SICOB), organisé chaque année en France.

Pour les constructeurs, il faut renouveler les récits commerciaux afin de faire correspondre l’évolution du marché à leurs cycles d’innovation. Dans cette optique, les calculateurs sont présentés comme étant dans la continuité des machines classiques tout en étant supérieurs à celles-ci. Ainsi, les constructeurs insistent sur la rapidité des calculateurs, qu’ils présentent comme un perfectionnement des machines classiques dans la perspective d’un renforcement de la productivité.

À partir de la première moitié des années 1960, les dirigeants de SSII contribuent fortement à la circulation et à la radicalisation du récit produit par les constructeurs. Initialement, les entreprises et les administrations transposent sur ordinateurs les travaux effectués par la mécanographie et communiquent sur les gains de productivité. C’est le cas au groupe Drouot ou encore à la SNCF. La transposition permet de donner une justification simple de l’utilité de l’emploi des ordinateurs.

Cependant ce type de présentation pose problème. La transposition ne s’accompagne pas nécessairement de gains de productivité par rapport aux machines classiques et, lorsqu’ils existent, ils ne compensent pas les coûts supplémentaires induits par les ordinateurs. La transposition, cohérente avec la propagande commerciale des constructeurs, est progressivement assimilée à un sous-emploi des ordinateurs dans la littérature de gestion. Ainsi la question de la rentabilité se déplace d’économies quantitatives (la productivité) vers des aspects qualitatifs (la gestion).

“Je m’étais fait tout un monde sur l’arrivée de cet ordinateur. Finalement tout s’est très bien passé. Nous avons tout simplement fait suivre des cours de programmation au personnel de notre service ‘cartes perforées’ classique qui s’est tiré d’affaire seul pour mettre nos travaux sur ordinateur”.

Un moment plus tard, cet ami me confie avec scepticisme : “En définitive avec l’ordinateur on fait les mêmes travaux qu’avec le service cartes perforées, mais pour beaucoup plus cher”.

Évidemment et c’est bien là qu’est tout le problème – la simple transposition coûte très cher.

Cette présentation permet de répondre aux critiques sur l’utilisation des ordinateurs en renversant les critères d’évaluation liés aux machines mécanographiques. De cette manière, ils construisent des récits dans lesquels les ordinateurs sont un phénomène d’une nature différente de la mécanographie. Les utilisations sous-optimales des ordinateurs sont « mécanographiques » et la conséquence de l’incompréhension de la différence d’essence entre les calculateurs et la mécanographie. Un chef d’entreprise résume cette différence entre la mécanographie et les calculateurs :

Vous pouvez dire aux chefs d’entreprise qui envisagent de “passer sur ordinateur” que la différence entre les modes plus traditionnels de traitement des informations et les ordinateurs n’est pas de degré, elle est de nature. C’est tout autre chose. C’est un autre monde. […] Nous pensions avoir à effectuer un simple prolongement de ce que nous connaissions avec les cartes perforées, puisque les cartes perforées peuvent être utilisées à l’entrée de l’ordinateur. Quelle innocence !

En associant les ordinateurs à la gestion intégrée, les managers produisent un récit dans lequel les ordinateurs permettraient de découvrir la véritable nature des entreprises. Parce que les ordinateurs produisent des informations plus nombreuses, plus disponibles et plus exactes, ils conduiraient à redéfinir les organisations autour de la circulation de l’information. Dans un entretien qui réunit Alain Robert Schlumberger, président fondateur de la Société d’études et de réalisation pour le traitement de l’information (SERTI), une SSII, et Jacques Maisonrouge, directeur d’IBM-Europe, est affirmé que « nous étions myopes, et ce sont les premiers ordinateurs qui nous ont révélé un monde au-delà de notre vision à courte distance, le monde du traitement de l’information ».

À partir de la deuxième moitié des années 1960, les thématiques de la gestion intégrée s’inscrivent dans un registre de récit plus général : celui de la « révolution informatique ». L’existence de cette dernière est affirmée aussi bien parmi de hauts fonctionnaires, des dirigeants de SSII et d’entreprises construisant des ordinateurs, des directeurs de services informatiques d’entreprises utilisatrices ainsi que de divers représentants de l’essayisme économique des années 1960 (par exemple, Louis Armand, Jean-Jacques Servan Schreiber ou encore François de Closets). La notion apparaît dans un contexte où l’informatique devient un enjeu majeur des politiques de planification avec la mise en place du plan Calcul et de la délégation interministérielle à l’informatique en 1966.

Il faut admettre que nous sommes entrés dans un monde où la seule chose certaine est le changement. La nécessité du changement est la réponse inévitable à la croissance économique, et l’ordinateur n’est en fait que l’outil qui permet de mettre en œuvre ces changements, et d’envisager des structures de l’économie différentes.

Pierre Lhermitte, auteur pour le conseil économique et social du Pari informatique

Les ordinateurs représentent l’avenir. […] L’avènement de l’informatique est une des manifestations de l’entrée des sociétés modernes dans une ère de changement permanent.

Michel Crozier consacre un chapitre de La Société bloquée aux conséquences révolutionnaires de l’informatique

On le voit dans ces extraits, il y a eu une diffusion d’un “narratif” (grâce aux efforts répétés des constructeurs et des SSII) à tous les étages martelant les gains supposés qu’apportait l’informatique.

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Je trouve que cet épisode est très significatif car on y trouve les ingrédients qui vont être utilisés tout au long de l’histoire de l’informatique moderne : un narratif (bien « spiné »), des arguments imparables (mais jamais vérifiés formellement dans les faits et la pratique) et des témoignages d’experts (livres, conférences) qui relaient et renforcent la propagande technique. Comme toujours, rien n’a changé et on gagne beaucoup à étudier le passé.

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10000 km en vélo électrique

Je viens de passer la barre des 10000 km sur mon vélo électrique (un Moustache, marque française Monsieur !).

Avant…

Après !

Bon, ce n’est pas un exploit car il y a de nombreux cyclistes qui font bien mieux et sans assistance électrique !

J’ai acheté ce vélo (neuf) en 2017 :

Le vélo à assistance électrique est enfin au point, profitez-en !

Donc, 10000 km en presque dix ans, ça n’est pas exceptionnel mais cela me permet de vous donner un retour d’expérience qui s’appuie sur une pratique avérée…

Tout d’abord, pour un vélo à assistance électrique (VAE) et non pas un vélo « normal » ?

Eh bien, pour une raison simple : en faire régulièrement et ne pas avoir d’excuse pour ne pas en faire, tout simplement !
En effet, le VAE supprime (presque) tous les inconvénients du vélo habituel : il y a du vent ? Pas grave, le VAE compense largement. Il y a une grosse montée ? Pas grave, le VAE la rend facile à grimper et ainsi de suite, vous avez compris l’idée.
Il n’y a guère que la pluie pour trouver une bonne raison de ne pas en faire !

Ensuite, la question qui suit habituellement, c’est « et l’autonomie ? »…

Tout d’abord, cette donnée (l’autonomie permise par la batterie) n’est pas aussi critique sur un VAE que sur une voiture (électrique). En dix ans, il ne m’est jamais (pas une foi !) arrivé de tomber en panne de batterie !
Mais peut-être est-ce due à mon usage prudent (des sorties relativement courtes, 20 km maximum et un suivi attentif des recharges) mais, selon moi, il s’agit d’un faux problème.

Bon, il y a quand même des inconvénients, non ?
Oui, bien sûr. Par exemple, le VAE est bien plus lourd qu’un vélo « normal » ce qui interdit quasiment son usage sans l’assistance électrique justement…

En revanche, en termes de fiabilité, je n’ai rien à signaler : mon Moustache s’est avéré être robuste, sûr (il freine bien, tient bien son cap) et sait se faire oublier.

Et pour l’entretien ?

Autour des 8000 km, j’ai confié mon VAE à un magasin spécialisé qui a pu faire une révision complète et nécessaire : la chaine, les pneus et les freins ont été changés plus des broutilles. Rien d’étonnant : qui veut aller loin ménage sa monture !

Bref, je suis absolument ravi de mon expérience globale et, par rapport à la moto, le VAE va moins vite (certes !) mais il permet de sortir bien plus rapidement !

En effet, avant chaque tour de moto, je dois faire chauffer celle que j’ai choisi et m’équiper en conséquence (all the gears, all the time!), alors qu’avec le VAE, un casque léger, une paire de gants et ça roule !

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Un nouveau livre en préparation : le glossaire de notre époque

J’ai toujours un livre en préparation, voire plusieurs !

En ce moment, j’avance bien sur la saison 1973 de « Dr Miracle » car je veux achever cet ouvrage avant de me remettre sur mon projet « Moto Journal« … Chaque chose en son temps, n’est-ce pas !

Mais, entretemps, un autre idée m’est venue : rédiger un glossaire sur les expressions courantes de notre époque !

Et j’ai pu enrôler mon ami Nicolas Joubert Bousson dans ce projet.

Un glossaire mais c’est quoi, un glossaire ?

Un glossaire est étymologiquement un recueil de gloses, c’est-à-dire de termes étrangers ou rares associés à leurs définitions et centré sur un domaine dont il détaille les termes techniques spécifiques, comme l’informatique ou la médecine. Liste alphabétique placée à la fin d’un ouvrage et donnant les mots du vocabulaire spécialisé qui y est utilisé. Lexique expliquant les mots difficiles, mal connus (d’un texte, d’un livre).

Pourquoi est-ce un besoin ?

Notre époque a besoin d’un glossaire. C’est devenu nécessaire pour expliquer le sens réel des mots et des expressions qui sont tout à la fois communes et obscures. Et dans “sens réel”, il y a évidemment un recherche de la vérité qui dévie souvent du sens accepté et/ou diffusé par les nombreux canaux médiatiques qui nous enfument et nous submergent.

L’enfumage des merdias est insidieux car il cherche à adoucir voire à minimiser ce que la société est devenue à travers un subtil maquillage des notions : comme le nommage est fondamental pour la compréhension, rectifions la définition et le tour est joué !

Une pratique de filtrage, de tri et de mise en avant

Les merdias ne sont plus des relais mais des amplificateurs. Ils choisissent un signal faible et le mettent tellement en avant qu’il en devient un signal fort (d’où l’émergence prédominante des minorités bruyantes). Pour combattre ces démarches insidieuses, il ne faut rien attendre de ces canaux pervertis et corrompus, il ne faut compter que sur nous. Ils nous faut donc reprendre les choses à leur base en commençant par nommer de façon réaliste. Et c’est justement ce que propose de faire cet ouvrage en cours de rédaction !

L’organisation du glossaire

Pour chaque expressions courantes propres à notre triste époque (il y en a plusieurs dizaines de retenues), nous avons systématiquement mis en regard deux définitions : une qui va être « politiquement correcte », telle qu’elle est utilisée par les merdias et une « réaliste » qui va dire les choses telles qu’elles sont vécues et ressentis par la grande majorité d’entres nous.

Un exemple pour me faire comprendre :

============== avertissement : cet exemple est extrait de l’ouvrage en cours, il est possible que la version finale soit différente ========

Féminisme

Définition “politiquement correcte”Mouvement social, politique et philosophique qui milite pour l’égalité des droits civils, économiques, politiques et sociaux entre les femmes et les hommes.

Définition réaliste – Les associations féministes sont ce qui pouvait arriver de pire pour les femmes : être “représentées” par des hystériques radicales qui, en plus, sont de la plus parfaite mauvaise foi. Prenons un exemple édifiant pour illustrer cette mauvaise foi, ce parti-pris qui, au lieu de faire avancer la cause -légitime- des femmes, disqualifie ce combat. Voici une liste non exhaustive de cas récents où les féministes n’ont pas soutenu les victimes des cas de viols scandaleux parce que le violeur était un émigré…

  • L’affaire Lola (2022) : Le meurtre et le viol d’une collégienne de 12 ans à Paris par une ressortissante algérienne sous le coup d’une OQTF.
  • L’affaire Philippine (2024) : Le meurtre et le viol d’une étudiante de 19 ans dans le bois de Boulogne par un ressortissant marocain en situation irrégulière, déjà condamné pour viol par le passé.
  • Agressions lors de rassemblements ou dans l’espace public : Divers faits divers impliquant des agressions sexuelles commises par des hommes étrangers en situation régulière ou irrégulière.

Et j’en oublie forcément, hélas !
A chaque fois, dans ces affaires déplorables, on a attendu (en vain) l’indignation de ces associations féministes. Mais il semble bien que, pour elles, il y a des viols plus scandaleux (si le violeur est blanc…) que d’autres.

Pourtant, globalement, les féministes devraient être contentes : on est passé d’un patriarcat mou à un matriarcat revendicatif !

En effet, la société dans son ensemble s’est fortement féminisée et on peine à trouver encore des domaines “réservés aux hommes”. Un exemple : dans la magistrature française, les femmes représentent 72 % des magistrats (juges et procureurs) en France. C’est l’une des mutations sociologiques les plus marquantes de la fonction publique régalienne au cours des quarante dernières années.

Si l’on élargit le terme de « personnel de la magistrature » à l’ensemble des agents qui font tourner les tribunaux et les parquets (ce qui inclut les greffiers, les secrétaires administratifs, etc.), le taux grimpe encore et atteint 81 % de femmes.

Voici quelques repères pour comprendre cette trajectoire : la magistrature ne s’est ouverte aux femmes qu’en 1946. En 1980, elles n’étaient encore que 28 %. La barre de la parité (50 %) a été franchie au tout début des années 2000, avant d’atteindre 60 % en 2010, pour se stabiliser à 72 % aujourd’hui. Et cette tendance n’est pas près de s’inverser, puisque les promotions de l’École Nationale de la Magistrature (ENM) comptent régulièrement entre 75 % et 80 % d’auditrices de justice (les futurs magistrats).

Si les femmes ont longtemps été ultra-majoritaires à la base de la pyramide (les tribunaux de première instance) et plus rares au sommet, elles occupent désormais plus de 43 % des postes de chefs de juridiction, et leur part progresse chaque année à la Cour de cassation et dans les cours d’appel.

Pourtant, on ne peut pas dire que cette féminisation à outrance ait donné des résultats merveilleux !
Les données et sondages récents le disent clairement : environ 65 % des Français déclarent ne pas faire confiance à la justice, ce qui en fait l’une des institutions publiques les plus contestées, loin derrière la police ou la gendarmerie.

C’est tout le problème d’un mouvement revendicatif comme le féminisme : une fois les objectifs (qui étaient légitimes, au moins pour la plus grande partie d’entre eux) atteints, que faut-il faire ?

Eh bien, l’évolution logique qui suit est la radicalisation. Et celle-ci conduit à l’excès et à l’absurdité (on le voit déjà aujourd’hui avec les situations ubuesques créées par le mouvement LGBTQ+ où les femmes -les vraies !- sont obligées de supporter les revendications délirantes de travestis imposteurs). On sait comment tout cela va finir : par un brusque retour en arrière. Et se sont les vrais femmes qui vont y perdre !

====== avertissement : cet exemple est extrait de l’ouvrage en cours, il est possible que la version finale soit différente ========

Voilà à quoi cela va ressembler. Dire les choses sans déformer, sans atténuer, sans mentir, c’est déjà résister à l’oppression !

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Le temps long des innovations

Aujourd’hui, je vous propose de revenir sur cet article :

Mise à jour de « L’échelle Lefebvre : comment estimer le temps nécessaire aux innovations techniques »

C’est en relisant mon livre « Le fait technique » que j’ai eu envie de remettre cet article en avant. Ce que j’y explique est tellement en contradiction avec l’opinion générale que cela mérite d’être redit encore et encore…

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Les leçons de la mode de l’orientation objet des années 90/2000 et ce qu’on peut en déduire aujourd’hui…

Aujourd’hui, la tech me paraît être en plein délire : on veut nous faire croire que toute l’information va et doit devenir “orientée IA” et que ça va donner des résultats formidables…

Je me suis déjà exprimé de nombreuses fois sur comment je crois que tout cela va finir (spoiler : mal, ça va mal finir) et, aujourd’hui, je propose de revenir sur une leçon d’un passé relativement récent et, je crois, en tout point comparable. La caractéristique commune à ces deux époques se résume en un seul mot : dogmatisme. Le dogme d’aujourd’hui est que l’IA générative est la solution ultime qui va tout apporter : croissance économique, guérison du cancer et même la singularité (indice : rien de tout cela ne va arriver… quelle surprise, hein !).

Contrairement aux caricatures qui veulent faire croire que je suis “anti-IA” et que, bien sûr, “je n’ai rien compris”, je suis un utilisateur quotidien de ces outils. Et justement, ce retour sur cette période marquée par l’orientation objet, je l’ai effectué grâce à une série d’échanges avec Gemini. Mais je ne suis pas un utilisateur “aveugle” de ces outils (pas plus Gemini que Mistral par exemple) : je vérifie ce qui me parait suspect et je réinterprète en fonction de ce que je sais déjà (le côté le plus pratique de ces outils, c’est justement leur capacité à remuer de nombreuses références plus ou moins oubliées, c’est un “aide-mémoire” puissant mais qui n’est pas toujours très fiable -l’IA invente de temps en temps-). Ceci étant dit, replongeons dans cette leçon du passé même si j’entend déjà les promoteurs lobotomisés de l’IA rétorquer “ouais mais, cette fois, c’est différent”. Mais bien sûr !

Cet article est assez long, installez-vous bien et restez avec moi… On y va !

Tout commence dans les années 90 où la mode de la programmation orientée objet (POO) commence à émerger. Et, avec elle, les promesses sont séduisantes : il s’agit ni plus ni moins de changer la manière de développer des logiciels et pour le meilleur bien sûr !

La POO était vendue comme la solution miracle à la « crise du logiciel » au sens large. Trois promesses majeures étaient répétées en boucle : la réutilisabilité universelle, la modélisation fidèle du monde réel et la réduction des bugs (et donc faciliter la maintenance). Avant de voir cela dans le détail, laissez-moi vous préciser que, pour ma part, je n’ai jamais adhéré aux mythes et promesses de la POO. Ces concepts théoriques me paraissaient fumeux et les avantages plus qu’incertains. J’ai toujours été très réticent vis-à-vis de cette tendance qui semblait tirée par les cheveux (ce qui s’est avéré finalement…). Maintenant que c’est dit, détaillons ces fameux concepts…

1- La réutilisabilité universelle (Le mythe des « Lego »)

La promesse : on allait créer des bibliothèques d’objets universels. Un développeur n’aurait plus qu’à brancher des composants logiciels existants comme des briques de Lego pour construire son application. La réalité : ça n’a presque jamais fonctionné ainsi. La réutilisation par l’héritage (class Chien extends Animal) a créé des architectures rigides, interconnectées et impossibles à faire évoluer. C’est le fameux problème de la « banane et du gorille » formulé par Joe Armstrong (créateur d’Erlang) : « Vous vouliez une banane, mais vous vous retrouvez avec le gorille qui tient la banane, et toute la jungle qui va avec. »

2- La modélisation fidèle du monde réel

La promesse : la POO devait être intuitive car elle permettait de calquer le code sur le monde réel (un objet Voiture a des méthodes Démarrer() et un attribut Couleur). La réalité : l’informatique ne traite pas du monde réel, elle traite de flux de données et de transformations (nuance d’importance, que dis-je, distinction fondamentale !). Forcer des concepts abstraits (comme un gestionnaire de réseau ou un parseur de fichier) à entrer dans des cases « Objets » a produit du code verbeux et artificiel (le fameux syndrome de Java et ses AbstractSessionFactoryBean).

3- La maintenance et la réduction des bugs

La promesse : l’encapsulation (masquer les données internes d’un objet) devait garantir que modifier un endroit du code ne cassait rien ailleurs.

La réalité : en combinant l’encapsulation avec le partage de références en mémoire (les pointeurs), la POO a créé des « états cachés mutables ». C’est la source numéro un de bugs complexes en concurrence : plusieurs objets modifient en douce la même zone mémoire sans que le reste du programme le sache.

La chute de Paradox, une histoire significative…

Pourtant, certains y croyaient dur comme fer !

L’exemple qui me vient en tête est Philippe Kahn, le fondateur de Borland. Philippe a souvent eu des bonnes idées et c’est ainsi qu’il a pu assurer le succès de Borland qui, parti de rien, arrivait à challenger Microsoft dans quelques segments de marché et, croyez-moi, même à cette époque (début des années 90), c’était déjà une sacré performance !

Mais voilà, à vouloir trop croire dans l’avantage théorique que devait apporter la POO, Philippe Kahn a été le principal responsable de l’échec retentissant de Paradox pour Windows.

Cette histoire est le cas d’école parfait d’un produit exceptionnel tué par l’obsession de l’orientation objet, un développement trop long et une contre-attaque impitoyable de Microsoft.

À la fin des années 80, Paradox (créé par Ansa puis racheté par Borland) est un immense succès. Il surclasse le leader de l’époque, dBASE, grâce à deux innovations majeures :

1- Le QBE (Query by Example) : une interface visuelle pratique qui permettait de faire des requêtes complexes en cochant simplement des cases dans un tableau.

2- Le langage PAL (Paradox Application Language) : un langage procédural ultra-rapide et très efficace pour automatiser la gestion des données. Paradox sous DOS était réputé pour sa vitesse fulgurante et sa robustesse mais il était limité à l’interface caractère de MS-Dos. 

L’arrivée de Windows rebat les cartes

Avec l’arrivée de Windows 3.0 en 1990, il faut adapter tous les best-sellers à l’interface graphique et vite. Paradoxe de Borland n’est pas le seul concerné par cette contrainte : Wordperfect et Lotus 1-2-3 vont eux aussi buter sur cette migration obligée (en faisant le mauvais choix de privilégier OS/2 d’IBM au lieu de Windows…).

Pour le passage à Windows, Philippe Kahn (fervent évangéliste de la Programmation Orientée Objet) prend une décision radicale : ne pas adapter le code existant, mais tout réécrire de zéro en C++ pour en faire une vitrine technologique de la POO (ah mais !).

Une équipe entièrement nouvelle est montée. Ils conçoivent une architecture magnifique sur le papier, où chaque élément du logiciel (une table, un champ, un formulaire, un bouton) est un « objet » autonome. C’est là que les retards s’accumulent : le langage PAL d’origine était inadapté à l’interface graphique de Windows. L’équipe a dû inventer de toutes pièces ObjectPAL, un langage orienté objet complexe. L’environnement de développement de Borland pour concevoir des applications fenêtrées en objets (qui servira plus tard de base à Quattro Pro pour Windows et à Delphi) s’avère extrêmement lourd et difficile à stabiliser sur les PC de 1991. Le projet, initialement prévu pour 1991, prend plus d’un an et demi de retard.

Pendant que Borland peaufine péniblement son architecture objet, Microsoft avance à marche forcée sur son propre projet de base de données grand public : Project Cirrus qui deviendra Access. Microsoft commet moins d’excès d’abstraction et se concentre sur l’efficacité brute pour Windows. Constatant le retard de Borland, Bill Gates accélère le calendrier : Microsoft sort Microsoft Access 1.0 en novembre 1992 alors que Borland ne réussit à sortir la version 1.0 de Paradox pour Windows qu’en janvier 1993. Microsoft intègre un peu plus tard Access directement dans sa suite Microsoft Office Professionnel. Face à un logiciel de base de données « gratuit » car inclus avec Word et Excel, le marché des bases de données indépendantes s’effondre.

Paradox pour Windows était, techniquement et visuellement, un produit très en avance sur son temps. Les concepts objets d’ObjectPAL étaient puissants, mais le logiciel s’est avéré terriblement lent au lancement à cause du coût de l’abstraction objet sur les processeurs de l’époque (les 386 et 486).

En voulant faire le produit « parfait » selon les dogmes de la POO, Borland a laissé passer le train de Windows. Épuisé financièrement par ce retard et par le rachat simultané d’Ashton-Tate (dBASE), Borland a perdu la guerre des bases de données de bureau. Paradox sera finalement revendu à Corel en 1997, où il finira sa vie dans l’ombre de la suite WordPerfect.

MS Access, des débuts difficiles

Raconté ainsi, ça parait simple : Borland a été trop gourmand, trop dogmatique (vrai !) et a lâché la balle que Microsoft a su reprendre au vol… La vérité est plus subtile et permettez-moi de l’évoquer ici et maintenant dans cette petite digression : si Microsoft a réussi à terrasser Paradox en sortant son logiciel au moment parfait en novembre 1992, ce n’est pas parce que le développement d’Access avait été un long fleuve tranquille. Bien au contraire !

L’achèvement du projet Access a été extrêmement difficile, marqué par un fiasco industriel interne majeur qui a obligé Microsoft à détruire plusieurs années de travail pour repartir de zéro. Mais là où Borland s’est pris les pieds dans le tapis de la théorie (la POO), Microsoft a souffert d’une ambition technique démesurée par rapport au matériel de l’époque. Voici les coulisses de la création chaotique d’Access.

L’histoire commence en 1988. Bill Gates veut absolument sa propre base de données pour Windows et OS/2. Il lance donc le Projet Omega.

L’ambition d’Omega était titanesque : ce ne devait pas seulement être une base de données de bureau car le logiciel devait intégrer un traitement de texte, un tableur, un gestionnaire de base de données, et surtout, un tout nouveau langage de macro universel (appelé Embedded Basic). Cela peut s’expliquer par le fait que les “logiciels intégrés” étaient encore à la mode sous MS-Dos et donc, faire un intégré sous Windows (et OS/2) pouvait paraître “logique”. Mais le projet était trop ambitieux et trop lourd.

Lors des tests internes, le moteur d’Omega s’effondrait complètement. Il tournait à une lenteur abyssale sur les processeurs phares de l’époque, les Intel 386. Après avoir repoussé la sortie plusieurs fois, Bill Gates réalise en 1989 que le projet est techniquement irrécupérable. En 1990, Microsoft prend une décision rarissime et violente : annuler purement et simplement le Projet Omega, jetant des années de code à la poubelle.

Pour autant Microsoft ne veut pas abandonner le marché des bases de données à Borland (avec un Paradox qui accumule alors les succès). Une partie des développeurs d’Omega est immédiatement réaffectée à un projet de secours au nom de code ultra-rapide : Project Cirrus (qui deviendra officiellement Microsoft Access plus tard). Pour concevoir Cirrus en un temps record et éviter les erreurs d’Omega, Microsoft change radicalement de méthode en combinant trois morceaux existants :

1- Ils récupèrent les concepts d’interface graphique et de création de rapports qui fonctionnaient à peu près dans Omega.

2- Ils se basent sur le moteur de formulaire de « Thunder » (le nom de code de Visual Basic, qui venait de sortir en 1991 et qui intégrait le fameux langage Basic issu d’Omega).

3- Ils créent un tout nouveau moteur de base de données, le moteur Jet, conçu spécifiquement pour être rapide sur Windows sans consommer trop de mémoire.

Alors que le projet Cirrus avance enfin et s’apprête à entrer en phase de bêta test au début de l’année 1992, en mars 1992, Microsoft rachète la société Fox Software (qui s’en souvient ?), éditrice de FoxPro (un clone de dBASE ultra-rapide, très populaire auprès des développeurs professionnels).

Pendant plusieurs mois, une immense guerre interne éclate chez Microsoft : à quoi bon continuer à développer Access (Cirrus) alors que l’entreprise vient d’acheter FoxPro qui est déjà un produit mature, stable et adoré des professionnels ? 

Finalement, Bill Gates tranche pour une stratégie à deux branches : FoxPro sera maintenu pour les développeurs professionnels qui ont besoin de vitesse brute et de bases de données textuelles lourdes alors qu’Access sera positionné comme la base de données grand public et intermédiaire, ultra-visuelle et parfaitement intégrée à l’interface Windows (et plus tard à la suite Office).

Microsoft Access est un miraculé en fait. Il est né des cendres d’un projet mort-né (Omega) et a failli être étouffé au berceau par le rachat de FoxPro. Si Microsoft a gagné la guerre contre Paradox, ce n’est pas parce que ses ingénieurs ont été plus rapides ou plus sereins, mais parce que lorsque le projet Omega a échoué, Microsoft a eu le pragmatisme d’arrêter les frais, de recycler ce qui marchait (le Basic) et de construire un outil simple (Access), pendant que Borland s’enfermait dans le dogmatisme avec la réécriture esthétique et complexe de son code en POO.

Bon, cette digression a été un peu longue mais cette histoire avec ces multiples développements valait la peine d’être racontée car elle montre bien que les projets de développement informatiques sont toujours compliqués, même au sein des éditeurs les plus prestigieux.

L’orienté objet atteint le domaine des bases de données

Au tournant des années 1990, alors que le C++ puis Java (on va venir sur ce sujet particulier -Java- un peu plus tard…) s’imposaient dans le développement logiciel, l’industrie s’est persuadée que le modèle relationnel (les tables SQL d’Oracle, IBM ou Sybase) était devenu obsolète. C’est ainsi qu’est née la déferlante des SGBDO (Systèmes de Gestion de Bases de Données Objet). Portée par des start-ups aux noms très « époque » comme Objectivity, ObjectDesign (ObjectStore), Versant ou O2, cette technologie promettait une révolution totale.

Mais seulement dix ans plus tard, la vague triomphale annoncée s’était totalement fracassée. Voici le bilan de cette mode éphémère, de ses impasses techniques et de son héritage discret.

Pour comprendre l’engouement initial, il faut comprendre le problème que les bases de données objet voulaient résoudre : le désaccord de l’impédance relationnelle-objet (Object-Relational Impedance Mismatch). Le problème : en programmation objet, les données sont un réseau de structures interconnectées en mémoire (un objet pointe vers un autre, qui contient une liste, etc.). Pour sauvegarder cela dans une base SQL classique, le développeur devait fastidieusement « hacher » ses objets pour les répartir dans des tables (lignes et colonnes), puis faire l’inverse (des jointures complexes) pour reconstruire les objets à la lecture. C’était lourd, lent et source de bugs. La solution proposée : les bases de données objet allaient stocker les objets tels quels sur le disque, avec leurs pointeurs et leurs relations. Plus besoin de SQL, plus de tables, plus de conversion. Le langage de programmation et la base de données ne faisaient plus qu’un.

Si l’idée théorique était séduisante, la confrontation à la réalité industrielle des centres de données a révélé des failles structurelles majeures.

Le grand génie du modèle relationnel (SQL), c’est qu’il sépare les données de la façon dont on les utilise. Une table client reste une table client, qu’elle soit lue par un logiciel de compta ou un site web.

Les bases objet, elles, étaient intimement liées au langage de programmation (souvent le C++). Si vous modifiez la structure d’une classe dans votre code, les données déjà stockées sur le disque devenaient illisibles ou corrompues. La migration de données est devenue un enfer permanent.

Le modèle SQL permet de faire des requêtes ad-hoc complexes (« Donne-moi la moyenne des achats des clients de plus de 50 ans en Île-de-France ») très facilement grâce à l’algèbre relationnelle.

Dans une base objet, pour trouver une information, il fallait « naviguer » de pointeur en pointeur à travers le graphe d’objets. Faire des rapports statistiques ou des requêtes imprévues par les concepteurs d’origine était incroyablement complexe et inefficace. Le standard OQL (Object Query Language) a tenté de corriger cela, mais il est arrivé trop tard et n’a jamais égalé SQL.

Dire qu’il ne reste rien de cette effervescence serait faux, mais l’héritage s’est déplacé là où on ne l’attendait pas dans quelques niches industrielles relativement modestes.

La vague des bases de données objet s’est avérée être un excès d’optimisme d’une époque qui pensait que le paradigme objet était la réponse absolue à tous les problèmes de l’informatique. Elle a rappelé cruellement à l’industrie que la gestion de données à long terme obéit à des règles de stabilité mathématique (le modèle relationnel) que la volatilité des langages de programmation ne peut pas remplacer.

Au tour des OS !

Bon, on a vu que la mode de l’orienté objet a touché les langages et les bases de données… Et c’est tout ?
Non !

Même les systèmes d’exploitation ont été “contaminés” par cette vague qui n’épargnera rien. Car l’industrie s’est dit : « Puisque l’objet est l’avenir, le système d’exploitation lui-même doit être un ensemble d’objets du noyau jusqu’à l’interface graphique ! »

Dans ce domaine, la collaboration entre Apple et IBM est le cas d’école le plus célèbre, mais cette folie a touché tous les géants de la tech de l’époque (y compris Microsoft et NeXT).

Voici l’histoire de ces chantiers pharaoniques qui ont presque tous fini au cimetière des logiciels.

À la fin des années 80, l’ingénierie d’Apple sait que le Système 7 du Macintosh est instable (pas de mémoire protégée, pas de multitâche préemptif). Un groupe d’ingénieurs lance en secret le projet « Pink » (car ils écrivaient les idées sur des fiches cartonnées roses). L’idée : réécrire un OS révolutionnaire, entièrement orienté objet, basé sur le C++.

Le projet devint si gigantesque et coûteux qu’Apple dut s’allier avec son ennemi historique, IBM, pour fonder une entreprise commune en 1992 : Taligent. L’annonce de cette alliance surprenante avait fait beaucoup de bruit à l’époque. Certains s’étaient empressés de la qualifier de front anti-Microsoft (et ce n’était pas faux).

Mais ce fut un échec retentissant… Pourquoi ?

Tout d’abord, les ingénieurs des deux sociétés ont poussé le concept d’objet jusqu’à l’absurde. Pour afficher une simple fenêtre ou écrire sur le disque, il fallait hériter de dizaines de classes complexes (frameworks CommonPoint). Le système était d’une lourdeur insensée pour les processeurs de l’époque. De plus, Apple et IBM n’ont jamais réussi à s’entendre sur le noyau (le micro-kernel) à utiliser. Il faut savoir qu’en plus, durant cette période, IBM regardait de tous les côtés pour tenter de sortir de sa dépendance envers Microsoft. Big Blue a même signé un accord de licence pour utiliser Nextstep (mais n’en a rien fait après coup…).

Après des centaines de millions de dollars investis, Taligent n’a finalement jamais sorti d’OS grand public. IBM a racheté les restes en 1995 pour intégrer les morceaux de code dans ses outils de développement, et la société a été dissoute en 1998.

Pendant ce temps, Microsoft n’est pas resté les bras croisés. En 1991, Bill Gates annonce le projet Cairo. Ce projet devait être la version ultime de Windows NT : un système d’exploitation où chaque fichier, chaque utilisateur, chaque périphérique, et même chaque e-mail serait un « objet » géré par un système de fichiers révolutionnaire appelé OFS (Object File System).

Pourquoi a-t-il été annulé ?

Tout simplement parce que Cairo s’est avéré impossible à stabiliser pour les PC des années 90. Les performances s’effondraient dès qu’on tentait de lier tous les fichiers du disque comme des objets vivants interopérables. En 1996, Microsoft jette l’éponge et annule Cairo. Cependant, des morceaux ont survécu : l’interface graphique a été reprise dans Windows 95, et le concept d’annuaire d’objets est devenu l’Active Directory de Windows 2000.

Donc, dans les OS aussi, l’orientation objet s’est avérée être plutôt négative et destructive. Avec les échecs des SGBDO et le premier refroidissement subit par C++, pourquoi cette mode ne s’est pas effacée plus tôt ?

Il est temps d’aborder l’épisode “Java” de notre récit. En effet, c’est l’arrivée de Java en 1995 qui a relancé la ferveur du tout objet pour un moment… Avec le même type de conclusion : ça ne fonctionne pas.

Java, des promesses (le grand soir !) à la dure réalité…

Java est le cas d’école ultime du décalage entre le projet marketing d’une multinationale (Sun Microsystems) et la réalité de ce qu’est devenu le langage. 

Rappeler la promesse de « remplacer Windows » ou de briser le monopole de Microsoft est crucial, car c’était l’obsession de Sun au milieu des années 90. Si l’on évalue Java à l’aune de cette ambition hégémonique sur le poste de travail de l’utilisateur, le bilan est un échec total et spectaculaire.

  1. La promesse initiale de 1995 : Le « Write Once, Run Everywhere » grand public

À son lancement, Java ne devait pas être un langage de serveurs cachés dans des centres de données. Il était vendu comme le langage de l’utilisateur final à travers trois piliers : les network computers, les applets Java et le développement multi-plateformes transparent.

Sun voulait commercialiser des terminaux légers et bon marché qui démarreraient directement sous un système d’exploitation Java (j’ai pu tester un de ces “Network computers” en 1998 et le résultat était plutôt modeste on va dire pour être gentil…). L’idée était de rendre Windows et les processeurs Intel obsolètes.

Le web naissant devait être conquis par Java. Les sites web n’allaient plus être des pages HTML statiques, mais des mini-programmes Java s’exécutant directement dans le navigateur (jeux, interfaces animées).Enfin, on nous promettait des logiciels PC universels, capables de tourner à l’identique sur Windows, Mac ou Linux sans réécrire une ligne de code.

  1. Le naufrage du Java « Client » (Côté utilisateur)

Sur ce terrain, la réalité a été sans pitié pour les promesses de Sun… Dans les années 90/2000, lancer un logiciel Java sur son PC ou une Applet dans son navigateur était un calvaire. Le temps de démarrage de la machine virtuelle (JVM) était interminable, et l’interface graphique « Swing » était célèbre pour sa laideur visuelle et son manque de réactivité par rapport aux logiciels natifs Windows. Les Applets Java dans les navigateurs sont devenues l’une des plus grandes passoires techniques de l’histoire de la cybersécurité. Les failles à répétition ont obligé les navigateurs (comme Chrome ou Firefox) à tuer définitivement le plug-in Java.

Finalement, Microsoft a verrouillé Windows (notamment en créant le framework .NET et le langage C# pour concurrencer directement Java) et a étouffé la tentative de Sun de s’imposer sur le PC.

Inutile de préciser que, dès le début, j’étais totalement opposé à cette mode technique absurde (et nous n’étions alors pas nombreux à contester le bien-fondé de la vague Java). Cette promesse de pouvoir fonctionner partout grâce à une machine virtuelle n’était pas nouvelle, elle a été expérimentée de nombreuses fois (UCSD p-System par exemple) et toujours avec le même résultat décevant : une lenteur d’exécution décourageante.

La réalité de l’enthousiasme initial envers Java n’était pas technique mais “politique” : beaucoup étaient ravi de voir enfin une opposition “sérieuse” à l’hégémonie de Microsoft et ça pouvait se comprendre. Mais techniquement, ça ne tenait pas debout comme on a pu s’en rendre compte assez vite.

Ceux qui veulent absolument défendre le bilan de Java admettent que côté client, l’échec a été total mais que côté serveur, il s’est avéré être une grande réussite… Objection votre honneur !

La soi-disant réussite de Java repose sur quelques légendes (Android et Minecraft, entre autres) qu’il est relativement facile de débunker.

Voici deux exemples (Android et Minecraft) qui sont les parfaits symptômes du rejet progressif de Java par l’industrie moderne.

  1. Le cas Android : Le piège technique et juridique

L’histoire d’Android est fascinante car elle montre comment Java est devenu un boulet pour Google, tant sur le plan technique que légal. Il suffit pour cela de lire le livre publié par l’équipe de développement initiale “Androids: The Team that Built the Android Operating System”.

Au départ, Google a choisi d’utiliser la syntaxe de Java pour Android afin d’attirer immédiatement des millions de développeurs déjà formés. Mais Google ne voulait pas de la lourdeur de la machine virtuelle officielle de Sun/Oracle. Ils ont donc recréé leur propre machine (Dalvik, puis ART) en copiant les interfaces (API) de Java. Cela a déclenché une guerre juridique de plus de dix ans avec Oracle (qui réclamait des milliards de dollars). Google a fini par gagner devant la Cour suprême américaine en 2021, mais le traumatisme a été immense.

Sur le plan technique, l’équipe d’Android s’est vite sentie asphyxiée par la lenteur d’évolution de Java et sa verbosité (notamment les fameuses erreurs NullPointerException). Dès 2017, Google a fait de Kotlin le langage officiellement recommandé pour Android. Aujourd’hui, la grande majorité des nouvelles applications Android sont écrites en Kotlin. Java est relégué à la maintenance de l’ancien code (legacy).

  1. Le cas Minecraft : la limite de la performance brute

Minecraft est un cas d’école unique : c’est le jeu le plus vendu de l’histoire, et il a été codé en Java par une seule personne (Notch) à une époque où personne n’imaginait son succès futur. Mais ce choix a rapidement posé des limites techniques gigantesques.

Java gère la mémoire automatiquement via un « ramasse-miettes ». En plein jeu, quand le GC se déclenche pour nettoyer la mémoire des milliers de blocs et d’entités texturées, cela crée des micro-saccades (stuttering) très frustrantes pour les joueurs, même sur des PC puissants.

Conscient de cette impasse, Microsoft (après le rachat de Mojang) a entièrement réécrit le jeu en C++ (la version dite Bedrock, disponible sur consoles, téléphones et Windows Store). Le Minecraft Java d’origine n’est conservé en vie que pour la communauté historique des moddeurs sur PC, mais le cœur commercial et technique du jeu a bel et bien divorcé d’avec Java pour retrouver l’efficacité du code natif.

Même là où Java semblait avoir gagné, les ingénieurs cherchent aujourd’hui à s’en émanciper.

La trajectoire de Java ressemble à celle de l’administration ou des vieux systèmes bancaires : c’est lourd, c’est rigide, ce n’est pas performant pour du calcul en temps réel (comme les jeux) ni adapté aux contraintes de batterie (comme les smartphones). Le monde du développement moderne (avec l’essor de Go, Rust ou TypeScript) s’est construit précisément en réaction aux lourdeurs et aux promesses déçues de l’ère Java.

Encore un mot pour la soi-disant réussite de Java côté serveur : les serveurs d’applications en Java : ils étaient nombreux au début des années 2000, qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Au début des années 2000, l’informatique d’entreprise ne jurait que par les mastodontes du J2EE (Java 2 Enterprise Edition). C’était l’époque des serveurs d’applications « monolithiques » et ultra-lourds.

Les trois grands serveurs d’applications qui dominaient le marché mondial ont connu des destins très différents :

IBM WebSphere, il est le symbole même du monstre J2EE des années 2000 (lourd, très cher, nécessitant des machines virtuelles gigantesques). Aujourd’hui, WebSphere traditionnel n’est plus utilisé que par les banques, les assurances ou les ministères qui ont des millions de lignes de code impossibles à migrer. Pour survivre, IBM a dû créer Open Liberty, une version moderne, ultra-légère et modulaire.

Oracle WebLogic (ex-BEA) : Même constat. C’était le roi des serveurs d’applications au début des années 2000. Oracle continue de le maintenir pour ses gros clients industriels et pour faire tourner sa propre suite logicielle (Oracle Fusion), mais plus aucun développeur ne choisit WebLogic pour un nouveau projet.

JBoss (devenu Red Hat JBoss EAP / WildFly) : Il a été le grand gagnant de l’open source face à IBM et Oracle. JBoss a mieux vieilli car ses ingénieurs l’ont entièrement réécrit sous le nom de WildFly. Il est devenu modulaire : le serveur ne charge en mémoire que les morceaux dont l’application a strictement besoin.

Le modèle du gros serveur d’applications Java dans lequel on venait greffer du code est cliniquement mort pour les nouveaux projets. Les seuls survivants (Tomcat, Jetty, WildFly, Open Liberty) ont dû se plier à la règle du cloud moderne : devenir de petits moteurs légers, invisibles, capables de démarrer instantanément dans un conteneur Linux. Java a dû abandonner ses rêves de grandeur centralisée pour se fondre dans le moule des microservices.

Allez, encore une dernière anecdote pour conclure l’épisode Java : l’échec cuisant du Netscape tout-Java promu par Marc Andreessen (le trop fameux co-fondateur de Netscape). J’ai rencontré Marc en 1998 (lors d’une de ses visites en France) et, alors qu’il voulait me convaincre que “Java, c’est l’avenir”, devant mon refus d’abonder dans son sens, sa “Majesté” s’est vexée, s’est levée et a quitté l’entretien… Vite rattrapée et ramenée par l’équipe marketing de Netscape France affolée par la tournure que prenait l’entretien (j’étais alors considéré comme une “analyste technique” dont la voix comptait).

Marc, alors jeune et grisé par le succès fulgurant de sa boîte, était en transe devant la promesse du « Write Once, Run Everywhere » de Sun Microsystems. Sa célèbre punchline de l’époque résumait son ambition : « Windows n’est plus qu’un ensemble mal débogué de pilotes de périphériques ». Pour lui, l’avenir du PC n’était pas l’OS de Microsoft, c’était le navigateur Web, et ce navigateur devait être entièrement écrit en Java (forcément !).

Voici comment ce choix a précipité la chute de Netscape face à Internet Explorer, dans une copie presque parfaite de l’erreur de Borland avec Paradox.

  1. Le péché originel : La réécriture à partir d’une page blanche

Comme Philippe Kahn avec Paradox, l’équipe de Netscape gérait un code C/C++ historique (les versions 1 à 4 de Navigator) devenu très lourd, difficile à maintenir et buggé. Au lieu de corriger patiemment l’existant pendant que Microsoft revenait à fond de train avec Internet Explorer 4, la direction de Netscape a succombé au fantasme du développeur : « On jette tout et on réécrit proprement du début ». C’est ce que Joel Spolsky (un des blogueurs tech les plus célèbres de l’époque) a qualifié plus tard de « La pire erreur stratégique qu’une entreprise de logiciel puisse commettre », en prenant explicitement l’exemple de Netscape.

  1. Le désastre de Javagator (1997-1998)

L’idée folle d’Andreessen et de son équipe était de créer un navigateur 100 % Java. Non seulement les sites web afficheraient des applets Java, mais les boutons, les menus, le moteur de rendu HTML, tout le logiciel serait du bytecode Java s’exécutant sur la machine virtuelle (JVM).

Les trois murs techniques que le projet s’est pris de face : les PC de 1997 (les Pentium II) n’avaient absolument pas la puissance nécessaire pour faire tourner un logiciel aussi massif codé en Java de l’époque. Le navigateur mettait un temps infini à démarrer et consommait toute la mémoire vive.

Pendant que les ingénieurs passaient des mois à essayer de recréer l’équivalent d’un bouton « Précédent » ou d’une barre de défilement stable en Java, ils ne développaient aucune nouvelle fonctionnalité pour le web (qui évoluait alors à toute vitesse avec les CSS et le HTML 4).

Le but de Java était d’être universel, mais en pratique, la machine virtuelle de Sun plantait ou se comportait différemment selon qu’on était sur Windows, Mac ou Unix, transformant le débogage en cauchemar permanent.

Au bout d’un an et demi de développement stérile, Netscape a dû se rendre à l’évidence : le « Javagator » était un produit mort-né, inutilisable pour le grand public. Le projet a été discrètement annulé en 1998. Mais le mal était fait. Pendant que Netscape faisait du surplace à cause de cette lubie Java : Microsoft distribuait gratuitement Internet Explorer 4 puis 5, parfaitement intégrés à Windows, rapides (codés en C++) et très stables. Résultat, Netscape a perdu la quasi-totalité de ses parts de marché en l’espace de 24 mois.

Dans un geste de désespoir absolu en mars 1998, réalisant que leur code était dans une impasse totale, Netscape a décidé de publier le code source restant sur internet et de créer l’organisation Mozilla. Il faudra plus de quatre ans de souffrance et une reconstruction complète (en abandonnant le projet Java pour créer le moteur Gecko en C++) pour que ce projet donne enfin naissance à Firefox en 2004. Mais pour l’entreprise Netscape, c’était trop tard : elle avait déjà été rachetée et dissoute par AOL.

La similarité avec Paradox est saisissante : Borland voulait faire de Paradox la vitrine de sa vision « Tout-Objet/C++ », laissant le temps à Microsoft de sortir Access. Netscape voulait faire de son navigateur la vitrine de la vision « Tout-Java », laissant le temps à Microsoft de gagner la guerre des navigateurs avec Internet Explorer.

Ces deux épisodes majeurs de l’histoire de l’informatique auraient dû laisser une leçon durable pour tous : le pragmatisme commercial et la vitesse d’exécution sur le marché réel l’emporteront toujours sur l’élégance théorique d’une réécriture logicielle globale ou d’une adhésion sans limite (dogmatisme) à une mode technique séduisante mais fragile.

En conclusion

Au moment de conclure, je voudrais revenir sur ce principe : on juge une tendance à ses promesses de départ. C’est seulement ainsi qu’on peut dire si telle ou telle mode technique a porté ses fruits (on juge un arbre à ses fruits…) ou non. C’est la seule façon réellement honnête et rationnelle de procéder.

Et, sur ce plan, il est incontestable que le résultat final n’a pas eu l’ampleur ni la nature de la révolution annoncée. La POO n’a pas rendu le développement logiciel simple, magique et accessible à tous par simple assemblage de briques. Elle s’est avérée être un outil industriel lourd, parfois contraignant, qui a dû être sérieusement élagué et mélangé à d’autres approches (comme le fonctionnel) pour être réellement efficace.

Aujourd’hui, ils veulent nous faire croire que c’est le “vibe coding” (coding avec l’IA) qui va changer durablement et profondément la pratique du développement informatique… C’est “possible” mais rien n’est moins sûr. En effet, ce n’est certainement pas la première fois qu’on formule ce genre de prédiction et on vient de le voir avec la POO. Comme Fred Brooks a bien su le dire, le développement informatique est toujours à la recherche de sa “balle magique” (silver bullet), la recette ultime qui va tout simplifier et résoudre tous les problèmes d’un coup. Bien évidemment, ça n’arrivera pas. Car c’est une course sans fin qui remonte déjà à loin : on a vu la chimère de la POO dans les années 90 et 2000 mais, avant cela, il y a eu les L4G dans les années 70 puis les “méthodes” (la vague éphémère du “génie logiciel” que j’ai bien connu) dans les années 80. Je ne vais pas entrer dans les détails de ces deux autres épisodes mais, pour faire court, on a eu droit aux mêmes promesses et aux mêmes déceptions.

N’en déplaise aux vendeurs d’illusions, le développement informatique (qui ne se résume pas au coding) restera toujours compliqué, difficile et décevant.

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Ni oubli ni pardon, un site très utile !!

Nous avons tous souffert de la trop fameuse « crise sanitaire » de 2020 qui, après coup, s’avère être une accumulation de mensonges grossiers et toxiques.

Pour ne rien oublier des manipulations de ces tartuffes, il existe un site qui a archivé tout ce qui est utile à la mémoire éveillée de celles et ceux qui ne sont pas encore complètement lobotomisés… Et ce site, c’est https://nonp.fr/

Ni oubli ni pardon

Je vous recommande de garder ce site dans vos favoris et de le consulter régulièrement afin de constater combien ils nous ont menti et trompé !

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Un documentaire sur C++, un reflet de l’histoire récente de l’informatique moderne…

Oui, vous avez bien lu, aujourd’hui, je vais mettre en avant un (très bon) documentaire sur un langage informatique, le C++.

Durant une heure et onze minutes, ce documentaire remonte le temps sur les débuts de ce langage qui s’appelait d’abord « C with classes » puis « Cfront » et enfin C++. C’est passionnant quand, comme moi, on s’intéresse vraiment à l’histoire de l’informatique avec ses multiples couches et détails, souvent si importants.

Alors, je précise tout de suite que je n’ai jamais codé en C++ ni même en C… Mais ça ne veut pas dire que j’en déduis que ce n’est pas un langage important, tout au contraire.

J’en ai profité pour retracer et récapituler les langages que j’avais utilisé pendant ma carrière :

  • Fortran (sur mini Perkin-Elmer).
  • Assembleur (sur Motorola 68000).
  • Pascal (compilateur Oregon Software sur Vax-VMS).
  • Basic (sur Oric, un micro très limité).
  • 4D (sur Macintosh et oui, 4D était doté d’un langage !).
  • PL/1 sur Mainframe IBM (avec DB2 comme base de données en SQL bien sûr !).
  • SQL (pour DB2 sous TSO).
  • SQL Windows (de Gupta et oui, ce truc était doté d’un langage).
  • SQLPage (et ce dernier va être mon préféré finalement !).

Je n’ai jamais été un programmeur « top gun » mais je connais l’importance du bon code et de la familiarité qu’on fini par développer avec tel ou tel langage qu’on a choisi et qu’on apprécie…

Un exemple de code 4D (la preuve que c’est bien un langage aussi !)

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Un film récent que je recommande : voir « La bataille De Gaule (volet 1) », c’est faire un acte (modeste) de résistance !!

Je ne vous recommande pas souvent des films sur ce blog (et encore moins des films français !) mais là, je vais faire une exception : allez voir « La bataille de Gaule » volet 1 qui vient de sortir en salles…

Le film est superbe, bien joué, plein d’émotions poignantes… En un mot, à voir séance tenante !

Certes, il y a quelques erreurs sur le plan historiques, quelques raccourcis mais rien qui remette vraiment en cause sa valeur et sa portée.

De plus, aller voir ce film est un acte de résistance. Un acte modeste, certes mais quand même : cela permet de dire que la vraie France, la France profonde, la France éternelle est bien là, toujours là et qu’elle ne va pas disparaitre en dépit des efforts contraires des gauchiasses (qui ont tout de suite compris le danger et qui critiquent ce film d’une façon éhontée) et des mondialistes.

Comme il est très bien dit dans le film : « un peuple est vaincu seulement s’il accepte d’être vaincu »… Tout est dit. résistez, aller voir ce film, dites-en du bien autour de vous…

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Cela s’est passé demain : le lendemain de l’éclatement de la bulle IA

Cela fait plus d’un an que j’annonce l’éclatement de la bulle IA et donc, jusqu’à présent, je me suis plutôt lourdement trompé !!

Éclatement de la bulle IA, le jour d’après

Se préparer à l’éclatement de la bulle IA…

Quand éclatera la bulle de l’IA…Par Ploum.net

Le syndrome de cassandre et l’IA générative

En effet, la mode IA bat toujours son plein, les médias en parlent toujours plus et les records sont battus chaque mois. Certes, on peut constater quelques craquements (que je relate souvent ici ou sur mon compte X) mais il semble que l’éclatement attendu et annoncé (et pas que par moi) semble encore lointain. C’est tout le problème de ce genre de « prédiction » : il faut dire quand ça va arriver sinon, ça ne vaut rien… Et le « quand » est toujours ultra-difficile à mesurer et donc à annoncer. D’une façon générale, vous passez pour un idiot jusqu’au moment où c’est factuel : ça y est, c’est arrivé, vous aviez raison, enfin !

Et c’est justement ce qu’on va imaginer ici : la bulle a éclaté, quelles sont les suites ?
J’ai imaginé le titre « ça s’est passé demain » et j’ai trouvé un livre avec ce titre-là !

Tout d’abord, ça sera une sorte de stupeur généralisée accompagnée de déni : c’est rien, vous allez voir, ça va repartir… C’était déjà comme cela lors de l’éclatement de la bulle des dot-com que j’ai vécu de près : cela a pris presque un an pour se rendre à l’évidence.

Ensuite, une fois le premier moment de stupeur passé, il va y avoir les premières victimes : les petites start-up fragiles. Mais ça ne va se limiter à cette catégorie, les grosses vont tomber aussi et, en premier lieu, OpenAI qui ne va jamais aller jusqu’à son IPO. Si Anthropic y est allé, son cours va descendre dramatiquement et assez rapidement jusqu’à la rupture (dépôt de bilan ou rachat à vil prix).

Les commentateurs/laudateurs vont retourner leurs vestes comme les bons tartuffes qu’ils sont. Vous allez les voir affirmer qu’ils savaient que ça allaient se terminer ainsi, qu’ils n’y avaient jamais vraiment cru et ainsi de suite. On pourrait presque en rire tellement c’est écrit d’avance.

Les conséquences financières vont être lourdes, comparables à la crise de 2008 car la bulle de l’IA va révéler d’autres crises/bulles adjacentes qui vont exploser à leur tour…

L’IA ne va pas disparaitre pour autant car Google (principalement) et Microsoft (un peu) vont récupérer les miettes à leur profit mais une chose est sûr, ça ne sera plus « gratuit » comme avant.

Il y aura pléthore de ces fameux « data-centers » qui seront annulés avant même d’être terminés. D’autres qui ne seront jamais construits (souvenez-vous que les annonces de ces deux dernières années sont surtout cela : des annonces…) et d’autres enfin quasiment terminés mais qui ne seront pas mis en service car la demande va retomber à des niveaux « normaux »…

Il y aura quand même une conséquence positive : la RAM (mémoires), les cartes graphiques et les CPU (microprocesseurs) vont revenir à des prix « normaux » car la demande délirante ne sera plus là pour gonfler (artificiellement) les prix de ces composants…

Voilà, c’est très résumé mais vous savez d’avance ce qui va se passer.

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Je recommand de signer cette pétition => Abrogation des obligations vaccinales pédiatriques et reconnaissance de la liberté vaccinale

Je viens de le faire et je vous recommande de la faire aussi. Bon, c’est un peu contraignant car il faut s’identifier avec France Connect mais rien d’insurmontable…

à vous !

La pétition se trouve à https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5725

 

 

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Les gauchiasses sont des révolutionnaires en carton !

== Avertissement ==

Cet article est plutôt négatif. J’y ai mis des éléments que je crois importants mais qui ne sont pas de nature à embellir votre journée !
Donc, si vous voulez profiter de ce début de mois de juin tranquillement, évitez cette lecture…

== fin d’avertissement ==

L’affaire récente de la pétition anti-Bolloré révèle la vraie nature des gauchiasses embourgeoisées : ce sont des révolutionnaires en carton qui se dégonflent dès que « l’adversaire » (avec raison : on ne mord pas la main qui vous nourrit !) vise leurs portefeuilles !

Pour celles et ceux qui auraient besoin d’un résumé de l’affaire, j’ai demandé à Gemini d’en faire un (oui, quand j’utilise l’IA, je n’ai pas honte et je ne le cache pas… et oui, j’ai relu avant d’en faire un copier/coller…) :

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1. La genèse : La tribune « Contre l’empire Bolloré »

L’affaire éclate avec la publication d’une tribune collective initiée par des professionnels du cinéma. Le texte cible directement le milliardaire Vincent Bolloré et l’influence grandissante de son groupe (Vivendi/Canal+) sur les médias et la culture en France.

  • Les accusations : Les signataires reprochent à Vincent Bolloré d’utiliser ses médias (CNews, Europe 1, le JDD) pour propager une idéologie d’extrême droite, raciste et réactionnaire.

  • L’enjeu cinématographique : Canal+ étant le premier financeur du cinéma français, la tribune dénonce une situation de monopole qui met en péril l’indépendance de la création. Les auteurs craignent une censure idéologique, des pressions sur les scénarios ou l’asphyxie financière des projets qui ne correspondraient pas à la ligne politique du groupe.

  • Le succès initial : La pétition recueille rapidement des milliers de signatures, dont de très grands noms du cinéma français (réalisateurs, techniciens, acteurs).

2. Le nœud du problème : L’interdépendance financière

Le malaise s’installe presque immédiatement après la publication. Dans le système du cinéma français, Canal+ est un passage quasi obligatoire pour financer un film à l’aide des préachats de droits de diffusion.

Signer cette tribune revenait, pour beaucoup d’acteurs et de réalisateurs, à mordre la main qui les nourrit ou qui doit financer leurs prochains projets. Les rumeurs de « listes noires » chez Canal+ ou de représailles financières ont immédiatement commencé à circuler dans l’industrie.

3. Les suites récentes : Le grand rétropédalage

Le point d’orgue de cette affaire réside dans le retrait spectaculaire de plusieurs signatures de premier plan, mettant en lumière la fragilité des engagements face aux réalités économiques.

Le cas Juliette Binoche et d’autres stars

Plusieurs figures majeures, dont Juliette Binoche, ont rétropédalé publiquement en demandant le retrait de leur nom de la liste des signataires.

  • Les justifications avancées : Pour la plupart, ces artistes ont expliqué avoir signé le texte « trop vite », sans en mesurer toutes les nuances, ou avoir été induits en erreur sur la nature exacte du texte (pensant signer une pétition générale pour la liberté d’expression plutôt qu’une attaque frontale et nominative contre un homme d’affaires).

  • L’analyse du milieu : Pour les observateurs et les initiateurs de la tribune, ces rétropédalages sont avant tout le résultat d’un immense coup de pression de la part des agents, des producteurs et des diffuseurs. Pour une actrice ou un réalisateur de renommée internationale, être associé à un boycott de Canal+ peut paralyser des productions de plusieurs millions d’euros.

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En dehors de la maladresse crasse de cette caste de privilégiés (on ne le dira jamais assez mais ces « gens du cinéma » sont des parasites pleurnichard insupportables), on voit bien la profonde mauvaise foi de ces révolutionnaires en carton : je veux pouvoir te cracher à la gueule et je veux pouvoir réclamer ton argent aussi !

Cette mauvaise foi et ce double langage est une caractéristique constante des ces pseudo « bien-pensants ». Prenons le cas des associations féministes (de gauche, forcément !), un autre exemple édifiant. Voici une liste non exhaustive de cas récents où les féministes n’ont pas soutenu les victimes des cas de viols scandaleux parce que le violeur était un émigré…

  • L’affaire Lola (2022) : Le meurtre et le viol d’une collégienne de 12 ans à Paris par une ressortissante algérienne sous le coup d’une OQTF (Obligation de quitter le territoire français).

  • L’affaire Philippine (2024) : Le meurtre et le viol d’une étudiante de 19 ans dans le bois de Boulogne par un ressortissant marocain en situation irrégulière, déjà condamné pour viol par le passé.

  • Agressions lors de rassemblements ou dans l’espace public : Divers faits divers impliquant des agressions sexuelles commises par des hommes étrangers en situation régulière ou irrégulière.

Et j’en oublie forcément, hélas !
A chaque fois, dans ces affaires déplorables, on a attendu (en vain) l’indignation de ces associations féministes. Mais il semble bien que, pour elles, il y a des viols plus scandaleux (si le violeur est blanc…) que d’autres.

Ces gens-là sont pires que les délinquants : ce sont des tartuffes toxiques qui osent encore faire des leçons de morale… Honte à tous ceux (merdias et journalopes) qui leur donnent la parole.

La France décline de plus en plus mais, incroyable, il y a pire encore !

Il suffit d’aller faire un tour en Grande-Bretagne pour constater les dégâts d’une immigration en roue libre et d’un gouvernement dogmatique (et toxique). L’affaire récente de l’assassinat de Henry Nowak résume toutes les dérives du racisme anti-blanc qui sévit actuellement en UK (et qui ne va pas tarder à s’établir chez nous). Voici un court résumé issu de https://www.lejdd.fr/International/le-meurtre-dhenry-nowak-etudiant-de-18-ans-poignarde-a-mort-choque-le-royaume-uni-174546

Henry Nowak, étudiant de 18 ans, a été mortellement poignardé à Southampton alors qu’il rentrait d’une soirée entre amis. Au-delà du drame lui-même, l’affaire soulève des questions sur la gestion policière des premières minutes suivant l’agression : les forces de l’ordre auraient menotté Henry Nowak tandis que son agresseur l’accusait de racisme.

Keith Starmer ne fait que prouver une fois de plus son ignominie, honte à lui et soutien au peuple britannique, le vrai.

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Mes livres à venir : écriture en cours et projets plus lointains

De temps en temps, je vous donne des nouvelles de mes travaux d’écriture… Pour le moment, mon début d’année 2026 a été assez productif !

Mon livre « SimRacing, découverte & progression » est disponible en 5ème édition !

Un tout nouveau livre (oui, encore un !) de fiction : l’Unique.

Enfin un nouveau livre : la déception informatique !

Mais j’ai aussi quelques épines dans le pied comme mon projet de livre sur Moto Journal et la saison 1973 de Dr Miracle…

Qu’est-il arrivé à Moto Journal ? – Maintenant, le livre ! – quelques nouvelles…

Depuis, j’avoue, je n’ai pas avancé dessus, du tout !

Comment expliquer cet immobilisme ?
Eh bien, tout d’abord, je voulais finir mes autres projets en cours comme L’Unique ou la Déception Informatique. Et, pour cela, il fallait arrêter net tout le reste…

Et, dans le même élan, il fallait que je boucle un projet depuis longtemps en souffrance (lui aussi !) : la saison 1973 de Dr Miracle (4ème volume de la série)…

Mon 34ème livre : Dr Miracle, saison 1972 (tome 3 de la série « Dr Miracle »).

Je l’ai commencé (la saison 1973) en 2024 et nous sommes désormais en 2026… la honte !

Bref, j’ai décidé de boucler ce projet afin d’avoir l’esprit tout à fait libre de me concentrer sur Moto Journal… Et, heureusement, ça avance bien : je viens de terminer le premier jet du chapitre 4 (les 24 heures du Mans 1973, entre autres) et je suis assez content du rythme et de l’inspiration. Si je peux continuer à la même vitesse, alors je pourrais me remettre sur MJ cet été, au plus tard en septembre…

J’ai aussi d’autres projets en tête (dont une collaboration) mais je veux éviter d’en parler trop tôt…

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Indy 500 2026, un finish à couper le souffle !!

Comme chaque année, le monument de la course auto aux USA était à la hauteur des attentes. Encore mieux, cette fois, le finish était enthousiasmant !

J’ai tout regardé avec mes fils et nous avons crié à la fin, c’était incroyable !

Et oui, les Indy 500, c’est du pilotage, une forme particulière et subtile de pilotage mais il faut être stupide pour dire que ça rime à rien, çe ne vaut pas la F1 q(ui elle, se produisait au Canada, une course intéressante sur laquelle je reviendrais mais plus tard…).

En attendant, je vous invite à savourer le final de cette édition avec la vidéo suivante :

Et complétons avec celle-ci…

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Se faire insulter par une gauchiasse : un badge d’honneur !

En août 2018, je publiais ceci :

Ce que la mode (ridicule) de la barbe et des tatouages nous enseigne…

Depuis, cet article accumule les commentaires, principalement positifs (oui, les gens trouvent les excès de cette mode ridicule !), sauf le tout dernier !!

Je le reproduit en intégralité et tel quel ici :

J’ai lu toute cette logorrhée très attentivement, et cela me pose beaucoup de questions, que je vais poser ci-dessous :
– D’abord, vous semblez fortement perturbé par une baisse des capacités intellectuelles. Sur quoi cela se fonde-t-il ? Aucune de vos publications de cite de sources rigoureuses et scientifiques qui permettraient de valider ce qui pour l’instant n’est qu’une opinion réactionnaire.
– Ensuite, en quoi la barbe ou le tatouage sont-ils un signe de la baisse du niveau intellectuel ? Même en considérant que ce dernier phénomène soit plus qu’un fantasme, vous ne montrez aucune relation de causalité mais simplement une corrélation.
– De plus, savez-vous que le tatouage est une pratique vieille d’au moins 2000 ans (il est difficile de trouver des sources au-delà) ? Si vous souhaitez vous renseigner, vous pourriez consulter l’ « Atlas du tatouage » qui condense toutes les pratiques à travers le monde. Si c’est le cas, vous supposez ainsi que la majorité de l’humanité pendant deux millénaires était plongée dans la stupidité (dont certains encore aujourd’hui, comme les maoris).
– Enfin, avez-vous considéré l’idée de remplacer votre vieux mépris réactionnaire toxique par l’idée de rencontrer les personnes qui se font tatouer ? Au lieu de pester en caleçon depuis votre fauteuil, vous pourriez sortir et demander vraiment pourquoi ces personnes font ça. Vous seriez surpris de la capacité de ces personnes à savoir non seulement que c’est un acte définitif, mais qu’en plus elles y ont réfléchi et que ça a de ce fait une importance symbolique. Peut-être pourriez vous considérez le fait qu’une mode n’est pas qu’un phénomène irrationnel de foule, mais aussi le produit de mouvements sociaux, de revendications communes, d’exploitations partagées de nouveaux modes de vies (le tatouage a vu un regain dès les années 60 aux États-Unis, car c’était un symbole de revendication de la nouvelle génération. Ce qui signifie que le tatouage avait un rôle social, politique et existentiel, mais peut-être n’avez-vous pas la culture nécessaire pour le comprendre… Je ne vous en demande pas tant, bien sûr).

Clairement, l’individu en question n’a pas apprécié !
Il est même plutôt insultant dans ces propos. En fait, il se veut insultant mais je le prend bien : être pris à partie par ce genre de gauchiasse lobotomisée est devenu un badge d’honneur !

Pour finir, je laisse la parole à Thomas Séraphine :

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